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Evasion

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Gwen Lebrun

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Cela fait quelques jours que je marche. Les courbatures dans mes muscles tiraillent mon corps à chaque pas. Mais je ne vais pas m‘arrêter maintenant, pas si près du but. sac commence à me peser, je courbe le dos à tel point que je semble toucher terre. Je marche d’un pas lent. Le soleil est à son point culminant, mais nous sommes en automne, la brise est légère, elle balaie mes mèches rebelles. la lumière donne des reflets or aux arbres qui n’ont pas perdus leurs feuilles. Je bute sur quelques pierres qui roulent sous mes chaussures. J’ai des ampoules pleins les pieds, elles me brulent. Nombreuses fois je me suis demandé pourquoi je continuais pourquoi je ne rebroussais pas chemin, et je me rappelais tous les ennuis de la ville, tous ces gens qui me tuaient chaque jour. Même si mon corps souffre, je suis beaucoup plus au calme dans cette foret que dans toute ma vie. Je continue de marcher. Bercer par le vent qui joue dans les feuilles. Un ruisseau sépare la foret. Le courant semble fort, assez pour emmener des galets dans sa route. L’autre rive semble assez loin et je n’arrive pas à définir la profondeur de l’eau. Je décide de contourner le ruisseau en aval pour trouver un endroit plus praticable. Cela va me rajouter quelques kilomètres mais je préfère ça à la noyade. Le sol est glissant, le temps est devenue plus humide le soleil à disparut. Plus j’avance et plus le courant s’intensifie. Comment je vais faire pour le passer. Et si c’était un signe pour moi de la fin de ce voyage ? Et si cela signifiait que je devais arrêter tout ici et repartir ?Non, hors de question. J’arrive à un endroit ou le rivage est à quelques mètres et l’eau est assez limpide pour que j’en distingue le fond. Je passerais ici. Je retire mes chaussures, elles seront trop longues à sécher. Je retire mon blouson et mets le tout dans mon sac à dos, je le porterais sur ma tête. Le vent souffle beaucoup plus. Je rentre un pied dans l’eau puis le ressort aussitôt. Mon dieu que c’est froid. Je sers les dents et commence à rentrer le pied complet dans l’eau. Un bruit guttural s’échappe de ma gorge. Je rentre l’autre pied. Mes dents se mettent à claquer. Mais j’avance, un pas après l’autre. Je passe la poitrine sous l’eau. Sa fraicheur me coupe le souffle. Mes pieds sont engourdis, mais j’arrive encore à sentir les pierres. Je continue, le courant me projette et me fait parfois glisser. Une bourrasque de vent me percute, me fait trébucher et je tombe dans le ruisseau. J’agrippe mon sac de toutes mes forces J’essaie de sortir la tête de l’eau mais je ne suis pas assez forte, le courant m’emporte. Je vois une branche et m’en sert pour m’y accrocher. Je me relève tant bien que mal, mon sac pend à mon bras. Je ressors sur l’autre rive, à bout de souffle et gelée. Vite, il faut que je me réchauffe. Une tempête se lève, le vent est de plus en plus menaçant. Il faut que je fasse un feu, que je trouve un abri. Je remets mes chaussures, elles sont trempées mais mes pieds commencent à devenir bleus. Je mets mon sac sur mon dos et avance. Le soleil qui illuminait ma route se transforme en ombre grise qui me masque le chemin. Je continue, il faut que je trouve un abri ou je vais y rester. Trouver n’importe quoi, un terrier, une cabane. Je dis n‘importe quoi, je suis loins du moindre signe d’habitation. Je grelotte de plus en plus. Je ne sens presque plus mes mains. C’est ici que je vais finir. Ici que je vais mourir. Le vent me percute encore et encore. Puis je la vois, une grotte qui est devant moi. Je souffle de soulagement et cours pour m’y abriter. J’y suis. Je m’affale par terre. Un feu. Je sors les allumettes de mon sac. Par chance elles ne sont pas humides. Mais il me faut du bois. Je suis épuisée. Je ne suis pas sure d’avoir assez de force pour me relever. Mais je n’ai pas le choix, je me redresse sur mes jambes qui tremblent et ressort de mon abris. Le vent me saisit à la gorge. J’avance encore quelques pas et ramassent des branches. Je retourne dans la grotte et y dépose mon butin. Mes mains tremblent, je dois m’y prendre à plusieurs fois avant de réussir à faire une flamme. Puis le feu vient donnant quelques braises. Je souffle doucement dessus. La température de la grotte se réchauffe. J’ai survécu. J’enlève mon manteau de mon sac avec toutes les affaires que j’ai dedans pour les sécher. Je m’approche suffisamment du feu pour que mes membres retrouvent leurs couleurs. Je reste tapi un moment, me laissant gagner par la chaleur des flammes, les regardant danser devant moi. Plusieurs fois je dois ressortir pour aller chercher du bois pour que le feu perdure. Je suis dans mon sac de couchage qui est encore un peu humide. Je pense à la maison, à ma famille. Puis je m'endors.
Le lendemain matin, ce sont les oiseaux qui me réveillent. Le feu c’est éteins depuis longtemps, tous mes habits sont secs. Après avoir mangé je range mes affaires. Je sors et remarque que le soleil est revenu, le vent est toujours présent mais en moins violent. La grotte se situe au flanc d’une montagne, ce qui signifie que je suis trop au sud. Je vais devoir marcher plus encore mais peu importe. Je mets mon sac sur le dos et repars.
La journée touche à sa fin. Mes muscles me supplient de m’arrêter. La pente est rude et me fait trébucher. Je m’accroche aux branches des arbres pour avancer, mes mains sont écorchée et j’ai pleins d’échardes. Mais je suis trop fatiguée pour sentir la douleur. J’avance de plus en plus difficilement, un pas par un pas. Et j’y suis. C’est ce que je voulais, c’est pourquoi j’ai fait ce voyage. Je suis au sommet de la montagne et la vue la plus magnifique qu’il m’a été donné de voir se dresse devant moi. Je tombe à genou d’épuisement et d’émerveillement. Le coucher de soleil se reflète sur les ruisseaux en bas, les arbres sont baignés d’une couleur d’or. La brise se lève et emporte avec elles les senteurs des feuilles mortes. Je reste assise un instant, ébahie par le spectacle qui se joue devant moi. Ici le temps s’arrête plus rien n’a d’importance. Seule la beauté de la nature est reine. Je ferme les yeux de bonheur. C’est ici que s’arrête ma route.

