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Toutes ces odeurs... Ces parfums emprunts de mystères quand je m'approche enfin de toi, presque à te toucher... L'agitation est passée et je découvre peu à peu ces senteurs nouvelles, nuancées et aériennes, aux notes fines presque inexistantes.
Avec soin je me couche contre ton sein et tu frissonnes à ce premier contact, mes yeux sont clos et c'est sans te voir que j'explore ton corps qui prend vie contre le mien. Comme sous l'effet d'une vague électrique ta poitrine se pique de petits points durs qui se dressent et m'envahissent à mon tour. Dans un réflexe incontrôlé ma peau se transforme pour ressembler à la tienne et revient à la normale.
Dans une longue et profonde inspiration je devine que ma peau moite s'accompagne elle aussi de sa propre odeur. Plus délicate que la tienne, faible, atténuée par les restes d'effluves ardentes qui nous entourent. Elle est douce et discrète, comme effacée. Une odeur qui progressivement te gagne. L'un contre l'autre nous ne formons plus qu'un. Encore... Mes doigts te caressent le visage, les épaules. Tout mon être te ressent au plus profond. Mû par cette sensibilité extraordinaire qui dessine dans mon esprit les moindres sillons de ta peau, le moindre changement de cette enveloppe douce et câline.
Tu dis que j'ai de mignonnes petites rides au coins des yeux et de petits bourrelets à croquer sur les côtés. Tes longs doigts fins jouent avec les miens tout potelés.
Ton parfum, féminin est chaud, il évoque en moi un paradis retrouvé, il me caresse et éveille mes sens hasardeux. Nos arômes se mélangent et s'arrondissent dans une parfaite harmonie éclatante à jamais gravée dans ma mémoire comme une marque indélébile qui m'attire et me fascine.
Je sombre dans le sommeil quand une lourde main se couche sur mon dos. La peau chaude est dure et rugueuse mais agréable, protectrice. Une peau forte, endurcie par l'effort du travail qui m’irradie et me réchauffe de la nuque jusqu'au bas du dos. Alors monte une voix grave, une voix d'homme qui résonne pour la première fois dans mes oreilles. Elle t'appelle : « Amour », elle t'appelle : « Ester », mais moi, pour toujours je t’appellerai : « Maman ».
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Keith Simmonds · il y a
Beau et émouvant ! Mon vote ! Si ce n’est pas trop vous demander, pourriez-vous venir lire “Coques de Noisettes” qui est en FINALE jusqu’à demain? Merci d’avance !
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Patricia Burny-Deleau · il y a
J'en ai la larme à l'œil ! C'est magnifique !!!
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Aymie Lou · il y a
Magnifique description d'un moment magique <3
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Esteban · il y a
Merci !
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Patrick Moreau · il y a
Superbe poète en plus
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Esteban · il y a
Merci :-)
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