Finalement, mon amour, tu es là.

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Ce matin, tu es parti. La porte s'est ouverte et puis, plus personne. Rien.

Chaque chose que tu as laissée, oubliée, derrière toi me rappelle ton existence, notre vie ensemble.

Je suis obligé de partir de la maison pour laisser de côté ces rappels que sont chaque objet touché, chaque pièce visitée par toi.
Tu m'as demandé si je t'aimais. Je ne t'ai rien répondu ou si mal. Le résultat navrant de tout cela, c'est notre décision. Un ultime point à notre histoire qui avait eu tant de mal à commencer et qui se finit avec une facilité déconcertante. Presque un soulagement. Tant de souffrances blessantes pour aboutir au vide sentimental d'aujourd'hui. Un petit tour et tout s'en va.

Tu ne reviendras pas. Tu me l'as dit.

Alors je suis obligé de partir de chez moi. Courir les rues, voir du monde, m'ouvrir aux autres et à ces personnes que je n'aime déjà pas. Et puis quand le jour aura cessé, que la nuit envahira chaque espace, jusqu'à mes yeux, je rejoindrai, par obligation, cette maison où nous avions vécu.
Comment faire pour ne pas prendre le chemin des vieux démons ? Quelle force reste-t-il en moi pour surpasser ces instants - j'espère qu'ils passeront vite - et que d'autres m'enivreront à nouveau avec la passion amoureuse que nous avions ressentie au début ?
Il faut faire du tri, dans ces lieux, dans nos têtes. C'est comme ça. La vie n'est pas injuste, elle est juste prévisible.
J'ai appelé nos amis et leur ai dit tout. Ils ont été surpris. Après des paroles rassurantes de circonstance, je m'attends à leurs absences aussi.

Tout est de ma faute. Ce vide est mien.

J'avais commencé par jouer l'homme jaloux. Je n'étais pas heureux et je te l'ai dit. La solution était trouvée depuis longtemps. Elle se trouvait dans un coin de ma tête. Et ce matin, après une dernière nuit tendre, c'est sorti. A l'évidence, il fallait se quitter. Tu l'as convenu aussi. Je te disais tout, t'expliquais chaque élément qui concluait à cette issue.
Mais, maintenant, je veux dormir dans nos draps, les respirer. Profiter encore de ta présence odorante. Tu n'es plus et pourtant, je continue de m'enlacer avec ce qu'il me reste de ton souvenir.

Finalement, mon amour, tu es là. Toujours. Laisse-moi pleurer et penser que nous sommes encore des amants réunis.
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