Giorgio le long voyage

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Avant de vous raconter cette histoire, je dois vous avertir: le bout de papier sur lequel est écrit ce bout de vie de Giorgio a parcouru bien du chemin; il fut rédigé dans un train, placé dans un sac, oublié dans un appartement en déménagement, jeté dans les ordure, retrouvé dans la rue. Lorsque j'en fus à nouveau en sa possession, l'écriture était parfois illisible, les traces et les tâches rendaient difficile la compréhension du texte. C'est pourquoi je prends plaisir à le restituer dans sa forme originelle, jusque dans sa fin... surprenante.

Dans l'avion qui devait le déposer à Montréal, le photographe Giorgio regardait son doigt. Plus précisément l'ongle et la dernière phallange de son majeur. Un panari déjà bien avancé gonflait tout autour. Le bruit sourd des réacteurs et le clapotis des gouttes d'eau sur la fenêtre perturbaient ses impressions. Son infection se propageait si rapidement qu'il aurait sûrement à se faire opérer avant l'atterrissage. C'était un coup à se faire évacuer de l'avion, se dit-il. Autour de lui, une ambiance comme avant un décollage de nuit. Certains étaient déjà en position de dormir, masque sur les yeux. D'autres attaquaient un casse-croûte. Une dame parlait à voix basse à un enfant le sien probablement, elle devait le rassurer ou le menacer de punition s'il n'était pas sage. La voisine de Giorgio était une dame vêtue d'un tailleur bleu foncé elle était prête à faire un discours ou à signer un contrat à tout moment. Giorgio sentait son pouls dans la peau rougie et gonflée de son doigt sans trouver cela désagréable. Sa voisine s'endormait. S'ils s'étaient un peu mieux connus ils pourraient dormir l'un contre l'autre et se blottir main dans la main. Et la bague qu'elle portait à la main gauche n'aurait pas été un problème le temps du vol. Sauf que son doigt chauffait et battait ses pulsations.

Les portes de l'avion s'étaient refermé, le décollage était maintenant imminent. Montreal serait bientôt là. Giorgio colla son écharpe contre la vitre et ferma les yeux.
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