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Giaccomo

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Giaccomo. Le petit mendiant frappa doucement à la porte de l’atelier, du maître, celui-ci esquissa un pas de danse, et un large sourire éclaira son visage. Léonard ouvrit la porte au petit Giaccomo, le fit entrer et comme à l’accoutumée, le fit assoir sur une stèle face aux miroirs et aux tentures, et là il appliqua son index sur la bouche de l’enfant pour qu’il ne dise mot. Il lui tendit un morceau de pain, du fromage frais de brebis, et une pomme ronde et rouge pleine de suc, qui faisait briller les yeux, du petit garçon. Puis Léonard toujours l’index sur la bouche imposa le silence au petit pâtre, et disparu derrière l’ épaisse tenture. Rassasié, Giaccomo se léchait le bout des doigts et prestement sauta au sol, et sur la pointe des pieds, cessant presque de respirer, il s’approcha à pas de loup vers le fond de la pièce, cachée par un drap blanc immense. Derrière posait une merveille absolue, et cette fois çi, il allait s’enhardir, entrouvrir les deux pans de l’etoffe de lin, maintenir sa respiration, bloquer ses petits poumons, il voulait voir, de ses yeux. Lui ! Le petit Giaccomo ! Le petit pâtre , le petit mendiant aux pieds nu. Lui, que le grand Léonard accueillait le soir tombé, pour lui offrir un repas frugal, mais qui remplissait son petit ventre vide. Il allait enfin entrouvrir les deux pans de l’étoffe et voir de ses yeux, ce que cachait le maître. La bouche bée, le petit garçon n’en croyait pas ses yeux, devant lui par la fente il observait le plus beau spectacle au monde. La bougie, vacillante, éclairait la partie de l’atélier non visible, cachée par des tentures, là, à l’abri des regards indiscrets, le maître peignait sur une toile, maniant des pinceaux qu’il imprégnait de couleurs. Le maître lui tournant le dos, il ne pouvait le voir. Alors Giaccomo, totalement médusé de la beauté qui imprégnait le lieu écarta un peu plus les draps tendus. Puis immobile comme tétanisé, son regard embué par l’émotion, il découvrait alors le secret le mieux gardé du maître. Soudainement, il s’éloigna et reparti dans la nuit rejoindre sa bergerie, le cœur dans les étoiles, il l’avait vu, lui le petit pâtre le le petit mendiant de Florence, il l’avait vu!!!Les soirs se succèdaient, Giaccomo, frappait doucement à la porte de bois, Léonard le maître lui ouvrait chaque soir et le même cérémonial avait lieu. Le petit pâtre perché sur la stèle, mangeait ce que Léonard lui avait mis de côté, puis le maître disparaissait de nouveau pour peindre la beauté irréelle qui face à lui prenait la pose. Un soir le petit garçon un peu plus sale que d’habitude, les cheveux bouclés pleins de paille offrit à la très belle dame un spectacle qui la fît sourire juste imperceptiblement. Oui la dame avait perçu le visage tout rond bouclé qui tous les soirs les scrutait en silence, Léonard le dos tourné ne voyait rien apparemment, mais c’est ce que Giaccomo croyait, en réalité le maître grâce aux miroirs qui ornait la pièce pouvait tout à fait observer ce qui se passait dans son dos pendant qu’il peignait, ainsi lui et la dame, totalement complices esquissaient ce sourire énigmatique lorsque la petite tête blonde apparaissait dans les pans de la tenture. Alors tous les trois à ce moment précis, l’une esquissant ce merveilleux sourire contenu pendant la pose, le maître, qui savait que la dame voyait le petit mendiant, et Giaccomo qui derrière le dos du maître pensait que lui seul pouvait par sa présence faire sourire la dame. Ce petit ignorant que le maître avait tout saisis de cette complicité entre la joconde et le petit pâtre il immortalisa le sourire de la madone. Un soir, la belle dame étant souffrante, elle ne vint pas poser pour le maître, qui n’avait pas encore fini son œuvre, alors Giaccomo se mit à pleurer son absence, mais le maître le fît assoir sur un tabouret près d’une grande table servant d’établi, et lui révéla que grâce aux jeux de miroirs il avait pu apercevoir son visage observant la belle dame, au travers des tentures, le petit garçon souriait et compris alors que le maître avait saisi sur la toile, le doux sourire de la joconde provoqué par Giaccomo. Toute la soirée, ils dessinèrent un plan, puis les soirs suivants, ils découpèrent cinq morceaux de bois puis cinq petits miroirs furent collés sur ces morceaux de bois au bout de trois soirées, l’enfant et le maître fixèrent des charnières minuscules pour relier entr’eux ces éléments ce qui une fois repliés tenaient dans la main de Giaccomo. Mais une fois déployées, cinq facettes de miroirs offraient une vision étendue de ce que l’enfant ne pouvait voir sans se retourner, très fière d’avoir Travaillé avec le maître, le petit pâtre pouvait désormais en déployant son miroir à cinq facettes observer les étoiles, la nuit tombée à la lueur de son feu de bois, et y surveiller les alentours afin de garder ses moutons en grande sécurité. Giaccomo serra très fort Léonard contre son cœur qui battait la chamade. Le petit pâtre grandit à l’ombre du maître chaque soir après le départ de la dame. Giaccomo reproduisait des machines reprenant l’idée du miroir pliant. Ainsi plusieurs ponts fabriqués par Giaccomo, évitèrent la noyade à des centaines de gens du peuple. Surtout par temps de gel, il était en bois articulé sur lui-même. une partie sur la berge et l’autre en face pour se rejoindre au milieu et passer le gué au sec. Cette invention se fraya un chemin parmi les siècles et toutes les armées l’utilisèrent. Et de nos jours, les stations spatiales se servent de ces panneaux rétractables du petit Giaccomo pour chauffer, renvoyer les images et augmenter les surfaces. Mais personne ne savait qui était le petit pâtre.

