Glouglou la tête dans l' eau

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Ma main écrit moi je la relis, parfois lorsque je trouve ça bien je me dis que c'est pas moi qui écrit ... J' aime la musique des mots comme un musicien une douce mélodie. J' aime un auteur qui  [+]

Glouglou mes oreilles me font mal, je descend le long du filin.
Dessous moi le bleu immense s' arrête au sol d' un sable qui
semble infini. Mes palmes touchent terre dans de gestes lents
tels ceux d' un astronaute sur la lune, je suis seul sur ma dune.
Tête en l' air dans la mer, j' entend le glouglou des bulles fui-
rent de mon détendeur, il me déforme la bouche. Elles filent
comme des ronds d' argent à la verticale et crèvent la surface
d' huile d' une mer plate. Je vois la coque couleur sardine aux
reflets métallique projeter son ombre de vedette, froide sur
les fonds lisses tout prêt de moi. Les filles descendent en file
indienne, en cordée, gauches créatures de caoutchouc lestées
de leur lourdes bouteilles et ceinturées de plomb. La douleur
de mes tympans enfin s' estompe, le monde du silence veut bien
s' offrir à nous. Autour de moi, les sourires de Délia, Catherine
et Delphine s' affichent radieux au travers des carreaux brumeux
de leur masques siliconés. Elles remuent un vague nuage de sable
de leur palmes malhabiles, vite à l' horizontal la palanquée !
Nous nous mettons en ordre de marche. Bientôt le serpent de
mer à la peau néoprène que nous formons, glisse entre deux
eaux, quelques dizaines de centimètres au dessus d' un relief
nouveau. Apparaissant aux pieds du vert de grasses posidonies,
quelques rochers esquissent leurs arrêtes coupantes qu' esquivent
nos ventres caoutchouteux. Plus loin des anémones nous tendent
leurs bras mous, de vieux oursins se disputant un sable devenu
rare se piquent de nous avoir vu. Nous survolons de nos lents
mouvements, rythmés par nos bruyantes respirations, quelques
holothuries empêtrés dans leur bave blanche. Mais des gorgones
aux oranges bleus, nous font signe que nous y sommes, déjà.
Ici la nature sous marine végétale en fait des tonnes. Elle
s' étale généreuse sur un bras de lave au bord d' un tombant.
Pirouette nous y plongeons le cœur battant, le fond s' y perd
cent mètres plus bas dans un bleu nuit comme au fond d' un
puits. La profondeur mystérieuse boit la lumière de nos lampes,
fascinant. Encore plus bas que sous nos pieds palmant dans le
vide, peut être, un trop rare corail y pointe ses doigts rouges, non,
non, nous n' irons pas plus bas ! Surtout ne pas trop descendre,
nous nous y perdrions, en danger sous la pression nous y
mourront, nous pauvres créatures seulement tolérées au milieu
de l' immensité bleu méditerranéenne. Face à nos verres polis
nos yeux se repaissent des méandres des corps rouille de congres
mouvant bien séduisant. Délia repaire une murène la gueule sortie
de sa tanière semblant bailler sans trop de manières, attention à
sa nonchalance dangereuse. Un poulpe collant et heureux chatouille
Delphine d' une tentacule hasardeuse, elle le remet en place. L' heure
passe, nos sens en alerte, nos bouteilles se vident aussi vite que nos
yeux se remplissent, nos chairs se ramollissent. Le froid glace nos
sangs et nous envahis d' un azote dissous dans nos veines bleus.
Avant que l' ivresse nous emporte saoule le poids des eaux, il faut
remonter ! Lentement la haut chez nous.

Nos corps engourdies flottent désormais entre le léger ressac crémeux
d' une ile blanche et la poupe du bateau. Les marques de nos masques
soulignent nos traits fatigués, nos yeux globuleux roulent hilare sur
nos mines défaites et surplombent nos sourires niais. Au dessous de
la surface nos mains jointes tremblent froidement. On se répètent que
c' était beau, ça l' était, heureux souvenirs de plongée...
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