Fées et contre-fées

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Comme les graines pour les oiseaux, il doit y avoir des graines pour fées ou une liqueur... ou une odeur... ? Je ne sais plus, je vais chercher dans mon souvenir.
Alors voilà. Me disait ma nourrice (paix à son âme !), il faut deux brins de salsepareille, une clochette de muguet bien fraîche dans cinq gouttes d'essence de rose (pour plusieurs fées, on peut multiplier les proportions). Mélanger sans violence et exposer trois semaines au soleil dans un flacon bien bouché.
Pour l'utilisation, déposer quelques gouttes dans une petite soucoupe sur l'appui d'une fenêtre exposée au sud-est (pour les fées matinales) ou sud-ouest (pour celles du soir). On peut rajouter quelques grains de coriandre (pas moulus mais écrasés pour la fragrance) et un ou deux pistils de safran (certaines fées en sont friandes). L'essence de rose provoque une légère ivresse qui permet d'apprivoiser la fée plus facilement. Après, c'est affaire de tempérament : certaines sont volages, d'autres, surtout celles aimant le safran, s'attachent plus facilement. On en connaît qui se sont attachées à la maison pour des décennies, mais il faut bien les choisir car il y a de tout dans ce petit monde !
Je dois dire encore quelques mots, au sujet des fées, des saisons et de leur tempérament.
Il y a donc les fées de printemps, primesautières et mutines avec une tendance à la disparition soudaine. L'été, elles s'endorment à tout bout de champ et apparaissent nonchalantes mais celles d'automne seraient plus vives et gracieuses ; elles s'attachent aisément, au moins jusqu'au printemps suivant. Enfin les fées d'hiver sont très diverses, plutôt fugaces quoique certaines s’installent pour longtemps, mais on en parle beaucoup et elles suscitent rumeurs et commentaires variés qui peuvent aller jusqu'à la passion ! On peut rajouter quelques grains de "camera officinalis" pour stabiliser leur fréquentation. Il y faut cependant du doigté car certaines ne le supportent pas soit par pudeur et timidité, soit par crainte de ne pas apparaître à leur avantage. Ce dernier sentiment paraît de plus en plus partagé et donne lieu à des discussions parfois sévères pour obtenir que le souvenir des fées d’hiver ne se perde pas trop vite. D’aucuns en font des collections qu’ils appellent des journaux, et même des collections de journaux où l’on peut retrouver des fées d’hiver très anciennes qui nous remplissent de nostalgie. Ils font partie de la classe des journalistes mais leur fréquentation, quoique utile, nous éloigne du commerce naturel que l’on peut avoir avec les fées, où l’essence de rose et des yeux d’enfant prédominent.
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