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Il était une fois, dans l'ouest, un soir d'été que les cigales cymbalisaient

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Gargamel

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Il était une fois, dans l'Ouest, un soir d'été que les cigales cymbalisaient.

« Un cavalier surgit hors de la nuit, court vers l'aventure au galop » fredonne Jolly Jumper qui en a plein les sabots de traverser le Far West de long en large.
Lucky Luke et Jolly Jumper arrivent au bout d'un haut plateau qui domine le désert, un monde brûlé par le soleil, en poussière.
Lucky Luke s'adosse à un arbre vert comme une prairie normande au printemps, pour une petite halte avant de bagoter dans la prairie à la recherche des Dalton.
La nuit tombe déjà, et le soleil rouge orange disparaît derrière les collines desséchées.
Jolly Jumper, étalé dans l'herbe verte comme un tube de peinture verte, rêve.
Il rêve d'une vallée radieuse, une prairie rafraîchie par une rivière où se reflète un ciel azur, et s'y baignant des pouliches, de poulains qui lui ressemblent beaucoup.
Lucky Luke, lui, veille et tout en veillant contemple la voûte céleste, inaccessible. « Pataclop, voilà les Dalton » chantonne-t-il. Où donc peuvent-ils bien être ?
C'est bien la première fois que Lucky Luke se pose la question.
Les étoiles commencent à apparaître. Soudain, brille une étoile, qui grossit, grossit et paf, tombe dans la rivière, ou plutôt dérape sur la rivière, s'assombrit. Et pataclop, pataclop, Lucky Luke aperçoit quatre étoiles sortir de l'étoile encore éblouissante.
— Non, non, pense Lucky Luke, je rêve.
Les quatre étoiles plongent dans la rivière et se dérobent aux yeux perçants de Lucky Luke.
Lucky Luke se secoue et sonne le branle-bas.
Jolly Jumper sursaute, se réveille avec Lucky Luke sur le dos, et un Lucky Luke hyper concentré, qui lui raconte une histoire fantastique, son rêve avec une étoile, quatre petites étoiles, et il veut voir ça de plus près parce qu'il ne comprend pas ce qui vient de se passer.
Jolly Jumper, un peu ahuri par ce réveil cavalier, hoche la tête et lui confie aussi son rêve.
Lucky Luke, sidéré, écoute Jolly Jumper, comprend chacun des mots que prononce Jolly Jumper.
— Je suis encore en train de rêver. Jolly Jumper, est-ce que tu me parles ?
Et Jolly Jumper répond, sans perdre son calme, comme blasé  :
— Je te parle, ou je rêve que je te parle. Ou nous rêvons tous les deux que nous nous racontons nos rêves.
— Et là, tu sais que nous allons vers la rivière ! Et tu sais pourquoi !
— Yep, hennit Jolly Jumper.
Près de la rivière où l'étoile ne cesse de briller, quatre petites étoiles luisantes clignotent doucement et finalement disparaissent, effacées.
Lucky Luke attrape Jolly Jumper par le cou.
— Réveille-toi, Jolly Jumper ! Debout !
— Mais je ne dors pas. Debout, je suis debout ! Je peux même dormir debout si je veux, répond Jolly Jumper. Il ne va pas bien ce cow-boy !
— Oui, je sais, excuse. Jolly Jumper, je rêve ou quand même il y avait bien quatre lumières, quatre étoiles ?
— Et elles ont bien disparu. Si on allait faire un somme, je suis harassé !
— Yep ! Mais la grande étoile ?
— Laisse filer ! On verra ça demain, Luke.
Et Jolly Jumper emmène son cow-boy abasourdi vers le haut plateau.
Sur le haut plateau, face aux étoiles, dorment encore Lucky Luke et Jolly Jumper.
Le soleil aborde les montagnes environnantes, légèrement, créant mille paysages, traversant les arbres, reflétant leurs couleurs.
Une délicieuse odeur de café envahit le haut plateau, et Lucky Luke ouvre les yeux sur un cheval goguenard qui lui tend une tasse de café fumante.
— Non, je dors, je dors... marmonne-t-il.
— Non, tu ne dors pas et l'étoile est encore là-bas, répond Jolly Jumper.
— Bon, on y retourne.
— Finis d'abord ta tasse, cow-boy.
— Yep, répond Lucky Luke, vaseux.
Ils finissent par descendre la colline, et s'approchent de l'étoile moins lumineuse, mais toujours fascinante.
— Mais qu'est-ce que ça peut être ? Regarde, Jolly Jumper, c'est presque plat, rond. Ça paraît lisse. On dirait que ça s'est opacifié.

