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Bonjour à tout le monde! Je m'appelle Olesya et je vis en Israel depuis plusieurs années. Mon amour à l'écriture et à la langue française a commencé il y a très longtemps. Quand j'avais 10  [+]

J'ai pas envie croiser les gens. J'ai pas envie d'entendre ces bruits, ces cris, ces claxons et sirènes de voitures et de transport en commun. ( Je vis en Israël, en plus: ici, la patience n'est pas la priorité de personne. Tout le monde se presse quelque part afin de passer en avant.) J'ai pas envie de vous voir. Donc, je ferme les fenêtres, je reste chez moi. Je sors pas. J'ai envie de me préserver de ces regards obscènes de certains hommes. J'ai pas envie de répondre aux questions de toutes ces gens qui s'adressent à moi comme si sur mon front était marqué: "demandez-moi! je sais la réponse". Non, je sais pas la réponse, j'en cherche les miennes. J'ai envie aider à personne en ce moment, mais qu'à moi.

Les bruits arrivent toujours, même derrières les vitres clos. J'entends les enfants à la crèche qui est en bas du bâtiment où j'habite. J'entends les institutrices qui gueulent pour les calmer. J'entends le bruit de grue qui fait bâtir un immeuble supplémentaire de l'hôpital à côté. J'entends les conversations de gens et j'ai envie de m'enfuir, m'enfuir de tout ça, d'aller ailleurs, de ne rien entendre du tout. Mais la vie continue. Elle continue avec ou sans moi. Et c'est vrai que la peine dont je ressens par les moments est tellement forte que j'ai envie que tout s'arrête rien que pour moi...Qu'il y ait du silence dans ce monde bruyant, pressant, stressant. Qu'il y ait du silence pour tous ces gens, pour que l'on puisse prendre une pose de tâches quotidiennes qui ne se termineront pas, pour respirer, pour s'écouter, pour être tout simplement.

Hier, j'avais trop de peine dans mon petit cœur et je savais que je pourrais rien faire, ni même écrire, car je dois rester avec moi, et de prendre soin de la petite fille; et je suis allée à Haïfa, comme je le fais à chaque fois quand j'ai trop mal.

A Haïfa, il y a maman, ma mère. Ma mère qui nie toujours, qui ne comprend pas et n'a pas envie d'accepter. Mais c'est ma mère et elle m'aime comme elle sait, et c'est pas si mal.

A Haïfa, il y a la mer et elle n'est pas comme à Tel-Aviv. Elle est différente, plus belle, dans mes yeux, plus calme sûrement et pas si suffoquée par les touristes du monde entier.

A Haïfa, il y a Naama, qui m'aide de surmonter mes obstacles sur le chemin et de continuer à apprendre à m'aimer comme je suis, de s'accepter telle que je suis, et je suis magnifique! Naama, ma chiropracticienne que j'ai eu la chance de trouver il y a presque deux ans et on fait le chemin. Naama est une de rares personnes avec lesquelles je n'ai pas peur. Je peux parler et m'exprimer librement. Je peux avoir un câlin sans arrière-pensée.

Enfin, à Haïfa, il y a toutes ces petites ruelles que je connais bien, toutes mes associations avec les gens que j'avais connu pendant des années que j''y ai vécu. Avec certains je suis toujours en contact, avec d'autre non, mais ils existent quelque part dans cette ville et me font chaud au cœur.
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