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Virgo34 · il y a
Un récit plein d'intérêt.
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Bernadette Lefebvre · il y a
Merci de votre appréciation virgo
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Firmin Kouadio · il y a
Votre texte est très beau, plaisant à l'ouïe quand on vous lit. J'aime !
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Bernadette Lefebvre · il y a
Que c est gentil Firmin ça me touche beaucoup
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RAC · il y a
Sympa ce petit Giaccomo avec 2 "C" ! Il est Corse ?! Une idée intéressante pour faire sourire inspirée des photographes portraitistes pour enfants peut-être ? A+
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Bernadette Lefebvre · il y a
Bonjour rac oui il est corse parceque si vous le dites c est que vous connaissez sûrement la nuance lol mais très honnêtement j ai dû faire une recherche pour bien l orthographier je ne voulais pas lui retirer cela, d autant qu après cette recherche je suis réellement tombée des nues, en apprenant sur le site youtube que Léonard avait bien eu une relation avec un jeune Giaccomo, je suis restée perplexe, allais je changer le prénom? j y ai songé , mais le texte était écrit , il sonnait a mes oreilles, donc je l ai gardé .Mais j' avoue , avoir fréquenté enfant des artistes indépendants, peintres sculpteurs et photographes , celà m a bien inspiré ,merci beaucoup beaucoup de votre sympathie pour Giaccomo a +
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RAC · il y a
Je vous en prie ! En italien il n'y qu'un C en général (l'accent est déjà sur la première syllabe donc pas besoin de doubler la consonne) comme Giacomo Casanova, d'où "mes allusions"...Si Leonardo notait ses plans et ses idées dans des petits carnets, l'a t-il fait pour lister ses conquêtes ? Si oui : où est ce fichu carnet ?! A+
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Bernadette Lefebvre · il y a
Hahaha effectivement il y avait bien une nuance et je l ai cherchée et ne me souvenais plus de cette règle d orthographe n ayant fait qu une année d italien alors oui je pense que vous avez raison il doit y avoir un carnet quelque part 🔭a +
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Michaël ARTVIC · il y a
Très instructif ! ;) bravo pour ce texte .
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Bernadette Lefebvre · il y a
Merci artvic je ne sais si c est instructif mais je me suis amusée vraiment avec ce jeu de miroirs ha ha merci de votre visite artvic
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Cathy Grejacz · il y a
Je n’avais pas lu pourtant c’est un p’aisir De vous découvrir
À bientôt peut-être sur ma page

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Bernadette Lefebvre · il y a
Merci Cathy je vais aller decouvrir votre page plaisir partagé
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Marie · il y a
Des idées fort intéressantes ! Bravo !
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Bernadette Lefebvre · il y a
Merci Marie
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Jean Calbrix · il y a
Un régal de lecture ! Bravo, Bernadette ! +5
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Bernadette Lefebvre · il y a
Haha vous me gâtez sincèrement jean je suis très heureuse que ce petit Giaccomo vous ai plût merci beaucoup
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Laurence Dhaussy · il y a
Bravo Bernadette.
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Bernadette Lefebvre · il y a
Merci Laurence ça me fait chaud au cœur🤗
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Zouzou · il y a
Original l'idée ' pour qui le sourire de la Joconde '....mes voix
Je concours avec ' À l'orée du futur' si vous aimez

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Bernadette Lefebvre · il y a
Merci zouzou je vais aller voir a l orée du futur ravie de faire votre connaissance
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Zouzou · il y a
Moi de même... Bernadette !
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Marc · il y a
Très beau conte Bernadette, très attachant. Vous avez su décrire l'émerveillement du petit Giacomo. J'adore votre explication du sourire de la Joconde. D'ailleurs, j'ai terminé votre texte en souriant ! Je rejoins Evaarya au sujet de la mise en page mais je comprend; il m'est arrivé la même chose.
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Bernadette Lefebvre · il y a
Je vous remercie infiniment vraiment ça me touche j' ecris comme je pense haha donc l idée est là et je vais trop vite je pense merci de vos avis ils sont importants pour moi merci marc