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ils sirotaient le soleil

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Nina Peronnard

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Il faut d’abord longer les rails sur environ deux kilomètres. Il faut rester prudent, garder les oreilles en fonction pour guetter un éventuel train. Après un croisement entre la route et les rails, les arbres espacés laissent paraître un petit chemin de terre sèche qui s’enfonce dans les bois. Il faut suivre ce chemin. Quand le vent est présent, il souffle sur les feuilles de chênes et des marronniers. Elles se mettent à frémirent comme de petites bêtes. Ici, le chemin est encore assez large pour que deux personnes côte à côte s’y promène.
Ensuite, il faut pouvoir se rappeler de tourner à droite quand les amoureux s’enlacent. Ce sont un chêne et un pin qui s’entortillent l’un dans l’autre. Alors on quitte le sentier et on s’aventure dans le plus profond de la forêt, là où il n’y a plus de chemin. Parfois, quand personne n’est encore passé par là, il faut sortir les mains de ses poches pour écarter les branches trop basses qui se hasardent sur notre passage. Le sol de terre sèche est remplacé par une fine couche de mousse quelques fois et par des tapis de feuilles mortes et détrempées d’autres fois. Mais le trajet n’est jamais boueux, vous ne salirez pas vos chaussures.
A partir de là, il faut choisir de passer entre tel ou tel arbre en jouant au hasard. C’est le secret d’un endroit bien caché. Néanmoins, pour ne pas se perdre, il faut avoir pensé à emmener une boussole et suivre l’EST.
Normalement, chacun qui veut s’y rendre débouche sur une clairière. Un petit rond d’herbe bien grasse souvent broutée par un cerf furtif qui détalera à grand bond en vous voyant s’approcher. L’escapade n’est pas terminée, après une pause de contemplation, il faut rechercher la seule pierre ovale qui se trouve à l’orée de la forêt. Sur celle-ci est dessiné deux petites croix et un triangle entourés d’un rond dont personne ne connait la signification. Mais ses symboles permettent aux marcheurs de continuer leur promenade.
En continuant d’avancer, on a quelques chances de se retrouver dans un endroit dégarni d’arbre. Il y a un petit muret en pierre à l’ombre des grands piliers du bois. Le soleil traces alors de petites tâches lumineuses sur les pierres grises.

Quatre pieds se balançaient en rythme sur ce petit muret en pierre. Ils auraient pu imiter le refrain d’une chanson à l’infini. Mais tout le monde constate que ce n’était que le balancement régulier de quatre pieds. Deux d’entre eux portaient de grandes chaussures pointues et vernis. Elles avaient fière allure ses chaussures. Une couleur marron avec des reflets ocre. Pas une trace de boue, pas une égratignure. Elles appartenaient à un grand bonhomme, tout longiligne. Il était tellement grand qu’il devait baisser la tête pour passer les portes. La propriétaire des deux autres pieds était un peu plus petite que son camarade. Je veux dire tout au plus moins grande que lui. La jeune fille arrivait à peine aux genoux de son compagnon de promenade. Ses chaussures étaient de petites ballerines en satin bleu poudré. Elle portait également de minuscules chaussettes blanches qui finissaient en dentelle sur ses mollets.
Sa robe était d’un bleu poudré aussi, quoi qu’un peu plus teintée que ses chaussures. C’était une robe de petite fille sage, avec un petit nœud papillon sur chaque épaule et sur le col. Dans ses petites mains potelées, la petite fille tenait un brin de blé avec lequel elle s’amusait.
Les jambes du grand homme étaient deux longues baguettes sur lesquelles il avait enfilé un pantalon qui lui faisait un bassin féminin. Les couleurs reprenaient celle du brin de blé de la jeune fille. Les motifs étaient de petits losanges entrecroisés tachés de jaune, d’orange et de mauve. L’homme portait une chemise noire, sobre en contraste avec le reste de son costume. Par-dessus, il avait un gilet rouge sombre. Ses yeux étaient cachés par de grosses lunettes noires, rondes. Elles étaient plus rondes que la lune. Elles étaient plus rondes qu’une pièce de monnaie. Les lèvres du bonhomme étaient deux fins traits roses pâles, sous un nez tout aussi délicat. Ses cheveux dorés lui caressaient les épaules. A cela ils étaient similaires à ceux de la jeune fille. Ses minuscules boucles biens coiffées et bien arrangées. Sous sa chevelure de princesse se dégageait un visage angélique. On pouvait croire qu’elle avait déposée de la poudre rose sur ses joues gonflées dont la couleur était pourtant naturelle.
Les deux amis sirotaient les rayons qui transperçaient le feuillage des arbres centenaires. Ils avaient passés l’après-midi sur ce muret, à respirer l’air de la forêt.
Soudain Le grand homme retira se lunettes découvrant un regard perdu dans ses pensées tout comme celui de son amie.
« Tu te souviendra de cet instant Jannie ? demanda-t-il
- Bien-sûr Romy. Comment pourrai-je l’oublier ? »
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Image de Jeanne Fort
Jeanne Fort · il y a
Bijour Madame. C'était joli
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Image de Nina Peronnard
Nina Peronnard · il y a
bijooour comment vas tu? merci beaucoup!
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