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Gare au gorille !

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Steph

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La pluie sous les arbres à Bornéo, se n' est pas comme ici.
Son monde est végétal, la dense foret est sa ville. Les im-
pacts des eaux du ciel tombant drue sur les cimes arbori-
coles emplissent mes oreilles. Hallebardes des cieux, l' eau
noie d' un bourdonnement de pluie telle une abeille perdue,
mon auditif conduit.
Entendez, écoutez la ! La pluie, encore, toujours la pluie !
J' aime son bruit elle me redresse les tifs, humides, noires
comme ses terribles prunelles, l' eau m' apaise à défaut de
me mettre à l' aise face à lui. Nous partageons le même toi,
le géant de la foret me toise, sur ma branche je glisse, dieu
me pisse dessus. Sonné par le hasard, émue de notre ren-
contre, hagard au regard de ses yeux fous, j' ai peur de sa
force physique que je devine divine. L' odeur de ses poils
gluant odorant le mâle me retourne les sens, ses muscles
exhalent phéromones et leur moiteur d' équateur simiesque
me trouble. Je prie pour qu' il ne m' arrive rien. Le colosse
ne bouge pas d' un pouce à quoi pense il ?
Au dernier étage les petites feuilles des bronchioles de
son arbre luisent d' une pluie si fine que les gouttelettes
qui en dégoulines semblent couler comme le robinet
d' une douche mal fermée. Elles suivent les plus minces
et hautes branches comme les veines d' un membre offrant
ses méandres de peau ridée d' éléphant. Les eaux enfant
de pluie se répandent, s' infiltrent, envahissent verdissant,
gonflant les mousses, stimulant les champignons, soulevant
les écorces buvard sous les chants des oiseaux bavards.
Il habite au rez de chaussé. Au dessus de ma tête les ner-
vures de grandes feuilles tropical font gouttières, leurs eaux
viennent détendre le cuir de mes sandales. Je croyait être
seule embrassant ce large tronc lorsqu' il m' est apparu
énorme. Lui le Colosse de la foret avec sa tête de molosse.
J' observe son immense corps. Sa poitrine de cuir velue et
luisant, ses bras aussi larges que long, son cou absent, son
ventre dur dominant. En si bonne compagnie il faut sa-
voir mâcher, c' est mieux en tête à tête avec dos argen-
tée. Je fais semblant de manger ma salade tropicale sur-
tout ne pas l' énerver. On s' est retrouvé tous les deux
tétanisés par notre rencontre, trop prés pour crier, trop
prés pour s' enfuir, alors je mange. Il me fixe de ses gros
yeux sombres que me veut il ? Au milieu de ce désert vert
je ne souhaite pas faire son dessert. Il est impressionnant,
ses lents mouvements de tête sans que je puisse échapper
à son regard cloué sous des arcades sourcilières, son nez
écrasé aux narines dégoulinantes.Vision de cauchemar ?
Il ne semble pas inamical, je dirais meme qu' il coule dans
sa physionomie, ses expressions une certaine sérénité.
Son sexe prodigieux recouvert d' un préservatif rose...
Oh mon dieu !
Réalité augmenté qu' elle connerie ! Putain de rêve évei-
llé ! Toutes elles rient de moi sur leurs écrans et tablettes
ou elles ont tout vu de mon rêve ! A table, à la cantine de
mon bahut, retour à ma triste réalité, dans mon école loin
de la foret. Elles crient sur moi, se moquent, j' arrache mes
lunettes 3D. S' en est finit de ma réputation de fille coin-
cée au lycée ! Moralité, si on ne se rappel plus de ses rê-
ves, c' est qu' il ne faut pas les partager !
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