J'e n'ai que 18 ans

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Je n’ai que 18 ans
Histoire vraie

J'ai 18 ans, je suis Tunisienne, mais je vis en France à Marseille depuis 2 ans pour faire mes études. L'an dernier mon père est venu de Tunisie pour me voir, mais en fait il avait décidé de me marier. Quand il me l'a dit ouvertement, il m'a présenté mon futur mari, mais moi j'ai refusé catégoriquement. Mais mon père ne m'a pas écoutée, je pense qu'il s'en foutait que je sois d'accord ou pas. Pour lui une fille de 18 ans devait être mariée, elle n'avait plus besoin de faire d'études. Mais moi je voulais continuer mes études, car je veux être prof ou institutrice.
-Quand mon futur mari a su en revanche, que je ne voulais pas me marier avec lui, il ne l'a pas supporté. Un soir que je rentrais chez moi, mon (futur) mari m'a attrapée, il y avait des amis à lui et ils m'ont forcée à monter dans une voiture. Ils étaient deux à l'avant et moi j'étais derrière lui. D'abord, il m'a giflé puis m'a violée. Je ne pouvais rien faire, je pleurais c'était affreux. Quelques jours après il a dû aller voir mon père et lui a dit que je n'étais pas vierge et qu'il refusait de se marier avec moi. Je suis musulmane et je devais être vierge avant le mariage. Quand mon père a su ça il m'a frappée et m'a dit qu'il ne voulait plus jamais me revoir, je l’avais déshonoré ! ! J'ai eu beau lui dire qu'il m'avait violée ça changeait rien.
-Alors je suis partie, heureusement ma tante vit elle aussi à Marseille. Je suis allée la voir et je lui ai tout raconté, elle m'a proposé de vivre chez elle. À partir de là, tout aurait pu redevenir plus calme, mais je me suis rendu compte que suite au viol j’étais tombée enceinte. J'ai essayé de joindre ma famille en Tunisie, en vain. J'ai tout de même préféré garder l'enfant, car l'avortement, ça me dégoûtait. J'ai continué mes études jusqu'à la fin de la grossesse. Mais chez ma tante l'atmosphère se dégradait, son mari en avait marre de me voir, il n’arrêtait pas de me demander quand j'allais partir. Puis il en est venu aux coups rarement puis de plus en plus fréquemment. J'ai accouché y a un mois (le bébé va bien), mais je suis toujours chez ma tante. Son mari me frappe toujours. Je me dis que c'est peut-être le prix à payer pour pouvoir étudier. J'ai essayé de contacter ma famille, mais elle ne veut plus me parler ni même me voir. Ce qui veut dire que je peux même plus retourner en Tunisie pour voir mes frères et sœurs. J'ai deux sœurs de 16 et 17 ans et je sais qu’on ne les laissera pas choisir. Elles seront mariées de force et ne pourront pas étudier. Ça me révolte, mais je ne peux rien faire. Je n'ai jamais parlé à personne de ce qui s'est passé. Quand j'ai entendu parler de ni putes ni soumises je me suis rendue compte que beaucoup d'autres filles étaient dans un cas similaire au mien.

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