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Nic 34

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Depuis des temps immémoriaux, c’est vraiment le cas de le dire, Adam se prononçait : A-dent, tout comme Jonathan : Jona-tant.
Hélas, depuis quelques décennies, correspondant ( c'est étonnant ) à l’invasion des prénoms prononcés "à l’américaine "sur nos écrans, souvent dans des séries cucultes, nous voici envahis par des phrasés frisant souvent le ridicule.

Déjà, lorsque j’entends ce brave Frédéric Lodéon durant ses charmantes émissions se contorsionner en tous sens pour trouver la façon adéquate de citer les noms de compositeurs ou d’interprètes, cela me fait, selon mon humeur, sourire ou soupirer.
Je l’imagine, transpirant abondamment du front sous ses bouclettes, se tortillant devant son micro.
Avec une très nette accentuation de précisions embrouillées ( oxymore? ) dès qu’il s’agit de la famille Bach.
Il va de soi qu’il est de bon ton de prononcer « Barre » dès Lors que l’on parle du maître ou de sa progéniture.
Le summum est atteint avec « Yo-Anne - Christiane Barre » pour Jean - Chrétien Bach.
Tout ceci me semble compliqué à outrance car, que je sache, on ne prononce pas « Berline » pour Berlin ni London pour Londres ni Roma pour Rome !
Nous pourrions ainsi multiplier les exemples de noms francisés depuis des lustres.

Est-ce l’académie ou le populaire qui s’est chargé, au cours des siècles, de la transformation des appellations d’origine ? Je ne sais, peut-être un peu les deux, comme souvent dans la construction d’un langage. Toujours est-il que nous voici devant des prononciations de plus en plus fantaisistes.
Pour preuve, un autre exemple : la brave Ruth, épouse de Booz ? Toute mon enfance j’ai entendu « Rute », parfois adouci par l’ajout d’un « Y », ce qui donnait Ruthy.
Le terme «rut » à l’état brut était probablement inaudible aux chastes oreilles.
Maintenant, qu’entendons-nous ? « Rousse » ou « Route » ( Elkrief par exemple. )

Une fois je surpris dans le tram cette conversation enrichissante, ô combien!
Deux compères s'entretenaient de leurs actrices américaines préférées. L’un se mit à évoquer Gyneth Paltrow. Comme il prononçait « Gouinesse », son acolyte tenta de lui expliquer la subtilité du « th » anglais. L’homme, décidément réfractaire aux efforts linguistiques transforma « Gouinesse » en Gouinette », ajoutant un très raffiné : « ça fait rien, c’est pareil, "Gouinesse" ou "Gouinette", oui mais "Pas d’trop !" »
Et de glousser de sa trouvaille.

Je reviens aux origines : pour Adam, depuis quelques temps nous entendons- et cela ne fait, j’en ai bien peur, que commencer ! - : A-Dame.

Déjà, lorsque mon neveu Jonathan est né, je bataillais sec pour qu’on ne me serve pas du « Jonathane »
...et cela fait maintenant plus de 30 ans.
« Pourtant, me rétorquait-on souvent, il y a bien « Jonathane et Jennifer, les justiciers milliardaires » ! »
Et oui, hélas ! le petit écran se trouve en bonne place dans l’origine de ces altérations.

Le prénom d’Eve va-t-il bientôt devenir « Yves », dans le cas où nous nous mettrions à prononcer le « E » à l’anglaise?
Alléluia ! Adame et Yves, l’homme nouveau vient d’arriver !
Serait-ce là un espiègle clin d’œil du destin ? En pleine controverse sur la liberté homosexuelle, cela ne saurait manquer de sel !
« Dites, Adame et Yves, dans votre couple, qui est la dame ?
« Et vos enfants, Calvine et Abdel, toujours en train de se chamailler ?»
Et voilà, bim-badaboum, l’histoire qui recommence, en couleurs arc-en-ciel cette fois.
Allez savoir! Et si ça ça nous faisait un monde moins violent ?

A contrario, il existe un nouveau modus operandi dans le doublage de certains films étasuniens.
Alors que les noms propres, de lieux, de personnages, sont prononcés dans une espèce de bouillie dégoulinante à peine audible tellement elle est supposée refléter le « véritable américain », voilà que tout à coup s’en viennent de lourds « Washing-thon » ou « Boss-thon » du plus bel effet.
C’est à n’y rien comprendre !
Peut-être est-ce la mode là-bas de franciser certains noms comme nous-mêmes l’avons fait ?
J’ignore si cela existe en version originale et sonne particulièrement chic, mais Dieu que c’est laid dans la langue de Molière!

Résumons : Adame, Yves, Jonathane et Rousse sont sur un bateau. Personne ne tombe à l’eau. Pensez donc, ils sont à bord du très fiable paquebot "Washing-thon" qui se dirige vers "Boss-thon !"

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Miraje · il y a
Et moi qui jusqu'à présent faisait la sourde oreille ☺☺☺ !
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Image de Emma
Emma · il y a
Assez d'accord avec ces petits agacements. Sans oublier le nombre florissant de prénoms issus de séries américaines...
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