expulsion

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Ouvrez mes livres, secouez les, il en tombera des poussières. Aux rayons du soleil de vos yeux elles dessineront mes colères et mes voeux. De moi à vous de vous à moi pour un plaisir fou  [+]

Ici il faut faire sa place. L’espace est minimum. Les parois sont si rapprochées que le corps est au contact partout. Il y a des tuyaux qui trainent et flottent dans un liquide opalin. On ne sait où est le haut, ni comment s’appuyer sur le bas.
Ça pulse. Un battement sourd comme celui d’un tambour fait vibrer tout ce qui m’entoure. Ce n’est pas désagréable, ça rythme l’existence, calme les angoisses.
Tout l’univers baigne dans une couleur rouge, lumineuse, profonde. Les bruits sont étouffés. Les aigus sont arrondis, les graves amicaux.
La nourriture n’est pas un problème. Elle arrive régulièrement et directement dans le ventre. Il n’y a pas à mâcher, ni à avaler.
Tout balance doucement. On resterait bien une éternité dans ce paradis.

C’est l’heure.
On te presse de sortir. Tu dois trouver le chemin vers un autre monde, vers un univers inconnu et dangereux.
Les contacts se font plus fréquents. On te pousse ; tu sens qu’on voudrait te retourner. Les parois te transmettent des pressions insupportables.
Il va falloir s’échapper. Tu tâtes du pied ; tu explores ; tu pivotes. Le tuyau s’enroule autour de ton cou. Il te menace. D’un coup de rein tu te dégages.
Là, il y a une cavité. Tu y pousses ta tête. Ça serre ! Comme ça serre ! Passer devient d’une urgence folle. Dehors du froid, du vent.
Rester là, au chaud, tranquille. Sortir, cela n’en vaut pas la chandelle !
Les parois se rapprochent. Elles te pressent, te poussent, te supplient de bouger, d’avancer.
C’est décidé, tu y vas. Elargir le passage, pousser de toutes tes forces contre la pression qui s’exerce sur ton crâne.
La lumière vire au bleu. Les sons se font plus aigus. Dehors ça s’agite. Ferme les yeux la bouche et les oreilles, retiens ton souffle. On t’aide, on te tire de ce passage infernal.
Horreur ! Qu’il fait froid. Des cris insupportables. Puis des chants, des mains qui t’entourent, des éclairs lumineux.

Enfin ! La tête en bas. Que vas t’il m’arriver ? On me tape on m’essuye. J’ouvre la bouche, je respire. La poitrine me brûle. Je crie d’effroi. Je respire encore ; ça m’inonde le corps.
Je bouge. Je crie. Je suis léger.
Je vis !!!!!!!

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Georges Brun · il y a
je suis de ton avis: il faut repartir à zéro!