ET POPOL AUSSARESSES ALORS!

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Les mots jalonnent mon existence depuis un paquet de décennies déjà. Ceux des autres comme les miens... Ma devise est fort simple, vivons heureux en attendant la mort. Et peu m'importe les ratures  [+]

Bon d'accord, la momie d'Ormesson a fini par rendre l'âme à plus d'âge et l'on ne peut que s'incliner mielleusement devant sa dépouille. Mais s'est-on autant ému de la disparition du Colonel Aussaresses qui pourtant contribua largement au rayonnement de la France à l'étranger ? Tout d'abord durant la Seconde guerre mondiale ou de bravoure, il ne manqua pas. Avant de rejoindre Gégène en Algérie et Tonton Schlague en Indochine. Au péril de sa pauvre vie d'ouvrier en treillis, de commis des basses oeuvres au service des planqués...

Tandis qu'à quelques milliers de kilomètres de là, dans les salons dorés du Figaro puis de l'Académie se pâmait notre Jean Bruno Vladimir. Sans gêne pour courtiser la jolie promise du valeureux soldat Popol. Facile de galvaniser la fille abandonnée par les vicissitudes de la guerre en tapotant sur son violon. Ou mieux, en jouant du pipeau tout en récitant quelques tirades flatteuses d'autrui. La belle pourtant s'en épris, tourneboulée par cette paire d'yeux bleus délavés. S'éloignant peu à peu de son guerrier fleurant bon quant à lui, les tranchées.
Elle choisit la vie de château plutôt que les casernes à gogo. Aussaresses, meurtri dans sa chair, appelé par ses amis "Mon oeil" en hommage à celui qui s'était tiré lui aussi, se rapprocha aussitôt de la bibine et de Gégène avec qui il entretint des rapports on ne peut plus électriques. D'Ormesson, le noble orateur de ces dames, continuait pendant ce temps à épater ses belles, de jour comme de nuit. Écoeuré, l'éconduit se barra ensuite au Brésil pour faire profiter de son expérience un pauvre dictateur brésilien en mal de reconnaissance. Et finie sa brillante carrière de looser au sein de l'entreprise Thomson, tentant de refourguer quelques tanks à des pays en paix mais on ne sait jamais!

Jeannot -quant à lui, couvert par les honneurs sautillait de branche en coeur, la bouche en cul de moule. Et de plateau en plateau de télévision, le sus bien nommé commença à se forger une réputation de sage gosse espiègle, ce qui reconnaissez-le, rime mal avec cohérence bourgeoise... Popol, désespéré mais digne, préféra en finir dans une flaque d'eau reliée par un fil. Avec pour simple inscription dans le dos "Ormesson m'a tué!"

Alors, je vous le demande sans indice, doit-on ce jour pleurnicher sur le sort du doré sur tranche plutôt que se recueillir sur notre Eros national "Mon oeil" privé de sa belle Hélène? Tiens, ça me rappelle quelqu'un... Plombant, non?
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