Jolly Jumper reste silencieux, cette fois. Lucky Luke met pied à terre et fait signe à Jolly Jumper qu'il a envie d'attendre, de réfléchir un peu. Il pense aux Dalton, aux quatre étoiles. Et pour une fois dans sa vie de cow-boy solitaire, il est surpris et ça le rend curieux.
Quelques heures plus tard, alors que le soleil est bien haut, que Lucky Luke et Jolly Jumper se reposent à l'ombre des grands arbres verts, une cavalcade se fait entendre. Et quatre chevaux extraordinaires, plus dorés encore que l'Akhal Téké, ce cheval à la robe d'or, montés par quatre cavaliers « aurifères », dévalent du haut plateau.
Notre cow-boy et sa fière monture, les yeux écarquillés, voient, alors que les quatre cavaliers se rapprochent, le disque s'illuminer, étinceler, vibrer et en moins d'une seconde fuser droit vers le soleil, plus éblouissant qu'une étoile.
Dans presque le même temps, les quatre cavaliers s'immobilisent avec leurs chevaux dorés, la tête levée vers l'étoile qui disparaissait.
Lucky Luke attrape Jolly Jumper et fond sur le petit groupe pétrifié, et sans grand étonnement reconnaît les quatre frères, Joe, William, Jack et Averell Dalton. Les quatre frères Dalton racontent à Lucky Luke leur rencontre avec ce qu'ils appellent une soucoupe volante, comment ils furent invités, et surtout comment ils avaient communiqué leur amour de l'or à leurs hôtes.
Et ils furent couverts d'or. C'était un cadeau tout simple, gratuit.
« C'est peut-être la raison du départ précipité de la "soucoupe" ! » pense Jolly Jumper.
— Yep, et votre soucoupe volante est repartie, très loin, très vite, s'esclaffe Lucky Luke.
Les Dalton poussent un gros soupir, et ont des airs d'enfants tristes, désemparés.
Une fois de plus, Lucky Luke reconduit la bande à la prison la plus proche, laissant les chevaux libérés chevaucher la verte prairie.
Et cette prison devint la prison la plus dorée du Far West grâce aux Dalton « aurifères », puisqu'il suffisait de leur faire prendre un bain, et avec une batée dans les mains ramener les pépites du fond de l'eau.
Et les Dalton mangeaient bien, prenaient le soleil, à la retraite, dorés.

PRIX

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Yoann Bruyères · il y a
J'étais un peu perdu à la fin, sur ce qu'il leur arrive. Après relecture ça va mieux. Le style est original !
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Gargamel · il y a
Merci pour ce commentaire pertinent, j'ai encore pas mal à apprendre et qu'il y ait un style, ça c'est un compliment. Merci à vous en tous cas. C'est l'aventure.
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Jean-Jacques Michelet · il y a
Mon vote, évidemment !! je vous invite quant à moi à découvrir "Bien fait !" sur ma page.
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Gargamel · il y a
Oh mais je l'ai lu, et voté j'ai. Merci.
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Didier Poussin · il y a
Pluie d ' or
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Vivian Roof · il y a
Une histoire, certes différente... Mais j'ai bien aimé que Lucky Luke change, pour une fois, de collection !
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Thara · il y a
Une version bien imaginée, avec des dialogues forts, et des moments divertissants.
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Gargamel · il y a
Merci.
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Brigitte Prados · il y a
Une histoire pleine de fantaisie et extrêmement colorée !
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Gargamel · il y a
Merci. La couleur donne un peu plus de corps, peut-être. Le son à atteindre, maintenant, avec les mots, à essayer.
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Moeun Touch · il y a
Quand Gargamel oyblie les Schtroumpfs et se met à écrire une belle histoire sur Lucky Luke avec un mélange de Zorro, etc..., ça donne un joli conte moderne riche d'humour et de toutes sortes d'ingrédients. J'adore.
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Gargamel · il y a
Merci beaucoup.
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Bertrand · il y a
un conte doré
encore nymbé
des couleurs
de
l'enfance^^+1

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Fantomette · il y a
Fallait y penser, mon vote
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Gargamel · il y a
Merci.
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Hortense Remington · il y a
Le réveil cavalier, j'adore !
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Gargamel · il y a
Moi aussi, j'ai bien aimé, c'est venu tout seul. Merci.
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Hortense Remington · il y a
Si le coeur vous en dit vous êtes bienvenu sur ma page ! Bonne soirée !
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