Interrupteur

il y a
1 min
19
lectures
2

Boulimique de lecture dès que j'ai su décrypter mes premiers mots...la science fiction avait mes faveurs à l'adolescence ! En écriture, j'ai retrouvé mes premiers amours : j'adore mettre en  [+]

Vous êtes trop cérébrale. Toute votre énergie est bloquée en haut. Il faut la faire redescendre vers le bas, vers les jambes.
Pfff ! Il est drôle ! Comme si je ne le savais pas, que je suis une intellectuelle. Chaque soir, je tente d’arrêter la circulation des pensées, là-haut justement, pour pouvoir m’endormir. Mais c’est une autoroute ! Une deux fois quatre voies. Même l’heure de pointe passée, la circulation est encore dense. J’ai tout tenté : l’itinéraire bis, le plan neige. Vous avez déjà essayé d’arrêter la circulation sur une autoroute ? Suicidaire !

Tiens, si j’avais le cerveau d’un camionneur polonais, je réussirais certainement à m’endormir sitôt la tête sur l’oreiller. Je n’ai rien contre les camionneurs polonais, j’aurais pu dire déménageur breton ou footballeur français ! C’est agaçant comme certaines personnes peuvent s’endormir en quelques secondes ! On dirait qu’ils ont un interrupteur on/off. Moi j’ai cherché, en vain. Point d’interrupteur, c’est en service 24h/24, dimanches et jours fériés inclus. J’imagine, je planifie, je ressasse. J’organise, je classe, je range. Je visualise, je rembobine, je tourne en boucle.

J’ai essayé de me concentrer sur quelque chose, ma respiration par exemple. Concentrez-vous sur votre respiration, laissez filer les pensées parasites, ne tentez pas de les retenir ! Les pensées parasites, elles ne passent pas si vite, elles prennent leur temps, elles s’accrochent comme les poux dans les cheveux. On ne s’en débarrasse pas facilement. Ce ne sont pas des bolides qui filent ; non, ce sont des bancs de brume nonchalants ; une pensée parasite ça flotte, ça stagne, ça s’infiltre.

Bon, cette fois-ci je me concentre vraiment sur ma respiration ! J’inspire une, deux, trois secondes, je bloque, j’expire, une, deux, trois,cinq, six... ça va plutôt bien. Non, ça y est, j’ai pensé à quelque chose. Zut, raté. Je recommence l’exercice.

Ah, deux respirations complètes. C’est bien pensé. Mais penser que j’ai pensé, c’est au moins une pensée de trop ! Je n’y arriverai jamais !
2

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,