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Grand Maman Dédougou

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Jmnt

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Vers quatre ans, j’ai fait la connaissance de ma grand mère DEDOUGOU, La ressemblance de ma
mère Fati , avec DEDOUGOU, m’ avait profondément impressionné, même taille près d’un mètre
soixante quinze,même teint, même visage lisse, même regard pénétrant et surtout même sourire
qu’irradiaient les dents du bonheur.
Ces fameuses dents du bonheur, qui font que les incisives de la mâchoire supérieure sont
séparées par un interstice plus ou moins grand. DEDOUGOU en était affublée, Fati aussi, et j’ose
l’avouer moi de même.
Cette dentition particulière, dés la première rencontre avait suscité chez moi, un sentiment
d’étrangeté, je voyais ma grand mère et je me rendais compte à quel point physiquement Fati était
issue de sa propre mère, il y avait là un mimétisme parfait, une symbiose, une évidence dont je
me sentais un peu exclus.
Très vite je pris l’habitude d’épier ,DEDOUGOU, de lui voler des moments du quotidien, assise sur
son banc je la voyais participer activement aux préparations culinaires en donnant des directives,
s’inquiéter des pleurs d’un petit enfant, répondre à d’interminables salutations, car en Afrique la
vie de chacun nous préoccupe, en aucun cas un salut ne peut se limiter à un individu, un seul.
Dans cette grande cour où DEDOUGOU régnait en maitresse des lieux , car elle était la première
épouse ce qui lui conférait autorité sur toutes les autres, venues après, il y avait le petit troupeau
de moutons blancs. Ces moutons dont j’avais peur, étaient arrimés à l’arbre central de la cour, ils
paissaient tranquillement grâce à l’herbe abondante que l’on apportait chaque jour. Une fois par
jour, un de mes oncles s’occupait de les emmener hors de la concession.
J’ai su plus tard, le rôle joué par les moutons de DEDOUGOU.
Dès qu’elle ressentait un malheur à venir et qui devait touchait la famille, elle sacrifiait un mouton
blanc dont la viande était donné aux pauvres afin d’atténuer les effets du destin.
C’était est une femme active souriante dont on sent la gentillesse, la compassion, et aussi
puissance et la sagesse.
J’aurais tant aimé me faire câliner, par ma grand mère, DEDOUGOU, elle avait beaucoup de
déférence à mon égard , bien que nullement différent des autres petit enfants, je venais malgré
tout de France. Il s’ établissait donc une certaine distance.
Fati avait contribué à cela, du fait que fraichement embarquée dans ses études scientifiques, elle
veillait scrupuleusement á ma bonne santé hygiénique, pas d’eau du puit, pas de baignade dans le
marigot jouxtant la maison par peur des parasites.
Ce marigot, ce petit bras de fleuve de trois mètres de large, de couleur rouge laterite, et d’une
profondeur insoupçonnée avait une très mauvaise réputation, chaque année un enfant s’y noyait,
et cela de façon récurante.
Jamais un enfant du quartier, n’avait subi de noyade, toujours un étranger, c’est à dire un enfant
d’autre quartier. Ma mère dans son enfance, avait elle-même pataugé dans ces eaux.
Les ordres de Fati, ont vite montré leur limite, cette année là je fus amené régulièrement au
marigot, baigné dedans, sans qu’elle ait été mise au courant.
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