Erreurs et péchés du jeune marin

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Blah blah: dance! dance! and Temesta  [+]

C'était à Cognac, à l'escadron des Moloch. Le chef de la SME avait fait passer l'info qu'une soirée militaire aurait lieu au printemps. Renseignement pris, aucun élèves-pilotes n'étaient volontaires ni aucuns moniteurs. Je m'interrogeais : allais-je y aller seul ? Les soirées bleu-marine ne sont pas légion, et un peu d'amusement officiel était bienvenu.

Je décidais avant toute chose de demander à mon commandant quelle tenue adopter car peu argenté et non issu du recrutement direct à l'école navale, j'étais au courant de l'existence de la tenue de smoking des soirées officielles, mais je ne pouvais pas me la payer. Le capitaine de frégate D.-Q., chef de la SME, reçu fort civilement ma demande et me dit simplement de m'habiller en tenue blanche.

Dans des circonstances maintenant habituelles de hasard, je rencontrais une jeune femme que j'avais connue il y a quelques années. Accompagnée de son petit ami, elle ne tarda pas à succomber à la séduction gris d'orage du blouson de pilote que nous portions tous. C'était bien, alors, et je l'invitais à la soirée militaire à Cognac.

Elle était, ce soir-là, ravissante : en sortant du quatre étoiles où j'avais pris une chambre pour ce week-end particulier, je voyais un ange vêtu de blanc léger, une tulle bleu ciel sur la gorge.

Nous saluâmes la colonelle et monsieur qui nous accueillaient sur les marches après que photo de notre couple fut prise devant l'Epsilon.

Le capitaine de frégate D.-Q. nous reçut vêtu de son magnifique smoking sur mesure, et ma jeune compagnie fit une révérence.

Attablés avec des moniteurs très sympa, elle put converser avec eux et j'étais heureux de partager mon monde militaire avec une jeune femme civile en études supérieures.

Puis la musique fut lancée : j'étais heureux et sous l'œil attentif mais bienveillant de mon commandant. Je décidais de danser un rock avec ma jeune amie. Légère comme sa tulle, le rock régala l'assemblée et je la fis tourner prestement. A un détail près, que je vous livre, et qui peut-être décida de ma fin de carrière en tant qu'élève-pilote de chasse...

Une autre personne seulement était tout de blanc vêtue ; la femme d'un colonel. Coïncidence des couleurs, nos regards se croisèrent durant ce rock et je soutins son regard au point que le colonel dut le noter.
Le soir même, je passais un bon moment avec ma jeune amie en pensant au regard de la colonelle, mais, après les délices de la chair, je devais croiser le fer avec la réalité d'une base aérienne où la formation des élèves-pilotes était rigoureuse.
La fin de semaine terminée, un vol en formation était indiqué au tableau de la salle OPS : je volais avec le mari de la femme en blanc.
Au retour du vol, je pris une note jaune, comme d'habitude en PS, car je n'étais pas doué. Mon instructeur me dit que le colonel avait été dur avec moi.
Le lendemain, je croisais P. « Pépé ! »- qui me dit que je gazais en PS, que j'étais dangereux et que j'étais un pilote de cocktail !

Morale de l'histoire :
Pour être macaroné à Tours, ne soutenez pas le regard de la colonelle en présence de monsieur !
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Merlinéa auteure · il y a
Ah ! Ces hommes et leur égo