Jean bon 007

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J'ai toujours aimé écrire, depuis mon plus jeune âge. Je vous souhaite de bonnes balades dans mon imaginaire  [+]

Image de Eté 2016
Mon nom est Bon, Jean Bon. Petit, on m'a tatoué l'oreille de trois chiffres : 007, mon identifiant, m'a-t-on expliqué. Maintenant je traîne ma couenne dans la basse-cour en coulant des jours heureux. J'aime beaucoup les histoires épiques et piquantes, ma mère me racontait souvent les aventures de porc-épic lorsque j'étais porcelet. Je rêve d'être un héros moi aussi mais comme disait ma chère maman Adèle, je suis trop gentil pour ça, trop doux, un vrai saint. C'était le surnom qu'elle me donnait, saindoux. Elle est morte Adèle, il y a quelques années maintenant, mais de temps en temps les gens chez qui je suis lui apportent à manger, une sorte d'hommage je suppose. Je les entends dire quand ils arrivent à la ferme : « J'apporte un sandwich à la mortadelle ».
La ferme où je vis est la propriété des Bons. Le vieux fermier Maury Bon, est malheureusement très malade. Il est sur le point de mourir et ça me rend triste, je l'aime beaucoup. Le couple se dispute énormément à mon sujet depuis qu'on leur a annoncé la maladie de Maury ; quelque chose à propos de ce rein, et serein il ne l'était plus du tout depuis. Lui veut que je finisse ma vie ici, et sa femme refuse. Elle veut me donner à un de ses amis sourd, le « boucher » qu'ils l'appellent. Je ne trouve pas ça très respectueux, ce n'est pas sa faute si il est handicapé ce pauvre homme. Mais si j'en crois les dires de mon propriétaire, il ne se lave pas, c'est un sale ami de sa femme. Il vient souvent ici, je pense que Maury va lui manquer et c'est sans doute pour que je lui tienne compagnie que la femme du fermier insiste pour qu'il me prenne.
Tiens voilà Maury, il s'assoit sur un banc et m'appelle. Il a des choses à me dire.
— Jean il va te falloir du flair si tu veux sauver ton groin ! Il te faut trouver des truffes, ça rapportera plus à la vieille aigrie que le blé que lui donnera pour toi le boucher, ce porc, ce laid.

Hum le « boucher » amène du blé, ça se précise, il est agriculteur comme la femme de Maury, la vieille aigrie, elle est aigricultrice. Par contre, je ne vois pas en quoi c'est un porcelet, j'en étais un il y a peu de temps et je nous trouve aucune ressemblance.

— L'oseille, toujours l'oseille, elle ne pensa qu'à ça. Allez, partons chercher ces champignons.
De l'oseille ? Je pensais qu'elle voulait du blé. Toute cette histoire va finir en eau de boudin, foi de porc.
Je profite de cette belle promenade parmi les chênes pour me détendre. « Un cochon détendu, c'est le succès assuré », j'entends souvent l'aigricultrice employer ce dicton lorsqu'elle cuisine, et comme je veux le succès, je mets toutes les chances de mon côté. Et puis un peu de sport ne fait pas de mal : « un esprit sain dans un porcin » comme disait maman. D'ailleurs pas plus tard qu'hier, une course entre nous, les animaux de la ferme a eu lieu. J'ai encouragé Ray, un autre porc, quand ce fut son tour, on est copains comme cochon. « Go Ray, go » que je lui criait.
Tiens je sens quelque chose, j'espère ne pas me tromper. J'aime pas avoir tort, je suis un centaure comme je me plaît à le répéter à mes amis de la basse-cour. Maury creuse et trouve le précieux champignon. Je peux lire la joie des ses yeux, c'est ça, il est joyeux.

— Jean, tu peux remercier ta mère, elle veille sur toi de là où elle est ! On retourne chez nous mon vieux, je vais annoncer la nouvelle à ma femme.

Ah ma mère veille, que cette phrase merveilleuse me réchauffe le cœur. Je marche aux côtés de Maury, nous rentrons chez nous, je suis fier de ma réussite.

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