Germaine PIVOINE pour vous servir (17ème épisode)

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Écrire, c'est comme sculpter. Le thème de départ est la matière brute, viennent ensuite les efforts pour transformer cette matière. Notez toutefois qu'à la différence du sculpteu  [+]

Germaine a l’œil rivé sur son hublot.

Deux minutes avant impact.

Le bal quotidien des vaisseaux n’étant plus qu’une vulgaire rengaine sur Minotauria : son ultime retour passera peut-être inaperçu. Pour sa dernière mission d’exploration, elle imaginait sans y croire un accueil festif fait de soldats en uniforme pour l’acclamer et de baudruches géantes à son effigie pour l’honorer.

Une minute avant impact. Des formes apparaissent.

Ce que Germaine voit balaie ses espoirs de façon définitive. Des sœurs nues broutent l’herbe de la piste d’atterrissage en ignorant volontairement l’arrivée de son vaisseau. Il s’agit là d’une offense ultime ! Le signe d’un désintérêt total pour sa personne ! Elle souhaitait des soldats spartiates ayant l’arme à l’épaulette... elle n’aperçoit que des ouailles à quatre pattes mâchant des pâquerettes !

Trente secondes avant impact... les ouailles lèvent la tête mais ne courent pas. Germaine ferme les yeux pour ne pas voir l’horreur qui s’annonce.

Germaine :

— Lieutenant Julien DUPRES ! Au rapport !

— Présent Capitaine PIVOINE ! Vous me prenez au dépourvu... je n’y comprends rien ! Les enfants minotauriens apprennent avant de savoir marcher qu’il faut courir quand un vaisseau s’apprête à toucher le sol ! Ce suicide collectif est inexplicable !

— Ne cherchez pas d’excuses Lieutenant DUPRES ! Vous répondrez de vos actes en temps utile ! En attendant je vous ai demandé un rapport circonstancié ! Etes-vous à même de le pondre ? Mon rôle de Capitaine m’impose de remplir ce putain de carnet de bord !

— Cinquante-quatre victimes... heu... non ! Cinquante-cinq ! Une de nos sœurs terrienne vient de fermer les yeux sous mes yeux en criant « Meuheuh ! ». Le vaisseau est stabilisé. On peut débarquer mais l’usage de bottes est conseillé. Rapport circonstancié terminé !

— On s’est posés sur une zone marécageuse ?

— Non ! C’est juste rapport aux organes éparpillés.

Germaine à l’équipage :

— Soldats ! Notre retour sur Minotauria ne se passe pas comme nous l’avions prévu ! Le point de regroupement est indiqué sur vos tablettes tactiles ! Ne sortez pas sans arme !  

Ailleurs dans la galaxie et malgré les pronostics de Germaine, les vaisseaux de Myrtille et d’Yvette ont atterri sans encombre dans le jardin de Buckingham. Une délégation composée du Maréchal PETRIN et du Général SMITH (ce dernier ayant rempilé à la demande du G198) les y attend.

Le Capitaine SMITH interpelle le Maréchal PETRIN avant l’énième rencontre :

— Laissez-moi entamer le dialogue Maréchal PETRIN. Je connais ces peaux de vache mieux que quiconque ! Le G198 ne m’a réintégré que pour cette raison !

— Faites-donc Capitaine ! J’interviendrai si l’ennemi vous met en difficulté. Comptez sur moi !

Myrtille :

— Laisse-moi leur parler Yvette. Tu rattraperas le coup s’ils me mettent en difficulté.

Vaches bipèdes et délégation humaine se font face.

Le Général SMITH s’assoit dans l’herbe en expliquant discrètement au Maréchal PETRIN qu’il s’agit là d’une vieille coutume Minotaurienne. Myrtille chuchote à l’oreille d’Yvette : « S’agit-il d’une coutume terrienne ? Je ne vois pas l’intérêt de s’assoir dans l’herbe pour discuter ! ».

Le Général SMITH :

— Mesdames ! Nous sommes ici pour discuter de l’avenir de la galaxie. Vous nous avez informés de votre souhait d’obtenir l’asile politique avant d’atterrir et vous avez bien fait. Nous vous l’accorderons à deux conditions : premièrement vous reprenez les chargements de vaches malades et deuxièmement vous cessez l’extraction de granite. D’après nos calculs, le rythme des extractions sera préjudiciable à la Terre dans quelques années.

Myrtille :

— Nous ne maitrisons en aucune façon le rythme des extractions. Nos deux vaisseaux posés dans ce jardin ont fait sécession. En tant que militaire vous devez savoir ce que cela signifie !

— Oui Capitaine ! Cela signifie que vos vaisseaux ne pèsent rien face à l’armada minotaurienne !

— Nous joindrons nos forces aux vôtres Général SMITH ! Nous connaissons les tactiques de votre ennemi. Cette sécession devrait selon toute logique être synonyme de pain béni pour vous.

Le Maréchal PETRIN intervient :

— La vache ! Elle a raison Général ! Connaitre les plans de l’ennemi nous donnera une long... ah bordel !

Buckingham Palace vient de disparaitre sous les yeux effarés du Maréchal. Les vaches parquées dans le jardin meuglent comme pour l’avertir que d’autres destructions suivront. Les murs décimés laissent entrevoir une panique folle mêlant les vaches malades aux flammes. Le Maréchal pianote sur son smartphone : « Code 1354-MLF-XY-69 ! Je répète : code 1354-MLF-XY-69 ! Encerclez le jardin de Buckingham ! Aucune vache ne doit survivre ! Ni à quatre pattes, ni debout, ni en rampant ! L’ennemi nous attaque ! Emparez-vous des vaisseaux au sol ! Allo ? Quelqu’un m’entend ? »

— Message reçu Maréchal PETRIN. Nous éradiquerons le problème en appliquant le code.

— « Nous éradiquerons le problème » ? Je vous ai donné quel code ?

— Le code nucléaire Maréchal. Laissez-moi vous dire que vous êtes un grand Homme ! Votre sacrifice marquera l’Histoire de l’Humanité !

— Il y a erreur sur le code fiston ! Je voulais dire « Code 1254-MLF-XY-69 ». Contente-toi d’encercler le jardin ! On se charge d’immobiliser l’ennemi !

— Entendu Maréchal ! Je vous envoie trois cent cinquante mille hommes, vingt-cinq chars et dix avions de combat. C’est tout ce que j’ai sous la main pour l’instant !

— On s’en contentera fiston ! Dis à ta mère que je rentrerai tard ce soir !

— Oui papa.

Le Maréchal :

— Mesdames vous êtes aux arrêts ! Bombarder l’ennemi pendant une négociation de paix est un crime de guerre et vous serez jugées pour cette traitrise !

Myrtille :

— De quel bombardement parlez-vous Maréchal ? Regardez ces flammes qui s’éteignent : un putain de vaisseau minotaurien s’est écrasé sur votre palace ! Nos pilotes automatiques n’ont pas la réputation d’être suicidaires ! Je vous propose d’aller voir cette épave. Vous pourrez juger de la situation par vous-même.

Fin dans exactement trois épisodes.
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