Il me fallait de l'air

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J'ai écris beaucoup de scénarios, quelques uns ont été réalisé. J'ai décidé de m'aventurer dans ce style bien particulier qu'est l'écriture sous toutes ses formes, j'espère que mes textes  [+]

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Il me fallait de l’air, oui ! De l’air !
Cela faisait maintenant neuf ans qu’elle me prenait la tête et vingt minutes avec mon téléphone portable.
Mais pourquoi, oui pourquoi ai-je gardé cette photo de Lise dans mon portable ? Peut être par ce que je voulais me souvenir d’elle, ou alors, elle me rappelait combien la vie était belle avant, oui bien avant que je rencontre Lise, non je ne me suis pas trompé et vous avez bien lue, avant Lise il y avait Lise, ne me demandez pas pourquoi, ce n’est que le fruit du hasard...
Pour ne pas que vous vous trompiez sur les personnes, nous allons appeler Lise Betallizzi (l’ancienne) « la Douce », et Lise Paradoxe (la nouvelle) « La Folle ».

Lorsque j’ai rencontré La Douce, j’avais à peine seize ans et elle était vraiment sans-gêne. Je sortais des cours et je montais sur ma belle 49,9 cm2, une moto ou plutôt l’amour de ma vie à l’époque, j’avais tondu plus de 1500 km de pelouse pour me la payer. Quand je montais dessus je me sentais comme libre, je pouvais voler n’importe où. Je sentais l’air entrer dans mon casque noir sans visière, les yeux larmoyants au vent et les moucherons plein les dents et le visage. J’étais le plus heureux !

Revenons sur La Douce... je sortais donc des cours et m’apprêtais à démarrer l’amour de ma vie quand La Douce monta à l’arrière sans même me dire un mot, je retira mon casque pour lui dire :

- T'es pas gênée de monter comme ça sans
même demander l’autorisation !

je lui ai bien sûr dit avec un grand sourire, vu qu’elle était irrésistible ! Elle me répondit :

- Démarre, on en parlera plus tard  !

Avec son plus beau regard et se serra contre moi.

C’était le début d’une histoire magnifique sans jamais aucunes disputes qui dura dix ans, jusqu’à ce qu’elle monte rapidement dans la voiture de son prof de tennis... En fait, elle avait craqué sur lui pour son côté précieux et bourgeois, moi je dirais plutôt son côté plein de tunes...

Enfin bref, j’ai mis des années à l’oublier ou à faire semblant de l’oublier, j’ai eu quelques aventures oui, mais ce n’était que du vent...
Voici le moment ou j’aurais mieux fait de me péter les jambes, me crever les yeux, m’arracher la tête !
La Folle entrait dans ma boutique d’air pur, oui je vendais toutes sortes de différents objets rendant l’air pur, de l’huile essentielle à la climatisation purificatrice, il y en avait pour tout le monde. Elle s’approchait en me regardant fixement comme si j’avais encore du persil de ma salade du midi entre les dents, elle avait un regard magnifique, un parfum envoûtant et des lèvres super pulpeuses, elle me dit avec un accent bien du nord.

-  T’as pas un truc qui fait du froid ?

Sur le coup, l’accent m’avait choqué, mais surtout je n’avais rien compris de ce qu’elle voulait, je lui dis alors avec un grand sourire.

- Tu veux du froid pour où et pourquoi ?

- Ben pour ma piaule, dans ma chambre parce
que la nuit, je supporte pas la chaleur du sud.

Oui j’oubliais de vous dire, ma boutique se trouvait à Nice, et vu qu’elle venait de Lille, elle ne supportait pas la chaleur.

Autant La Douce avait fait chavirer mon cœur au premier regard, autant La Folle m’avait intriguée au premier mot.

Elles étaient tellement différentes, La Douce était brune, les yeux noisette, la peau bronzée et était grande, elle ne savait pas s'habiller mais était toujours sexy même dans un gros pull en laine, tandis que La Folle était petite, blonde la peau claire aux yeux bleus toujours habillée très classe mais avec des couleurs farfelues... La Douce était ma bouffé d’air frais, mon oxygène, elle me rassurait tout en me poussant vers le haut, je me sentais comme dans un cocon quand je me serrais contre elle, c’est peut être à cause d’elle que j’avais ouvert ma boutique air pur, je la recherchais peut être inconsciemment...

La Folle me pompait l’air jusqu’à l’asphyxie, elle voulait sans cesse me changer, que ce soit ma tenue vestimentaire, mon comportement, mon langage, à croire qu’elle n’aimait pas la personne que j’étais, mais pourquoi avait-elle craqué sur moi ? Et moi ? Pourquoi m’étais-je avec ? Ben sûrement un moment de faiblesse.

Nous arrivons enfin au moment fatidique, la photo de La Douce dans mon portable.
La Folle avait besoin de mon tel pour parler à sa mère qui était partie en vacance à Paris, elle rêvait de visiter la Tour Eiffel... pas sa mère, mais La Folle, elle n’avait plus de batterie et voulait absolument que sa mère prenne une photo de Paris vue du troisième étage de la Tour Eiffel, je lui avais donc prêté mon téléphone, et je ne sais pas comment elle s’était débrouillé, mais elle était tombé sur la photo de La Douce...

- C’est qui cette fille sur ton portable Thomas ?

Quand elle m’appelait par mon prénom, ça sentait mauvais pour moi ! :

- Quelle fille ?

lui répondis-je en me doutant bien qu’elle ne me parlait pas de ma mère. Elle tourna le portable violemment et me regarda fixement, comme si elle allait me priver de tout mon air à l’aide de ses mains. Je ne sais pas pourquoi, mais sur le coup, ça me semblait être la réponse la plus logique à lui donner.

- Elle ? C’était la femme de ma vie, elle était mon oxygène et toi tu me pompes méchamment l’air !

Elle me regarda d’abord surprise, puis vraiment en colère, elle ouvrit la porte d’entrée de la maison, jeta mon portable dans la cage d’escalier et me dit en hurlant.

- Je te pompe l’air ! Eh bien, sors d’ici ! Va en prendre une bonne bouffée, va respirer dehors ! Et bon vent !

À ce moment-là, notre fille et notre fils sortirent de leur chambre, et nous regardèrent tristement, ils étaient jumeaux, ils avaient 8 ans, ils étaient ma vie, mon air pur, mon oxygène ! Je m’avança vers eux, et ils me sautèrent dans les bras, je regardai accroupi les enfants dans mes bras leur mère avec un air de je suis désolé et elle referma la porte...
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