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Flash mob

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Loustik65

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12H, le phoenix faisait sa roue, paon stellaire illuminant des ses rayons une campagne aux contrastes exarcébés. La bouffe sera bonne, les kids s'éclatent, le cleps aussi pendant qu'Amnios s'emmerde comme un rat mort. Week-end chez les parents, c'est pour les gosses because pour notre bonhomme de 40 printemps en plein été c'est plutôt un calvaire. Vu ses histoires actuelles il aurait préféré éviter les remarques, mais bon il est là. Rassasié de questions qui trouvent leurs réponses avant même qu'il n'ouvre la bouche, chacun ayant son avis, ses conseil et recommendations sur la chose. La chose en question c'est retrouver une âme sœur ,chacun trouvant que son célibat de divorcé n'avait que trop duré. Bornés dans leurs formatage social parents et cousins s'éfforçaient de le convaincre des nombreux avantages du partage de vies à deux. Aucun des protagonistes du lobbying de l'amour n'avait saisi que le papa des deux enfants qui venaient de renverser la carafe de vin sur la table avait décidé de prendre sa retraite niveau nana. Une porte fermée le cœur du garçon, grand comme celle de la prison de la santé. Inattaquable. Déjà saoûlé sans avoir pourtant bu une seule goute d'alcool, c'est la libération lorsqu'il entend sa mère pester sur l'absence de baguettes pour le déjeuner. Evidemment c'est encore la faute de son père qui comme d'habitude enquille les critiques avec une nonchalance et un je m'en foutisme exemplaire. Amnios se propose d'y aller histoire de prendre un grand bol d'air, et c'est en se dirigeant vers sa tuture adorée qu'il aperçoit la vielle mob de son paternel. Ni une ni deux, il ouvre le réservoir, check la sauce qui reste, la met sur béquille, pédale à donf et ouverture des gaz à fond les manettes. Rêpêtpêtpêt, dingue elle démarre du premier coup du haut de ses 40 balais le mémère, on fabriquait du top à l'époque ! Le voilà libre nez au vent, sans casque sans flic, sans parents ni cousins rejoignant ces routes qu'il affectionnait tant ado. Il roulait à 30 à l'heure max, pourtant il voyageait dans le temps, celui de son insouciante jeunesse. Tout lui parassait indisciblement splendide. Les fragances des champs de colza et leurs jaunes si denses lui faisaient penser à Van Gogh. Les parfums allaient et venaient dans ses narines jusqu'à lui rappeler celui de son premier flirt. Le vacarme de la mob l'ennivrait. « Un dimanche matin avec ma putain sur ma mobyletteeeeeeeeee, j'lui passait la main entre les deux seins direction quéquetteeeeee, tu les verras plus les poils de mon cul j'en ai fait de brosseeeeeeeeeeee à dix franc l'kilo c'est du bon boulot pour nourrir les gossesseeeeeeeeeeeeeees » chantait-il à tue-tête, mort de rire. Cette chanson de môme qui lui revenait en tête. Il se sentait bien. Tellement bien sur sa fidèle monture qu'il en oublia que les chemins ne mènent pas tous à rome mais aussi à un champ boueux fraîchement arrosé. Il venait de tirer un tout droit. Quand on conduit on se concentre.Maxime qu'avait oublié amnios qui plutôt que de tenter l'attaque d'un virage franchement trop serré avait décider d'abandonner sa fierté et de continuer tout droit dans le champs. Agrippé au guidon coûte que coûte il s'arrêta à 30 mètres de la route. La mob avait calé et resta plantée sur ses roues un subreptif instant. Bien trop court pour permettre à son pilote de s'en sortir sans dommage collatéral. S'en suivie une lamentable chute accompagnée d'un improbable ralenti à la western spaghetti, le tout dans une boue glissante et bien gluante. Le spagghetti en l'occurence c'était amnios. Après trois chutes et macculé de sa terre nourricière notre pilote ressemblait plus à un zombie qu'un humain,la boue masquant et déformant les traits de son visage. Il marchait vers la route d'étrange manière comme lorsque l'on déambulle tout habillé mais trempé jusqu'aux os par une généreuse averse. Il entendit une voiture s'approcher au loin et activa son pas histoire de solliciter un peu de solidarité humaine. Il secoua les bras pour se signaler, mais la manœuvre n'eût comme seule effet que de terrifier le véhicule peu habitué à croiser un auto-stoppeur mort vivant. L'effroi du conducteur fût tel que la bagnole termina sa chevauchée fantastique dans le même champs juste à côté de la mobylette. C'était en fait une conductrice. Paniquée elle s'extirpa de sa voiture, chuta elle aussi trois fois dans un bain de boue qu'elle aurait sans doute payé une fortune en institut de beauté. Là c'était gratos. Pourtant elle avait pas l'air de vouloir en profiter vu les injures qu'elle balançait à amnios. Lui la trouva belle dans sa colère. Il la calma s'excusa pour le désagrément et lui promis de prendre en charge le teinturier. La fille se laissa tomber dans ses bras et pleura, décompression nécessaire, besoin d'une épaule. C'est là que tout bascula, en se prenant dans les bras le toucher glissant emporta leurs mains sur des zones ou les courbes aussi vous emmènent dans le décor. Cette boue devenait sensuelle, les poussait à s'étreindre, à se caresser, à se serrer la chair encore et encore sans qu'ils ne comprennent d'ou venait cet émoi. Ils gommèrent la boue de leurs visages chacun pour l'autre. Les yeux d'abord, puis la bouche et s'embrassèrent goûlument. Terre et salives entremêlées, Amnios comprenait alors qu'il n'aurait plus jamais de remarques à table.
Sa retraite de l'amour venait de prendre fin.

