2
min

Je ne pense plus à toi

Image de DWA

DWA

1 lecture

0

Me voilà assis, seul, la nuit, entouré d’une armée de livres de cours prêts à me dévorer avant que je ne le fasse, une horloge d’où le tic-tac me rappelle inlassablement que les heures défilent, un cendrier où je cherche une place pour ma dernière cigarette, et le percolateur qui n’en finit plus de couler.

Mon esprit devint soudain taraudé par la plus simple des questions, un peu bête, qu’est-ce que la poudre d’escampette ?
On peut bien sûr en prendre, mais qu’est ce ?
Il me semble alors disposer de tout le temps du monde pour répondre à une telle sottise.

C’était le genre de question qu’elle se posait, qu’elle aimait me poser, maintenant elle ne pose plus rien, on ne se parle plus.

« L’escampette », on pourrait le rapprocher à escape, échapper, mais la poudre, oui et non, soyons plus logique, il faut tenir compte de la poudre.

Avant, elle m’aurait rétorqué que je le suis trop, et moi pour répondre à une telle vérité je l’aurais serré un peu plus dans mes bras.
Mais je ne dois pas penser à elle, je ne le dois plus, je me l’étais promis.

Pense plutôt à la poudre !

La poudre, pour les canons, or il fallait la transporter durant les batailles.

Mais en fait ! Elle doit s’y connaître, vu que c’est plutôt elle qui la pris ; la poudre d’escampette.

Oh tiens cela me donne envie de lui envoyer un message, c’est un bon prétexte, non ?

Non ! Tu as vu l’heure et puis tu le sais qu’il ne faut rien lui envoyer, tu veux tout le temps lui envoyer des messages, elle ne répond plus, plus vraiment, plus avec cette affection avec laquelle elle me parlait avant.
Non ! Je me le suis promis, je ne la recontacterai plus.

Revenons à nos canons, plutôt.

Au départ, donc, ces canons, ils étaient peu puissants donc il devait être mis à l’avant et la poudre devait être à un endroit à l’abri et donc être à l’arrière. Il était alors facile de fuir pour celui qui était censé en rapporter si la bataille semblait être perdu.

Je crois tiens le bon bout où en tout cas c’est bien pensé, elle aurait été fière de ma déduction, et m’aurait embrassé du bout des lèvres, avec une tendresse infinie, et un sourire content.
Mais qu’est-ce que je m’en fous d’elle, elle m’a dévasté le cœur avec la douceur d’un canon, je m’en fous d’elle !

Je frappe alors de tout mon soûl la table.




Je lève la tête.
Tout est calme, ma fureur semble s’apaiser.
Je regarde sur mon bureau.

L’horloge continue sa course.
Le percolateur continue à couler.
Il semble que l’armée m’ait envahi.
Le temps du monde s’est écoulé.
Son sourire est toujours dans mes pensées...
0

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,