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<< Fanta>> : Épisode 3: Chez le notaire

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Convenablement, le vendredi suivant à la descente des cours, Fanta et Hawa se rendirent directement chez le notaire.

Une vraie villa qu'occupait la famille de monsieur Virgile. La maison est joliment dressée dans les hautes herbes, juste à la sortie de la contrée.

Chez ce notaire, tout paraissait admirable. Premièrement, nous admirons à droite le garage qui était fait pour une seule voiture du maître. La propriété qui se dressait à gauche de tout ça, comportait au moins quatre pièces. Elle offrait un drôle d'accueil.

Dans le salon, on apercevait M.Virgile qui siégeait un grand fauteuil, classé derrière un bureau. L'emplacement tout entier semblait daté de plusieurs décennies. Avec ses mâchoires carrées, sa moustache épaisse et ses paupières abondantes, il ressemblait typiquement à un vrai homme d'État. Des lunettes -0,25, dissimulaient souvent sa colère.

Tout en lisant soigneusement dans les documents se trouvant sur le bureau, M.Virgile ne prêtait guère attention aux va-et-vient de différents membres de sa famille à travers la véranda.

Cette même pièce comportait encore en dehors du grand bureau, cinq fauteuils qui sont centrés par une petite table ronde où y avait un canapé très éblouissant. Juste à droite de cet ornement, s'étendaient la table à manger et un poste téléviseur, ça divulguait les dernières informations.

Soudain la bonne de la maison commençait à étaler convenablement les plats sur cette même table. À l'autre extrémité du couloir, Madame Virgile faisait son entrée. Une grande dame, aux lèvres généreuses, elle portait un complet de pagne très neuf.

— Depuis combien de temps es-tu parmi ces papiers? Demanda-t-elle ouvertement.
— Oh, je ne sais point, fit M.Virgile du bout des lèvres. Allez, Mettons-nous à table à présent...
— C'est ça avant que le déjeuner ne se refroidisse... Mais on ne va pas qu'à même jaffer sans les enfants... Où peuvent-ils bien être ?
— Je crois réellement qu'ils sont dans la chambre, avec Fanta aussi, la fille à Marie.

Sur ces mots, Leyla ordonna la bonne Odile d'aller les appeler. Une fois que toute la famille du notaire fût réunie, il prit la parole et grommela à sa fille Hawa.

— N'as-tu pas des choses à me masquer par hasard, mon enfant? Aussi incensés que vous êtes, les tout petits.
— Mais, papa de quoi parles-tu ?

Tout en soulevant un peu ses lunettes, M.Virgile continua ainsi:

— Je vous comprends la jeunesse, quand vous voulez posséder la moindre des choses, vous ferez du n'importe quoi...du moment où vous êtes aveugles sur ce point...
— Tu vois mon chéri, l'interrompait Leyla, cesse de troubler ma petite Hawa...tu devrais au contraire l'encourager et l'entourer d'affection, afin qu'elle puisse s'épanouir socialement.

De l'autre côté de la table, tout principalement en face du notaire, Fanta dégustait silencieusement tout en écoutant les propos de l'un et de l'autre, point par point.

— Je dois rentrer à la piaule lâcha-t-elle à Hawa, à mi-voix.
— Mais, bon sang! Fit M.Virgile, qu'est-ce que vous manigancez toutes les deux, hein?
— Mais, pourquoi donc? Fit Leyla en détachant son foulard.
— Je crois devoir vous interdire dorénavant d'aller au ciné, y a un adage qui dit« dis-moi où tu vas, je te dirai d'où tu viens.»
— Ce n'est pas là, la bonne solution, intervînt toujours sa femme Leyla.
— Et bien, ainsi va la vie, vivez-la sous différentes formes qu'elle se présente...
— Bravo! Tu commences enfin à raisonner...
— Je dois rentrer, fit Fanta, mon père déteste que je m'absente quand il descend de son salon de coiffure.
— Tu peux partir ma bonne fille, intervînt M.Virgile, fais vite car il est déjà 15h00...
— Assieds-toi ma fille, fit Leyla en sirotant son jus. Quand tu auras fini, ton tonton te raccompagnera en voiture.

Après ce dur moment de tension, naissait un grand silence, comme si une bombe venait d'exploser, on se croyait dans les films dramatiques.
Vers 16h00, M.Virgile se releva, alluma d'abord une cigarette, il en fit quelques gaffes avant de l'éteindre dans un cendrier qui était débordé de mégots.

Fanta, la généreuse fille n'a même pas pu dire au revoir à sa frangine qui l'observait s'enfuir avec son père mélancoliquement.

Arrivée chez elle, Fanta trouva un vieillard à la barbe déjà blanchie qui s'entretenait avec Daclado. Cette brusque entrée de la jeune fille, interrompait tout d'un coup le débat confidentiel des deux hommes.

L'un voudrait coûte que coûte possèder un objet précieux. Par contre, l'autre veut réagir à tout prix, au bon moment et le plutôt possible.
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