« Exclusion » ou « fausse intégration »

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Ces textes datent de bien longtemps, j’écrivais encore sur du papier, pour vous dire ! J’avais l’habitude de commencer mes textes en haut à gauche de la feuille et de les finir en bas à  [+]

Ils étaient toute une bande de potes, ils avaient passé leur enfance ensemble, ils avaient fait les quatre cents coups ensemble. Ils étaient comme frères, se serraient les coudes en toute situation, l’un toujours là pour l’autre, mais joyeux, insouciants.

Moi, j’étais là aussi, juste parce qu’ils m’avaient accepté, je les suivais, les imitais.

Ils fumaient tellement, buvaient si souvent, se droguaient en n’importe quelle circonstance qu’on les voyait souvent au milieu d’une fumée épaisse, de canettes vides, entourés de petits sachets ayant contenu quelque substance illicite. On pouvait être sûr de les trouver faussement heureux, innocents ou inconscients du danger.

Moi, j’étais là aussi, juste parce qu’ils m’avaient accepté, je les suivais, les imitais.

Ils étaient allés sur le pont, pour pisser dans le fleuve. Ils étaient bourrés. Comme d’habitude. Ils jouaient à qui pisserait le plus loin, un sourire sur chaque visage. Le gagnant devrait deux fois traverser le pont, à poil.

Moi, j’étais là aussi, juste parce qu’ils m’avaient accepté, je les suivais, les imitais.

Et puis ils s’approchaient de plus en plus pour gagner et faisaient semblant de se pousser, et riaient bêtement. Mais l’un d’eux est tombé : le calme s’est instauré un instant puis sa tête réapparut et ils rirent tous aux éclats avant de sauter à leur tour.

Moi, j’étais là aussi, juste parce qu’ils m’avaient accepté, je les suivais, les imitais.

Ils furent grisés par ce saut dans le vide et commencèrent à jouer dans l’eau, se donner des coups, se couler, ils étaient libres.

Moi, je n’étais plus là, même s’ils m’avaient accepté, juste parce qu’ils m’avaient oublié. Je les avais suivis, les avais imités. Et à présent, je sombrais au fond du fleuve.

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Jacqueline Hardy-Jamil · il y a
l'histoire des moutons de panurge très joliment revisitée :-) et j'ai bien aimé ce refrain et la façon dont il sert la chute finale :-)

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