Jeu, set et match !

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" Je doute de tout, de moi-même le premier. Il est des journées où je me crois sans intelligence, où je me demande ce que je vaux pour avoir fait des rêves si orgueilleux. Je n'ai même pas  [+]

Mon cœur n’avait pas battu la chamade depuis fort longtemps et je le regrettais. Je m’ennuyais un peu, personne à qui penser avant de m’endormir, le calme plat, si plat que je déprimais. Pas un seul beau garçon dans le collimateur et ceux qui me tournaient autour pouvaient continuer de tourner, je n’en avais que faire. J’attendais que les grandes vacances se terminent avec impatience pour retrouver une ambiance sympa car il fallait bien l’avouer, le collège et mes camarades me manquaient. Nous n’étions que mi-juillet, c’était long, interminable. Mes parents avaient essayé d’appâter mon ennui avec un cahier de vacances mais malheureusement pour eux , leur plan ne fonctionna pas. Chaque jour, je recevais une pluie de reproches concernant ma nonchalance mais j’étais en vacances non ? A qui le dites-vous ! Assise sur un banc dehors, rongeant mes ongles, je regardais maman se démener à nettoyer les vitres en hauteur. Elle allait vite parce qu’elle avait peur de cette sensation vertigineuse. Le seau bougeait, l’eau savonneuse s’agitait, l’escabeau ne savait plus sur quel pied danser et cela m’amusait. Je sentais, pour ne pas dire, j’avais envie qu’un événement se produisit et il se produisit ! Maman fit un vol plané sur le bitume avec le seau et l’escabeau ! Avec le choc, surprise, je m’arrachai un ongle en sang. Il en résulta un passage aux urgences pour une entorse bénigne du poignet avec un maintien de celui-ci et des séances de kinésithérapie. Ce fut à ce moment là que mes vacances devinrent intéressantes !

Mamma Mia ! Le premier jour où il vint faire les soins , mon cœur se remit à battre la chamade. La trentaine, bel homme au look sportif, voiture décapotable, un vent de fraîcheur, une bouffée d’air dans ma vie ! Immédiatement, je m’ intéressai au nombre de séances et avec un regain d’énergie, je me transformai en une jeune fille serviable, à l’écoute des geignements de maman :

- C’est du long jeu Roseline, c’est du long jeu, répétait-elle.

Ce qui voulait dire que la guérison n’était pas pour maintenant. Je remarquais au fil du temps que maman avait des étincelles dans les yeux quand il lui faisait les massages. Je restais auprès d’elle et j’attendais d’en apprendre un peu plus sur « Laurent ». Puis, vint l’information qui illumina ma journée. J’appris qu’il pratiquait le tennis dans la salle de sport du collège. A cet instant, je n’eus plus qu’une seule idée en tête, m’inscrire au club ! Maman me devait bien cela pour tous les soins et petits travaux ménagers que j’effectuais dans la maison sans rechigner.

En septembre, mon vœu fut exaucé, j’étais inscrite au club et mes parents m’avaient achetée une superbe raquette Montana dans sa housse. A chaque cours , j’espérais le voir mais jamais il ne pointa le bout de son nez et pendant un an, je ne fis que travailler les revers contre un mur. J’étais lasse, je ne pus en supporter davantage et je finis par détester ce sport !

Maman s’inquiéta et quand elle me demanda pourquoi je voulais abandonner le tennis, avec une triste mine ,je lui répondis :

- C’est du long jeu maman, c’est du long jeu.
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