GAULOISERIES...

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La science et la technique ont accompagné toute ma vie. Mais comment s’en évader parfois si ce n’est par l’écriture ? Raconter pour faire rêver, réfléchir, partager, laisser une petite  [+]

GAULOISERIES...
En ce temps là, les helvètes s’échinaient à élever leurs chèvres et cultiver leurs terres ingrates, tandis que l’hiver, ils se gelaient ferme au bord de leurs lacs glaciaux entre des montagnes qui l’étaient encore plus.
Il faut dire que ces pauvres celtes, qui n’avaient pas encore trouvé l’astuce consistant à s’enrichir en protégeant les sesterces de tous les voyous, les pirates, et les despotes de la planète, se mirent à rêver d’aller vivre ailleurs. Car comme chacun le sait, le champ du voisin est souvent plus attirant que celui que nos ancêtres nous ont légué. Un conteur célèbre l’a fort bien montré plus tard dans une fable célèbre.

Ainsi, profitant de leurs bons rapports avec leurs voisins les séquanes, ils leur demandèrent bien aimablement la permission de traverser leurs terres, afin d’aller voir plus à l’ouest, là où paraît-il « l’herbe est plus verte » et le vin bien meilleur. Ce qui fut facilement accordé et fêté comme il se doit, avec moultes décis* de fendant, qui sont spécialités helvètes et de saucisses fumées, qui sont spécialités séquanes.

Donc, un jour où il ne pleuvait pas, ce qui est assez rare en ces lieux, les helvètes décampèrent en direction du soleil couchant...

Or il se trouve que les voisins des séquanes, côté ouest, sont les éduens. Un autre peuple gaulois tellement favorisé par une nature généreuse, qu’il en profitait pour entretenir de juteux rapports commerciaux avec les romains. Ils étaient même, selon les écrits de l’époque, quasiment « cul et chemise » avec eux, comme on le dit encore de nos jours chez les séquanes. En effet, ces derniers aiment bien les expressions fleuries comme leurs prairies.

Les romains, « peuple fier et dominateur »**, originaires d’un pays du sud, et à l’époque très grands conquérants, vivaient dans leur province qui n’était ni plus ni moins qu’une colonie, dirait-on aujourd’hui. Cette vaste province s’étendait dans tout le sud d’un pays que pour plus de facilité nous appellerons France, bien qu’à l’époque personne ne l’appelait encore ainsi.

Les éduens, finalement assez inquiets pour leur fonds de commerce, comme le sont tous les boutiquiers, s’en allèrent trouver leurs amis les romains pour leur demander protection face à l’arrivée prochaine des helvètes.

Mais quand les séquanes virent arriver chez les éduens moultes légions romaines, commandées par leur chef, un certain Jules au profil d’aigle, ils prirent peur à leur tour et demandèrent protection à leurs voisins d’outre-Rhin commandés par leur fameux chef Arioviste qui rêvait depuis toujours de franchir ce fleuve. Il faut dire que le peuple germain (c’est ainsi qu’on l’appelait à l’époque) a ancré en lui cette impulsion périodique qui ne s’est guère apaisée par la suite.

Tandis que les autres peuples de ce pays celte qu’on appelait la Gaule observaient avec angoisse des armées étrangères s’implanter chez leurs voisins, un jeune chef Arverne nommé Vercingétorix se dit, « fouchtri fouchtra »***, que ces romains allaient finir par s’emparer progressivement de tout le pays. Et il décida de tenter de coaliser toutes les nations gauloises, ce qui n’était pas facile à l’époque, et qui le reste encore d’ailleurs aujourd’hui.

Mais comme chacun le sait, après la victoire de Gergovie, vint la défaite d’Alésia, et ce jeune chef admiré et courageux mais vaincu, mourut étranglé à Rome**** et toute la Gaule devint romaine.
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Moralité : Si l’on doit se défendre, mieux vaut ne compter que sur soi-même.

Ce texte est dédié à tous les chefs de nations africaines qui, faute d’assumer la paix et le bonheur de leurs peuples, appellent à leur secours des armées étrangères pour constater ensuite qu’ils ne sont plus les chefs de rien du tout.
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* Unité de volume étrange d’un vin blanc qui l’est encore plus.
** Phrase célèbre d’un certain de Gael qui était très grand, au sens propre et au sens figuré, et qui vécut beaucoup plus tard.
*** expression locale
**** Ils sont fous ces romains !
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