2
min

Géniteur chéri

Image de Wiam

Wiam

3 lectures

0

Notre histoire commence en 1945 dans Wernigerode une des rares villes non affectées par la seconde guerre mondiale en Allemagne et où vit Amy notre personnage principal. Cette dernière désirant s’éclipser du monde décida de fuir avec sa mère la ville de Cologne laissant derrière elles un homme inconsolable de la fuite de sa femme.
Après la mort du Führer, les Allemands commencèrent à s’inquiéter du sort de leur pays qui autrefois était redouté mais qui devenait un amas de ruines et de chair humaine.
Toutefois, les habitants de Wernigerode vivaient leur deuil différemment. Certains pleuraient les âmes des défunts, d’autres vaquèrent à leurs occupations sans se soucier le moins du monde. Mais les rumeurs commençaient à se répandre facilement. L’une d’elles disait que la France désirant se débarrassait de tout descendant de Hitler décida d’entreprendre des tests sanguins à tous les habitants allemands. Le doute et la peur s’installèrent dans les cœurs des villageois. Tous étaient terrifiés à l’idée que l’un de leurs voisins faisait partie de la progéniture Hitlérienne. On ne faisait confiance à personne. Ce lien qui, les unissait autrefois les séparait désormais.
Un jour, en rentrant à la maison Amy vit sa mère accroupie sous une fenêtre versant toutes les larmes de son corps. Sa poitrine frêle, se soulevait sous l’effet des larmes et sa respiration était saccadée.
Alertée, Amy accourut, se laissa tomber à côté de sa génitrice et demanda :
« - Mère, qu’as-tu donc ?»
Cette dernière répondit en hoquetant :
« - Ma fille, j’ai un aveu à faire. Mon mari Paul, qui est resté à Cologne, n’est pas ton père biologique. On s’est marié après ta naissance.
Amy regardait sa mère d’un regard de dégout. Ne pouvant bouger ou placer un mot. Elle se maudit intérieurement de lui avoir posé la question.
Elle s’est toujours doutée que Paul n’était pas son vrai géniteur. Son manque de tact et d’affection était flagrant et l’avait toujours interpelé.
Amy entreprit de commenter mais sa mère la devança :
- Vingt ans de là, j’ai commis des fautes irréparables. C’était en 1924, le Führer a quitté la prison désirant plus que jamais s’emparer du pouvoir. Il s’asseyait tous les jours dans un café de Berlin où je travaillais. Il commandait toujours la même chose et demandait que moi seule le serve. J’étais subjuguée par son caractère autoritaire et par son regard qui ne laissait rien paraitre de ses émotions. Je commençai petit à petit à tomber amoureuse de ce personnage pas comme les autres. Des jours plus tard, il m’invita et à partir de ce jour-là nous commencions à se voir en secret. Malheureusement, ce qui dut arriver arriva, je découvris que j’étais enceinte. Je m’enfuis alors hors Berlin sans laisser de traces. Amy chérie, les voisins disent que les Français ont déjà commencé l’identification. Plusieurs personnes ont été éliminées. Enfuis-toi avant que ça ne soit trop tard et toute seule pour ne pas attirer les soupçons.
Amy était taraudée de questions sans réponses. Pourquoi Paul ne lui a jamais dévoilé l’identité de son vrai père ? Savait-il que c’était Hitler ; l’une des plus cruelles créatures que la Terre n’a jamais connu ?
Elle blêmissait à vue d’œil et son corps pale se refroidissait dangereusement.
Des coups de porte interrompirent ses pensées :
- C’est la police française. On vient pour l’identification. Ouvrez cette porte immédiatement
0

Vous aimerez aussi !

Du même thème

Du même thème

TRÈS TRÈS COURTS

M. Fratt, quarante-trois ans, cent kilos, un mètre soixante-cinq, habitant au 26, rue Köln à Berlin, maître pâtissier chez L’Ange Rouge, célèbre cabaret berlinois. Amoureux de Veronica, ...