PRIX

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Fred Panassac · il y a
Vous avez un grand sens de l'action et de la narration, je vous ai lue avec beaucoup d'intérêt. Pensez la prochaine fois à aérer votre texte en passant des lignes et en ménageant des paragraphes, pour faire moins "bloc" et aussi à éviter quelques fautes d'étourderie. Votre talent pour raconter cette aventure initiatique est vraiment prometteur.
Je vote et vous encourage à continuer !

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Utilisateur désactivé · il y a
Bravo pour ce texte. Mon vote en vous encourageant à écrire encore et encore !
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/le-coq-et-l-oie , si le cœur vous dit. ("le coq et l'oie")

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Gaara · il y a
Magnifique , bonne continuation.
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Utilisateur désactivé · il y a
Belles descriptions! Un avenir dans l'écriture avec quelques améliorations!
Bonne chance!

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Keith Simmonds · il y a
Beaucoup de talent avec des descriptions délicieuses et un bon style! Bonne continuation! Mon vote!
Mes deux œuvres, BAL POPULAIRE et ÉTÉ EN FLAMMES , sont en lice
pour le Grand Prix Été 2016. Je vous invite à venir les soutenir si le cœur
vous en dit, merci! http://short-edition.com/oeuvre/poetik/bal-populaire
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/ete-en-flammes

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Elena Lmr · il y a
De jolies descriptions, à la fois de la nature et des sensations de ton personnage. Dommage qu'il y ai quelques coquilles et pas beaucoup de paragraphes... +1 :)
Et n'hésite pas à venir voir mes 2 textes en lice si tu en as envie ! :) http://short-edition.com/oeuvre/tres-tres-court/arthus & http://short-edition.com/oeuvre/poetik/la-rue-9

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Pascal · il y a
Mon vote pour vous encourager sur la voie de l'écriture et la recherche du sommet.
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Maia Acklins · il y a
C'est un joli texte, même s'il est traversé de quelques fautes et que son côté monolithique peut avoir tendance à rebuter les lecteurs... même si, ça donne l'impression de se perdre dans les lignes comme le narrateur dans sa forêt, c'est parfois agaçant quand le texte ne respire pas. Bravo quand même, c'est très fort cette recherche du sommet !
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