Instinct

il y a
2 min
1
lecture
0
Ils ne m'ont pas laissé le choix, je devais le faire.
Je devais le faire quitte à rejeter ce que je suis : mes ancêtres, mes traditions, mes racines... Quitte à ne plus être, voir même pire : demeurer cet "être la".
La chaine autour du cou, les mains à même le sol, les lèvres gonflées et la chaleur du désert Sahara au creux de la gorge... Je devais faire ce qu’il y avait lieu de faire. Et si pour cela il fallait que je rampe jusqu’à d’autres horizons, que je rampe jusqu’à perdre la raison et peut-être comme d’autres finir dans une prison, je devais le faire sans hésiter.
C’était ainsi pour moi, lorsqu’on ne peut se contenter de peu, on a deux options : soit avoir totalement soit s’en priver définitivement.
Certains m’ont dit, redit et l’on même chanté «  ne le fais pas ! » hélas, le fait devait être fait quel qu’en soit ce qui m’arriverait.
Certains diront, aujourd’hui encore, que c’était un gros risque pourtant ce qu’ils ignorent est que cela n’en n’était pas un vu que je n’avais rien à perdre. Au contraire, j’avais tout à gagner.
C’est pourquoi je devais le faire... Je devais tout faire à l'exception de ne rien faire.
Croiser les bras était juste impensable, c'était en dessous de mes petits muscles qu'on croyait presque sans force, en dessous du pour et du contre.
Ne rien faire était continuer à creuser le trou qui nous mènerai au néant, le trou qu'avant moi, certains n'ont fait que creuser sans répit.
Ne rien faire n’était plus envisageable... La goutte d’eau avait débordée le vase.
Je devais le faire non pour moi mais pour eux, pour ces générations à venir, pour ce monde qui se noie dans l'obscurité, ce monde qui n'a déjà plus un seul brin d'humanité.
Je devais le faire parce-que comme le soleil, la nuit à beau faire peur mais dès qu'un rayon se pointe, elle prend la fuite.
Je devais le faire non parce-que j'avais tout pour le faire mais parce-que je n'avais rien pour ne pas le faire. Je fécondais chaque jour avec la peur mais au fond de moi grandissait le courage.
Je ne savais ni comment ni par où commencer mais cette voix au fond de moi ne cessait de hurler que je devais le faire.
Ce n'était pas un ordre, loin de là, c'était " l'ordre".
Le vrai, celui qui aurait dû être il y'a de cela bien longtemps, depuis le commencement et celui qui devrait dès l'instant être.
C'était le signal auquel je devais me soumettre, sans perdre une seconde de plus, agir.
Et même si c'était le même qui me disait " ta fin est proche ", je me devais d'exécuter. Avec bravoure et honneur, je devais de me préparer à cette fin plus ou moins formidable.
Quels qu'en soient les moyens, quel qu'en soit ce que je laisserai derrière moi, je devais le faire. C'était ainsi : soit ça soit ça. Je n'avais pas le choix et c'était en quelque sorte mon choix.
Cesser de respirer en donnant le souffle, me taire en donnant la parole, tomber pour que d’autres se lèvent, m'égarer dans l'océan pour qu'ils retrouvent le rivage...
C’était mon choix !
Je devais le faire coûte que coûte parce-que c'était mon combat avant d'être le leur, c'était l'avenir avant d'être le présent, c'était un rien qui pouvait être un tout.
Je devais le faire pour mettre un terme à cet enfer de plus en plus présent...
Et pour cela, tout ce que j’avais à faire était de dire « non » et vivre ma propre vie.
Je devais cesser de paraitre, d’être quelqu’un d’autre...
Mon instinct avait parlé, il fallait agir : changer.
0
0

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,