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Loustik65 · il y a
DESOLE POUR LE NOMBREUSES FAUTES A TOUS LES LECTEURS QUI PASSENT ICI...............................PAS DE RELECTURE...SIC
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Loustik65 · il y a
oh merci pour ce super com, très pertinent et helpful ! le titre ... pareil mais trop speed mis en ligne à la denière minute et écrit en 2 heures ( kids très collants ce jour là !!) et en plus bourré de fautes sic et re sic la hooooooooonte :) (j'coyais que ça finissais à 14H en fait j'avais 14 minutes de rab. Merci vraiment de ce long com très encourageant, je te lis d'ici jeudi le printemps des poètes commence demain je vais essayer de m'y coller...encore merci pour tous ces détails je vais acheter du mélange et je passe voir ta mob' :)
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Shawness Youngshkine · il y a
Je vote car la fluidité est là et la franche bonne humeur aussi. Il ne manque pas grand-chose, du temps sans doute car faire rire requiert un timing impitoyable en enlevant toutes les "scories, des facilités" dont tu n'as pas besoin qui distraient le lecteur (j'ai dû relire car larguée en cours de route, mais la fluidité m'a convaincue que ça valait la peine de me "reconcentrer" - pas de ta faute, au bout de plusieurs TTC lus à la chaîne, certains textes ont intérêt à "accrocher" pour que je ne "zappe" pas :) Ton style est sympa, effectivement léger sans naïveté ni superficialité (enfin là je devine...) à priori. Tiens-le, trouve l'inspiration pour de chouettes histoires, et tout le reste se justifiera tout seul, mais ce n'est que mon impression (humeur) du jour. A+ (ma mob à moi est garée quelque part si t'as envie de lui accorder un regard de curiosité, un de ces jours, mois, années... Si tu veux passer me chercher sur FB tu es bienvenu. Bon je ne kiffe pas le titre - c'est celui que j'ai failli prendre et je n'étais pas fière, mais peu de gens pour la Matinale ont vraiment peaufiné le leur, alors... Mais je le dis, ça fait partie du texte pour moi.
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Loustik65 · il y a
merci aux gentils qui ont voté pour moi !!
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