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Je suis l'ombre

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BirdyLi

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Le sol en bois de l'étage craque, encore et encore. Dehors, le vent souffle fort dans la nuit noire. Dans la maison tout le monde dort, sauf moi.
Je suis blottie dans mon lit. Les couvertures remontées jusque sur ma tête. Maman m'a dit que j'avais peur pour rien, que les craquements étaient dus à l’âge de la maison. Mais depuis que l'on a emménagé il y a deux semaines, je n’arrive pas à dormir. J'ai toujours l'impression que l’on m’espionne. Papa dit que je regarde trop la télé. Mais je sais que dans cette maison il y a quelque chose. Je le sens.
Des pas résonnent à l'étage. En bas, le chat se met à miauler et à grogner. Il reste encore trois heures avant que mes parents se lèvent pour aller travailler.
Je suis fatiguée, mais la peur m’empêche de fermer les yeux. A l'école, les autres me disent que je vis dans la maison hantée. Mais maman répète que ce n'est que des sottises, que les enfants ont peurs juste parce que l’on est derrière la forêt. Papa aussi m’a fâchée. Il a dit qu’il aimerait que j’arrête d’être un bébé. Alors, j'ai pleuré.
Les marches de l'escalier se mettent à grincer. Je n'entends plus que ce bruit et mon cœur qui bat fort. Elle arrive.
Je ne crie pas. Je suis pétrifiée. La poignée de la porte tremble, avant que celle-ci ne s'ouvre en crissant. Là, j'arrête de respirer et j'attends. Cette fois-ci, il n'y a plus aucun bruit dans la maison : Pas de craquement, pas de vent, pas de bruit de pas, pas de miaulement, pas de grincement. Soudain, Sa voix résonne et je me lève.
Les lattes du couloir grincent sous mes pieds. Je n’entends plus que Sa voix. Je Lui suis totalement dévouée.
L'Ombre et moi remontons dans le grenier, alors que Nos pas résonnent dans les escaliers. Papa et maman dorment toujours et Nous n’allons pas les réveiller pour leur dire adieu. Ça ne sert à rien. Il fait noir, mais Nous avançons sans problème car Nous savons où nous allons. Nous n’avons pas peur, parce que L'Ombre c'est Nous. Nous ne sommes qu'un.
La maison se vide. Nous attendons de longues années, tapis dans le noir, que le prochain arrive. Il arrivera forcément.
Le temps ne fait que passer sur nous alors que nous patientions dans la maison. Nous ne faisons rien, mais ne ressentons rien non plus. Notre force est faite de patience et d’espoir. Soudain, le chant des oiseaux est brisé par des rires et le bruit d’un moteur. Le nouveau est arrivé. Alors Nous reprenons vie au fil des jours, car le moment est enfin venu.
Le sol en bois de l'étage craque sous Nos pieds. Dehors, le vent souffle fort dans la nuit noire. Tout le monde dans la maison est endormi, sauf le petit garçon.
Il est blottit dans son lit. Sa maman lui a dit qu’il avait peur pour rien, mais elle avait tort. Parce que Nous sommes ici chez Nous et quoiqu’il arrive, il nous rejoindra bientôt.
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