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Fleurt avec la liberté

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Ha Yet

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PROLOGUE

Tu veux tout, Suzanne. Depuis que t'es gamine. Bébé, tu voulais déjà te promener sans tes Pampers et avoir quelqu'un sous la main pour te tendre le pot. Ton père avait bien raison. La liberté, il n'y a que la liberté qui t'intéresse.

Suzie restait toute la journée dans le grand appartement à attendre que Jonathan rentre du bureau. Depuis six mois, elle vivait au pays du sirop d'érable. Rencontré à Paris lors d'un forum sur la biodiversité, elle avait tout abandonné pour le suivre. La jeune femme avait une propension à tout sacrifier pour suivre l'homme qui lui volait son cœur. Elle se retrouvait souvent à court d'argent et sans toit au nom de l'amour.

Je me souviens encore du jour où tu as réclamé un petit frère et à sa naissance refusé de partager ta chambre avec Thomas.

Sauf qu'au milieu de la neige, Suzanne n'avait toujours pas d'autorisation de travail. Elle avait abandonné son poste au magasin, son appartement, ses amis, sa famille, sa ville, son pays et son salaire.

Tu voulais décrocher ton baccalauréat et en même temps sortir trois fois par semaine pour te rendre au ciné-club.

Depuis presqu'un an, elle dépendait de Jonathan : son argent, Montréal, le Canada, les Rougemonts, Rachel, Omar, René, Margaret et les deux heures et demie de trajet aller-retour de Jonathan vers sa société. Une éternité pour la jeune paloise.

Te souviens-tu de cette année où tu sortais avec ton comédien ? Quelle idée de vouloir adopter un bébé alors que tous les deux étiez en bonne santé pour en faire un par voie naturelle !

En métropole, personne ne comprenait pourquoi Suzanne déprimait autant. Elle n'osait plus se plaindre. Sur tous les réseaux sociaux, elle avait proclamé à qui voulait l'entendre que John était le bon.

Ton père n'oubliera jamais ce jour où tu as osé refusé un C.D.I. parce que ton lieu de travail se trouvait trop loin de la maison de ton banquier de fiancé.

Quand le facteur sonna à la porte de Suzanne et Jonathan Rougemont, la neige avait commencé de fondre. Comme chaque jour, Jonathan avait laissé un plateau-repas pour son épouse ne se levant maintenant que pour aller aux toilettes. Depuis six semaines, le jeune marié fréquentait Aline, rencontrée à un colloque sur la bioéthique. L'espoir d'un billet d'avion fit se lever la malade.


EPILOGUE

Ma chérie, j'ai bien reçu ta lettre. Je crois qu'il est temps pour toi de voler de tes propres ailes. Je ne t'enverrai rien cette fois. Ton père et moi regrettons de t'avoir fait la vie si douce. La réalité est cruelle. Tu es devenue dépendante de nous à n'en plus finir. Bonne chance.
Tes parents qui t'aiment.

PRIX

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Utilisateur désactivé · il y a
Votre texte est réussi : j'en ai aimé le fond et la forme et j'ai eu un réel plaisir à le lire.
Sur ma page, "le coq et l'oie" (poème-fable) si le cœur vous en dit.

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JACB · il y a
Si tous les parents malheureusement concernés...avaient ce courage...de faire pousser des ailes à leurs enfants et non de leur donner...Si...Si...Mon vote.
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Catalina Gimenez · il y a
Les enfants... Bêtes à chagrin... C'est ce que disait ma vieille amie Mathilde... Elle n'en a jamais voulu... Mon vote!
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Lange Rostre · il y a
Il y a des limites à tout quand même. Dans la vie, il faut se prendre en main. +1.
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Utilisateur désactivé · il y a
Voler de ses propres ailes encore faut-il qu'elle en ait!
Une structure très originale. Un vrai plaisir de lecture. Bravo!
Cecel

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Chris Artenzik · il y a
Au plaisir
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Pradoline · il y a
Surprotégé un enfant n'est pas lui rendre service. Une fois devenu adulte, il aura beaucoup de mal à s'imposer, à se responsabiliser, et à devenir indépendant. Beau texte autant par la forme que par le fond. Bravo, Ha Yet !
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Pascal · il y a
L'écriture est originale, le thème des parents sur protecteurs plus classiques. Mais l'histoire ainsi proposée est très agréable à lire. Mon vote.
Si le cœur vous en dit je vous invite à venir découvrir ma page. Merci.

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Christian Pluche · il y a
Construction du texte originale !
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Christian Pluche · il y a
Les parents veulent bien faire et puis...
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