JE HAIS LES SERVEURS...

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Les mots jalonnent mon existence depuis un paquet de décennies déjà. Ceux des autres comme les miens... Ma devise est fort simple, vivons heureux en attendant la mort. Et peu m'importe les ratures  [+]

Vous vous installez tranquillement à l'intérieur d'une brasserie estampillée de standing. Vous choisissez un emplacement de rêve au calme, légèrement en retrait des rumeurs de la rue toujours agitée...

" - Ah non Monsieur, si c'est pour la limonade, on peut pas s'installer ici, c'est pour déjeuner...
- Mais jeune homme, il est à peine onze heures!
- Bah oui, mais c'est comme ça. On place pas de ce côté pour la limonade...
- Je ne vais pas prendre une limonade mais une orangeade et un croissant, du jour si possible.
- C'est une orange pressée une orangeade, c'est ça? Les croissants, ils sont dans la corbeille. Vous prenez autant que vous voulez...
- Aucunement pressé, j'ai tout mon temps. Pour le croissant, un seul suffira mais frais du jour!
- Ah vous faîtes de l'humour c'est ça Monsieur?
Allez, asseyez-vous là mais pas après midi..."

J'en déduis que ma présence ne sera tolérée que durant une heure. Que l'on vient de me faire une immense faveur en m'octroyant la place de mon choix. Bien évidemment, l'orangeade n'est qu'un amas de glaçons qui débordent du verre frigorifié couleur orange. Le croissant est rassis et bien peu beurré. Je décide de le refourguer à un toutou qui s'ennuie les genoux à terre. Lui ne rechigne guère après y avoir réfléchit à deux fois tout de même.
Dans mon dos, une conversation des plus animées entre serveurs bat son plein...

"- Tu l'as eu ton vendredi alors ?
- Bah non, c'est des fils de p... Mais j' les aurais ces bat..., j' vais me casser avant la fin de l'année pour les foute dans la m...
- Ouais, t'as raison mon frère", répondit l'autre dans un élan de solidarité au demeurant touchant. "Quand je viens ici, j'avance à reculons"...

Curieux de cet échange franc et à la bonne franquette, je ne pus m'empêcher d'effectuer un demi tour sans encombre pour ma colonne invertébrée. Nul funambule à l'horizon ne semble faire partie du paysage sonore ni même visuel. Un grand type patibulaire caucasien continue de beugler à l'aveuglette. Son frère, noir de peau, lui donne la réplique. Frère de sang, lien improbable, pensé-je en mon for très intérieur.
S'ensuivit alors une tonne de gros mots, de paroles grossières et blagues salaces et sexistes... Je décide de quitter l'endroit séance tenante, n'ayant aucune inclination pour l'environnement de la porcherie. Le pourboire reste dans ma poche pour un plus nécessiteux.
Et décide confus, mais un peu tard, de ne jamais retourner au "Café Le Prestige", trop select pour moi...
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