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Inspiration

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Morgan Cole

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Jamais l'inévitabilité du destin ne m'est apparu aussi clairement. Je comprends maintenant ce qu'il en coûte d'avoir oser défier la vie, mais je ne regrette rien. A force de sentir la routine nous consummer, nous maintenir fermement entre ses doigts, seule la libération nous importe.
Pour le coup, je la ressens enfin. Je sens tout le poids retomber de mes épaules, me laisser enfin flotter librement comme je l'ai toujours voulu. L'air me caresse les joues tandis que la vitesse me fait bourdonner les oreilles.
C'est dans cette surdité éphémère que je me laisse bercer par le vent, qui m'emménera là où il le désirera. Peu m'importe, de toutes manières. J'ai eu ce que je voulais. Un baptême de l'air poussé à l'extrême, où l'incertitude de sécurité n'était présente. Ici, c'est moi qui tenait les rennes, et j'avais décidé de les lâcher.
La vie ne m'a pas spécialement était défavorable, mais la quitter ne me procure aucune tristesse. Jamais je ne me suis senti aussi vivant, jamais je n'ai été aussi prêt de la mort, que j'accueillerai – le moment venu – à bras ouverts.
Pour l'instant, j'apprécie ce que peu de gens ont vécu et m'en contente. La dernière décision que j'ai prise est pour moi la meilleure.
Je n'entends plus de bourdonnement. Mes oreilles s'y sont-elles faites ? Où est-ce juste mon indifférence qui me permet d'apprécier pleinement mes dernières minutes ?
En tout cas, les membres écartés comme une araignée, je me concentre sur mon coeur, qui se sent lui aussi flotter en moi. Comme s'il était en pause, il ne prend plus la peine de battre. Il doit se demander d'ailleurs s'il pourra un jour reprendre son activité, mais je le laisse se reposer ; il l'a bien mérité.
Je remarque étrangement que dans ma vie, les moments les plus heureux se sont construits autour des sorties dans des parcs d'attractions. Peut-être que depuis tout petit c'était ma destinée, après tout. Les hauts de coeur ont toujours été ma came, et mon overdose arrive à son comble. Ma dernière attraction, que peut-être, quelque part, j'ai attendu durant tout ce temps.
C'est donc heureux que je regarde le sol se rapprocher. Il ne me fait pas peur ; rien ne m'a jamais fait peur. Enfin, maintenant que j'y pense, peut-être que si : ne jamais avoir connu ce que je vis actuellement m'aurait été des plus regrettables. D'ailleurs, je me demande comment, après cette plénitude, je pourrai vivre à nouveau normalement, car m'oter l'idée de recommencer ce que je suis en train de faire me serait impossible.
Mais je n'ai pas de craintes à avoir : tout sera bientôt finis. Tout ce que j'ai à faire c'est de me vider l'esprit, d'arrêter de commenter ce qu'il m'arrive et de me contenter du moment présent.
Du dernier moment présent.
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