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Jeune fille inspirée

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Mlle. Tinou

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Telle une plume légère dans le vent, cherchant son chemin, elle semblait hésiter quant à l’endroit où se poser ; de doux yeux noisettes scrutaient l’ensemble du parc comme pour décrypter chaque feuilles de chaque arbres. Puis ils se fixèrent sur un moelleux tapis de mousse au pied d’un vieil arbre. La jeune fille s’asseya avec précaution, douceur, -comme le ferais un oiseau sur le dos d’un éléphant pour le déranger le moins possible-elle s’adossât au tronc en dénouant ses longues boucles brunes qu’elle laissa s’éparpiller autour de sa délicate tête, telle une couronne aux reflets dorés. Elle renversa au sol le contenu de son sac à mains et le fouilla fébrilement ainsi que si elle eût craint d’avoir perdu la chose la plus précieuse au monde ; elle trouva enfin son trésor et un sourire revint étirer ses fines lèvres. Elle brancha son baladeur à musique et put retourner à sa contemplation, semblant trouver en toutes choses les réponses à de mystérieuses questions, on eût dit que la mélodie coulait en elle tel du sang dans des veines, on eût dit qu’elle se nourrissait des notes afin de mieux entendre le monde. Je devine dans son regard une douce mélancolie, de profonds tourments, cicatrices d’une enfance trop vite écoulée, traces nouvelles d’une enfant cheminant vers sa destinée, une tendre curiosité emplissait ses fossettes, petits creux de malice au cœur de ses joues poupines que l’âge et la sagesse n’avaient pas encore affinées. Elle semblait poser sur le monde un regard étrangement mature, réfléchi ou intelligent, quelque chose d’unique se dégageait de la jeune personne, quelque chose comme une innocence grave, une sérieuse rêverie, comme si elle eût conscience de tout, de la dureté de la vie, de ses affres, de ses trahisons et de ses bonheurs, ainsi un vieillard après des années d’expérience, elle avait un quelque chose qui semblait déterminer à vivre, à gagner un combat. Ses yeux brillaient, pétillaient d’envies, de rêves, ils enveloppaient toute l’atmosphère environnante d’une bienveillance maternelle, gentiment moqueuse, -tels deux sages qui regarderaient tendrement évoluer leurs naïfs semblables- un petit enfant vint lui agiter sous le nez, très fier de sa trouvaille, la grande feuille rouge tombée d’un chêne voisin, la jeune fille joua avec et mima un air plein d’admiration pour l’enfant. Puis elle rassembla ses affaires, se leva aussi gracieusement qu’elle s’était assise et regarda longuement ce grand arbre, comme si elle absorbait toute la vitalité qui s’en dégageait, elle le regarda comme si ces instants passés à ses pieds venaient d’être les derniers, elle murmura un doux « Merci », comme si le vieillard pu l’entendre, caressa son écorce rugueuse et partit de sa démarche légère et chaloupée, prête à vivre un long voyage.

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