Inséparables

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Humour, noir si possible Second degré, voire au-delà Tout est bien à dire si c'est bien dit Mes maîtres (par ordre de disparition) : * Georges Perec * René Goscinny * Pierre Desproges *  [+]

Note de l'auteur : Encore un texte refusé pour le prix été 2017. Aucune prétention de ma part, juste une totale incompréhension étant donné qu'il s'agit d'une pure fiction humoristique totalement loufoque, si le comité à pris ça pour une moquerie indélicate, c'est vraiment à n'y rien comprendre car je ne vois pas comment on pourrait projeter cette histoire dans la vraie vie... Est-ce que le syndrome Hanouna et sa séquence homophobe 1er degré seraient passés par là ? En tout cas j'attends vos commentaires avec impatience

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Rachel et Yasmina McCoy étaient deux sœurs jumelles nées à Boston le 7 avril 1986 à 4 minutes et 0 centimètre d'intervalle. Dès leur naissance, la mère des deux fillettes, Jane McCoy, eut le sentiment que quelque chose n'allait pas. Les femmes sont douées pour ces choses-là grâce au fameux instinct maternel que le monde entier nous envie. Mais les médecins, toujours très prudents à cause des procès en diffamation, préférèrent rester évasifs en attendant des examens plus poussés sur l'état de santé des nourrissons. Il fallut attendre le quatrième anniversaire de Rachel et Yasmina pour qu'enfin la vérité se fit jour et que le docteur Greg Horton prit ses responsabilités et alla parler aux parents des deux fillettes :

Dr. Greg Horton : M. et Mme. McCoy, je ne vais pas vous cacher plus longtemps la vérité, il est un moment où il faut savoir faire face.
Mme Jane McCoy : Oh mon Dieu, non, c'est impossible ! Quelle tristesse comment allons-nous vivre ?
Dr. Greg Horton : Mais enfin attendez madame, je n'ai encore rien dit.
Mme Jane McCoy : Docteur, je suis une mère et mon instinct me dit que quelque chose ne va pas.
Dr. Greg Horton  : Bon ok, vous voulez savoir ou pas ?
Mme Jane McCoy : Oui, je me tais. Promis.
M. Edward McCoy : Ce serait bien la première fois...
Mme Jane McCoy : Tu crois que je t'entends pas ?
Dr. Greg Horton : Allez, j'en viens au fait. Hem... Eh bien voilà... Heu... La médecine n’est pas forcément une science exacte mais tout semble porter à croire que vos deux filles sont des sœurs siamoises. Voilà c'est dit.
Mme Jane McCoy : Des siamoises ? Mais c'est impossible ! Comment pouvez-vous affirmer une chose pareille ! Et vous nous dites ça comme ça sans prendre de pincettes c’est inhumain !
Dr. Greg Horton : Je comprends votre incrédulité. Je ne vais pas entrer dans les détails techniques des examens effectués mais je peux vous assurer à 99 % de l'exactitude de mon diagnostic.
Mme Jane McCoy : Il reste donc un espoir que vous vous trompiez. Je veux une seconde opinion !
M. Edward McCoy : Ça aussi ce serait bien la première fois...
Mme Jane McCoy : Ta gueule Edward !
Dr. Greg Horton : Calmez-vous tous les deux. Bien entendu, je comprends votre position. Je ne peux pas vous empêcher de consulter des confrères. Mais ne vous faites pas trop d’illusions, c'est peine perdue. Notre clinique est à la pointe pour ce qui est de ce type de cas.
Mme Jane McCoy : Taratata. Edward, rhabille les filles avec son pantalon et leurs chemises et quittons ce lieu maudit.

Mais hélas, comme l'avait prédit le Dr. Greg Horton, tous les médecins consultés confirmèrent le diagnostic originel. À bout de force et ayant épuisé leur crédit auprès des assurances-santé, M. et Mme McCoy durent se rendre à l'évidence : Rachel et Yasmina étaient bel et bien des sœurs siamoises.

Malgré le choc émotionnel, les deux parents décidèrent de faire face au problème avec dignité. Jusqu'à ce que les fillettes eussent atteint leurs 10 ans, M. et Mme McCoy préférèrent ne rien leur dire quant à leur condition, les jugeant pas assez matures. Quand Rachel pestait innocemment en disant « J'en ai marre que Yasmina me colle comme ça ! », ses parents répliquaient qu'elle devait être sage et jouer avec sa sœur. Et quand Yasmina demanda à avoir sa propre chambre, Mme McCoy tentait de la culpabiliser en évoquant de fallacieux problèmes d’argent.

Mais la cohabitation entre les deux sœurs devint de plus en plus difficile tant elles grandissaient avec des caractères différents voire opposés. Sportive, Yasmina n'aimait rien tant qu'aller courir avec ses amis, jouer au basket-ball ou au tennis. Beaucoup plus introvertie, Rachel était une artiste, passant son temps à peindre de délicates aquarelles. Les disputes étaient incessantes. Le moindre panier ou smash un peu appuyé de Yasmina pendant un match faisait tressauter le pinceau que tenait Rachel qui n'arrivait plus à rien de bon côté peinture. Il ne se passait pas une journée sans que les deux sœurs ne finissent dos à dos, fâchées à mort. Souvent, Yasmina profitait du sommeil de Rachel pour lui tremper le doigt dans l'eau et lui faire faire pipi au lit. Geste aussi méchant que stupide puisqu'elle partageait le même appareil uro-génital et les mêmes draps. Rachel, plus roublarde, faisait elle aussi les 400 coups mais en faisant croire qu'elle était Yasmina. Mais ça ne trompait pas l'œil vigilant des parents qui malgré leur ressemblance parvenaient tout de même à les différencier quasiment à chaque fois. Et souvent Rachel était recluse dans sa chambre, punie de télé, à la grande satisfaction de Yasmina.

Le jour de leurs 10 ans, M. et Mme. McCoy décidèrent de leur dire la vérité.

Mme Jane McCoy : Rachel et Yasmina, je ne vais pas vous cacher plus longtemps la vérité, il est un moment où il faut savoir faire face.
M. Edward McCoy : J'ai déjà entendu ça quelque part...
Mme. McCoy : Silence Edward ! Bon les filles, voilà, en réalité, vous êtes des sœurs siamoises.
Rachel : J'en étais sûre ! Je te l’avais dit ! Et toi tu n'as pas voulu me croire ! T'es débile !
Yasmina : Oh ça va hein ! Comment j'aurais pu me douter ?
Rachel : Bon qu'est-ce qu'on mange ce soir ?

Au grand soulagement de leurs parents, les deux enfants prirent la chose plutôt avec philosophie, presque comme si elles l'avaient toujours su (du moins Rachel, Yasmina elle est vraiment trop débile celle-là). Et la vie put continuer presque normalement malgré les tensions et les disputes. Hélas, en 1999, le lourd poids du secret et des responsabilités fit imploser le mariage de M. et Mme. McCoy qui décidèrent de divorcer. La famille qu'on croyait aussi soudée que leurs filles éclata en morceaux. Heureusement, les parents pensèrent avant tout au bonheur de leurs enfants et d'un commun accord avec leurs avocats respectifs, ils se décidèrent pour une garde partagée.

M. McCoy eut la garde de Yasmina et Mme. McCoy celle de Rachel.
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