Fêter la fin du confinement

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J'ai toujours écrit, plus ou moins, des poèmes principalement, et puis l'âge venant j'ai essayé d'autres formes d'écritures. J'ai eu le bonheur de publier deux livres, après avoir découvert  [+]

La tête à l'envers, voilà comment il se sentait assis au bord du lit. D'aucuns auraient même dit la tête dans le cul. C'était ce foutu vin blanc sec qui lui faisait son cerveau comme une serpillière ce matin, pensa-t-il.
Hier soir, il se souvenait à peine d'être rentré en crabe, en rasant les murs, même qu'en passant devant la station-service, il avait vu un petit mec en combinaison argenté descendu de sa soucoupe et qui gazouillait devant la pompe à essence. Comme elle ne lui répondait pas, le petit mec s'énervait, mais la pompe restait très digne. Les étrangers, avait-il pensé alors, manquent de pratique et de patience. Tout le monde sait aujourd'hui qu'une pompe à essence ne parle que si on glisse une carte de crédit dans la fente ad hoc.
Il a la bouche sèche comme si on lui avait fourré tout un rouleau de salopin entre les dents. En plus, il a pris froid et sa gorge lui fait l'effet d'une éponge grattante. Il renifle deux longues morves comme des spaghettis qui maintenant lui encombrent les fosses nasales. Dans son brouillard matinal, il avise un rouleau de PQ sur la table de nuit. Un papier tout ce qu'il y a d'ordinaire. Le doux, le moelleux a disparu depuis des lustres des super marchés, reste que du recyclé. Du recyclé ?...
« Tiens, se dit-il, qu'est-ce qu'il fout là ? » puis il prend trois feuilles et se mouche bruyamment en se promettant de jeter le tout dans un sac poubelle quand il en rencontrerait un.
Il lui revient des réminiscences lointaines de la soirée d'hier : « Fêter la fin du confinement » lui avait annoncé les potes. Mais qu'est ce qui avait bien pu déconner ? Pourquoi la soirée avait tourné au délire ? Ça lui revenait petit à petit, le punch au kiwi et aux nectarines et autres fruits de saison pris au hasard, tout ça dans ce foutu vin blanc. Il n'y avait que du vin blanc dans la maison, rapport à la pénurie, tout le vin rouge avait disparu des rayons. Restait plus que du vin blanc et des sucettes à glacer au goût de paprika. Des sucettes glacées, je vous demande un peu !
Putain de confinement, on se croirait sous l'occupation.
Il renversa deux, trois choses avant d'atteindre la cafetière dans la cuisine, passa dix minutes à fouiller avant de mettre la main sur le café « Le Merveilleux » made in Pont Croix et que sa femme conservait précieusement dans une boite en fer. Saleté de boite ! Comment s'ouvrait cette saloperie ? Il s'énervait à tenter d'ouvrir cette fichue boite en fer, se retournant un ongle, pestant et grimaçant avant que tout à coup le couvercle ne jaillisse et que la poudre brune se répande dans toute la cuisine.
C'est au milieu de ce désastre que sa femme le trouva, en caleçon. Il avait un sourire niais au coin des lèvres tout en se grattant les couilles.
Vive le monde d'après !
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