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Olessya

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J'ai pas envie croiser les gens. J'ai pas envie d'entendre ces bruits, ces cris, ces claxons et sirènes de voitures et de transport en commun. ( Je vis en Israël, en plus: ici, la patience n'est pas la priorité de personne. Tout le monde se presse quelque part afin de passer en avant.) J'ai pas envie de vous voir. Donc, je ferme les fenêtres, je reste chez moi. Je sors pas. J'ai envie de me préserver de ces regards obscènes de certains hommes. J'ai pas envie de répondre aux questions de toutes ces gens qui s'adressent à moi comme si sur mon front était marqué: "demandez-moi! je sais la réponse". Non, je sais pas la réponse, j'en cherche les miennes. J'ai envie aider à personne en ce moment, mais qu'à moi.

Les bruits arrivent toujours, même derrières les vitres clos. J'entends les enfants à la crèche qui est en bas du bâtiment où j'habite. J'entends les institutrices qui gueulent pour les calmer. J'entends le bruit de grue qui fait bâtir un immeuble supplémentaire de l'hôpital à côté. J'entends les conversations de gens et j'ai envie de m'enfuir, m'enfuir de tout ça, d'aller ailleurs, de ne rien entendre du tout. Mais la vie continue. Elle continue avec ou sans moi. Et c'est vrai que la peine dont je ressens par les moments est tellement forte que j'ai envie que tout s'arrête rien que pour moi...Qu'il y ait du silence dans ce monde bruyant, pressant, stressant. Qu'il y ait du silence pour tous ces gens, pour que l'on puisse prendre une pose de tâches quotidiennes qui ne se termineront pas, pour respirer, pour s'écouter, pour être tout simplement.

Hier, j'avais trop de peine dans mon petit cœur et je savais que je pourrais rien faire, ni même écrire, car je dois rester avec moi, et de prendre soin de la petite fille; et je suis allée à Haïfa, comme je le fais à chaque fois quand j'ai trop mal.

A Haïfa, il y a maman, ma mère. Ma mère qui nie toujours, qui ne comprend pas et n'a pas envie d'accepter. Mais c'est ma mère et elle m'aime comme elle sait, et c'est pas si mal.

A Haïfa, il y a la mer et elle n'est pas comme à Tel-Aviv. Elle est différente, plus belle, dans mes yeux, plus calme sûrement et pas si suffoquée par les touristes du monde entier.

A Haïfa, il y a Naama, qui m'aide de surmonter mes obstacles sur le chemin et de continuer à apprendre à m'aimer comme je suis, de s'accepter telle que je suis, et je suis magnifique! Naama, ma chiropracticienne que j'ai eu la chance de trouver il y a presque deux ans et on fait le chemin. Naama est une de rares personnes avec lesquelles je n'ai pas peur. Je peux parler et m'exprimer librement. Je peux avoir un câlin sans arrière-pensée.

Enfin, à Haïfa, il y a toutes ces petites ruelles que je connais bien, toutes mes associations avec les gens que j'avais connu pendant des années que j''y ai vécu. Avec certains je suis toujours en contact, avec d'autre non, mais ils existent quelque part dans cette ville et me font chaud au cœur.
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Ginette Vijaya · il y a
une remise en question , c'est souvent salutaire !
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Romane González · il y a
Bonjour Olessya! J'ai lu plusieurs de vos textes...si j'ai bien compris votre présentation, le français n'est pas votre langue maternelle? Je trouve qu'il y a quelque chose de très poétique dans vos écrits. Une sorte de poésie du quotidien...
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Olessya · il y a
Bonjour, Carmilla! vous avez très bien compris: le français n'est pas ma langue maternelle, c'est le russe qui l'est. Pourtant, le français est devenu pour moi "une oasis de liberté que personne pouvait m'ôter" comme disait bien un auteur polonais dont je ne me souviens plus le nom, dans un de mes premiers manuels de la langue française.
Merci beaucoup pour vos compliments et votre commentaire: cela me touche beaucoup et donne envie de continuer. Et ça sera dommage de ne pas continuer aussi, car l'écriture en français pour moi une des activité qui me font un de plus grands plaisirs!

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F. Gouelan · il y a
J'ai bien aimé, entre autres, "Mais c'est ma mère et elle m'aime comme elle sait, et c'est pas si mal."
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Olessya · il y a
Chère Gouelan, ça me touche...c'est pas facile tous les jours.
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Antoine Finck · il y a
Continuez à nous faire découvrir votre pays et les gens que vous aimez.
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Olessya · il y a
Merci beaucoup! Je le ferai!
Merci de votre lecture et de vos commentaires qui me donnent la force de continuer!

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Jarrié · il y a
Avec le temps, vous trouverez la sérénité et la joie de vivre. J'en suis sûr. À bientôt.
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Olessya · il y a
Merci, Jarrié. Je le trouve déjà, et ça ne fait que s'agrandir. En fait, j'ai commencé à le faire il y a longtemps, au moment où j'ai commencé le travail intérieur. Juste que je n'étais pas toujours consciente de tous les cadeaux que la vie me donne. Aujourd'hui je le suis!
Et vous êtes parmi ces cadeaux, avec votre lecture et vos commentaires et votre présence (même si virtuelle). Merci à vous!

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