Fanatisme biblique

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Aventurière des temps modernes, professeur de Mathématiques, mère de douze enfants, je les ai scolarisés à domicile jusqu'en terminale. Ils se sont éparpillés, certains sont mariés, et ont  [+]

Isaac suivait Abraham sur le sentier de la montagne.
-Père, depuis hier, tu as changé. Je sais que par respect, je ne dois pas t’interroger, tu décides toi seul ce que je peux connaître, mais, s’il te plaît, réponds-moi pourtant :
Dis-moi la raison de ce sacrifice imprévu ?
Dis-moi pourquoi ton corps se voûte et tes yeux se ternissent d’une
telle tristesse.
Tu sembles fier, pourtant, je sais que tu n’as pas péché : Tu vas vers le Seigneur sans crainte, je le vois, mais si sombre, pourquoi ?
- Tu as raison, mon fils, moi seul décide quels secrets partager.
Tais-toi, je le veux. Là-haut, tu comprendras.

Isaac pâlit, serra les poings et soupira, mais docile, obéit. Oppressé,
il respirait amplement, mais gardait le silence. Tous deux, lentement, gravissaient la pente rude du chemin sinueux.
Quand enfin ils parvinrent au sommet, le père se saisit de l’enfant, le plaqua sur une large pierre blanche.
-Père, es-tu fou ! Père que fais-tu ?
-Je t’offre, enfant, à Dieu qui me l’a ordonné
-Père, père, avant de planter le couteau dans le cœur de ton fils, réfléchis. Ton Dieu est le vrai, disais-tu, les autres, mauvais et méchants, veulent qu’on sacrifie des hommes à leur plaisir, à leur folie. Et tu crois que Yahvé, comme tous ces faux Dieux, veut que tu m’assassines, que tu brises ses lois, trahissant l’amour de ton fils ?
Père, tu te trompes, je veux vivre, aime-moi ! Ne plonge pas dans mon
cœur ce fer puissant, j’ai peur ! Tu plaisantes, dis-moi, tu testes ma
confiance et mon obéissance ? Ce jeu me blesse trop, abaisse cette épée
qui me menace !
-Non, mon fils, je t’offre en sacrifice.

Un ange vint, saisit la main levée d’Abraham
-C’est fini, Dieu connaît désormais ton âme à lui soumise. Laisse Isaac
en vie, et tue la chèvre qui broute près d’ici.
Abraham a répandu le sang de la bête. Il remercie haut son Dieu, et revient sur ses pas, l’âme en paix.
Mais son fils Isaac clame en son esprit : Mon père m’a tué ! Un rêve d’une nuit a suffi pour que l’amour s’envole !
D’une petite voix, il dit :
-Père, travaillant et peinant, nous payons chaque jour le choix d’Eve et d’Adam, nous savons où réside le bien, et où se situe le mal. Tu dois agir en responsable. Fier d’avoir condamné à mort ton fils innocent, tu ne comprends pas même que Dieu est en colère ? Oh, père, celui qui devait me protéger m’a tué. Je vis encore, certes, mais mon âme toujours restera malade, triste et méfiante. Dieu fasse qu’en son nom jamais
plus crime ne soit commis !
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Tess Benedict · il y a
La parabole est redevenue très actuelle... Bravo pour cette reconstitution en style biblique!