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Germaine PIVOINE pour vous servir (18ème épisode)

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Ted

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Les vaisseaux minotauriens s’écrasent au lieu programmé chaque semaine depuis des mois. L’idée de les réutiliser est venue de la Capitaine Myrtille.

Le Maréchal PETRIN :
— Cette idée m’impressionne Capitaine ! Vous pensez que mes hommes sauront les piloter ?
— Oui Maréchal ! La coque granitique de nos vaisseaux joue en notre faveur : seuls les vaisseaux du dessous sont hors d’usage. De plus, les cétacés que nous utilisons pour le pilotage automatique sont immortels. Le retour vers Minotauria est programmé dans leur mémoire. Il nous suffit de récupérer les vaisseaux du dessus pour rejoindre ma planète.
— Pourquoi rejoindrions-nous votre planète ?
— Faites preuve d’humanité Maréchal ! Trouvez-vous logique que nos vaisseaux s’écrasent ? Mon peuple est en danger ! Je le ressens au plus profond de mon être !
— Vous suppliez l’Humanité Capitaine ? Mes hommes seront en mesure de piloter vos vaisseaux si vous promettez d’assurer leur formation !
— Votre confiance m’honore Maréchal ! J’assurerai cette formation !

Sur Minotauria, la Capitaine PIVOINE compte ses troupes tout en observant les champs alentours. Les équipages des trois vaisseaux se sont rejoints au point de ralliement. Au loin, des milliers de vaches broutent avec un sourire béat. Elles s’observent avec ravissement comme pour se dire que l’herbe est bonne. Germaine reconnait parmi elles la professeure NOIRAUDE...

Germaine PIVOINE :
— OYEZ SOLDATS ! Dix d’entre vous doivent m’escorter vers ce champ situé en contre-bas du laboratoire Serbiez ! Qui est volontaire ? Personne ? J’m’en doutais ! Lieutenant DUPRES... je vous charge de désigner neuf volontaires !
— Neuf ? Vous n’en vouliez pas dix Capitaine ?
— Oui... dix au total sans me compter... et si je me compte on part à onze...
— Donc j’en désigne dix ?
— Vous l’faites exprès ? Bon... choisissez-en dix ! On ne sera pas trop de douze !

Claire NOIRAUDE est complètement nue. Elle broute au rythme de ses collaborateurs sans se soucier de l’arrivée de Germaine. Tout le monde est nu. Tout le monde rumine à quatre pattes.

Germaine :
— Professeure NOIRAUDE ? Que faites-vous nue dans ce champs je vous prie ?
— Meuh...
— Professeure ? S’il s’agit là d’une blague ayant pour but d’introduire un hommage planétaire à ma carrière : je m’empresse de vous dire qu’elle a assez duré ! Relevez-vous et lancez la cérémonie ! Au fait : avez-vous fait faire des baudruches géantes à mon effigie ?
— Meuh...

Le lieutenant DUPRES tente d’émettre une idée :
— Euh... on devrait peut-être utiliser le traducteur universel Capitaine.
— Vous admettez un peu trop vite l’idée que rien n’a été préparé pour fêter mon retour lieutenant !
— Vous pensez encore que c’est une blague ? Elle serait bougrement longue non ? Seul un traducteur universel pourra nous dire si nos sœurs tentent de vous taquiner avant le démarrage de cette fête qu’au demeurant vous méritez !
— Marquez ce jour d’une croix dans votre agenda lieutenant ! Vous venez de faire preuve d’intelligence !

Inutilisé depuis des années, le traducteur (mi-perroquet, mi-machine à diodes) ouvre un œil surpris.

Germaine :
— Au boulot fainéant ! Demande-lui son nom !

Le traducteur :
— Je ne reconnais pas ce langage ! Ce « meuh » ânonné ne signifie rien dans ma base de données ! Par contre... il me semble reconnaitre l’accent du coin ! Cette espèce bovine est d’ici ! C’est certain Capitaine !

Germaine :
— Je m’en doutais ! Vous imitez mal nos sœurs terriennes professeure NOIRAUDE ! Cessez ce jeu ridicule ! Vous êtes piégée ! Lâchons les baudruches géantes et faisons la fête !
— Meuh...

Germaine :
— Je crains que ce ne soit pas un jeu lieutenant DUPRES ! Rassemblez deux-cent volontaires et ne tergiversez pas avec ce chiffre ! Il en va de votre survie !

La colonne s’avance d’un pas cadencé vers le laboratoire. La vision des portes et des fenêtres ouvertes ne laisse plus aucune place au doute : ce centre de recherche est vide de toute âme. Il est vide comme le sont les villes alentour. Parcourant les villes, la colonne longe une terrasse de café. Un journal poussiéreux posé sur une table attire l’attention de Germaine : « L’ESPOIR RENAIT GRACE AU LABORATOIRE SERBIEZ ».

— COLONNE HALTE ! Lieutenant DUPRES ! Lisez-moi cet article ! Je ne peux pas lire les petites lettres sans mes lunettes...
— A vos ordres Capitaine ! « Le public était au rendez-vous. Comme à chaque fois, Patrick GRUAU a fait salle comble et des milliers de filles en pleur ont hurlé son prénom. Le chanteur a...
— Quel est le titre de cet article lieutenant ?
— « GRUAU EN CONCERT AU ZENITH »
— Je vous redonne le bon titre pour que vous ne commettiez pas l’irréparable : « L’ESPOIR RENAIT GRACE AU LABORATOIRE SERBIEZ ». Ne vous trompez plus ou je vous tue... c’est clair ?
— Humm... Très clair Capitaine ! « Les essais sont concluants. Après des années de recherche et des millions de cobayes prélevés au sein d’une espèce bovine primitive extraminotaurienne, les équipes du laboratoire Serbiez ont mis au point un vaccin. Le déclin démographique planétaire ne sera plus qu’un effroyable souvenir dans les années qui viennent. Une campagne de vaccination obligatoire vient d’être votée. Chaque minotaurien (qu’il soit adulte ou non) sera vacciné. Il en va de l’avenir de notre civilisation. Les naissances vont reprendre en masse grâce à ce nouveau vaccin ».
— Vous comprenez ce que cela veut dire lieutenant ?
— Oui... vous êtes presbyte... j’ai bon ?
— Vous êtes aussi bête que nos sœurs atteintes d’encéphalopathie spongiforme bovine ! Regardez-les brouter sans conscience ! Elles se comportent comme nos sœurs primitives terriennes ! Nos expéditions n’ont servi qu’à détruire notre civilisation ! Hormis vous : nous sommes les derniers représentants de l’espèce dominante minotaurienne !
— Pourquoi hormis moi Capitaine ?
— Pour rien lieutenant ! Rejoignons le point de ralliement. Nous sommes les derniers minotauriens et nous nous devons d’attaquer la Terre !

Deux épisodes avant de savoir qui survivra.
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Plume Le chat · il y a
J'adore l'idée des hybrides cyborgs, j'avais déjà remarqué une forme d'intelligence chez le pilote automatique, mais je ne l'avais pas vue chez le traducteur. Je dis ça parce qu'il ne semble pas y avoir de chats sur Minautoria, évidement... Je me demande bien à quelle sauce Germaine sera boulottée !
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Dolotarasse · il y a
Cela sent le roussi pour Germaine... à bientôt pour la suite.
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Ted · il y a
Tu sais quoi ?
Quand mon livre sera édité je te l'enverrai avec une super dédicace ;)
Le 19ème épisode est écrit. Je fais les dernières relectures ce soir
Ça sent le roussi pour germaine... hé hé Tu ne crois pas si bien dire O))

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