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Épidémie – Partie III – La ville (3/4)

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Maxence RICHARD

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Épisode 7 – Les rumeurs

Léo Dorval était à l’hôpital pour une bête fracture de l’avant-bras, dont il allait devoir se faire opérer, mais sa plus grande crainte était d’y contracter le champignon. Il y avait d’abord eu des informations sur un cas étrange de personnel soignant mordu par une patiente, puis l’incompréhension des habitants lorsque l’hôpital avait été mis en quarantaine. Mais depuis que la ville entière était encerclée par l’armée, la psychose s’était bel et bien emparée de la population.

La communication officielle, au ton exceptionnellement grave, ne rassurait personne. Des informations avaient rapidement fuité sur la nature de la maladie et tout le monde en avait compris la gravité. Surtout, le manque d’informations laissait imaginer le pire. Et cela ne s’était pas arrangé depuis que des images montraient des interventions de police qui ressemblaient à des exécutions secrètes.

C’est donc parce qu’il n’avait pas le choix que Léo Dorval s’était résigné à se rendre dans l’hôpital, ou plutôt dans sa partie qui n’était plus sous quarantaine. La zone dédiée aux infectés avait été réduite pour permettre la reprise des autres soins, mais il se murmurait que la partie en quarantaine était surpeuplée. Lorsqu’il sortit de l’établissement après son opération, Léo eut un aperçu de la zone confinée. Un patient qui s’y présentait venait d’y être accueilli par des soignants en combinaison de protection et des policiers qui avaient dégainé leur arme.

Épisode 8 – La réquisition

Le Dr Vanessa Garland avait réclamé la mise en place de plusieurs points d’accueil et d’hébergement des infectés. L’hôpital avait largement dépassé sa capacité d’accueil, comme lors d’une épidémie de grippe, et le champignon semblait continuer de se répandre en ville malgré les messages de prévention et les interventions de police. Des personnes contaminées ne se présentaient pas à l’hôpital et se transformaient chez elles, devenant un danger pour tous. Lorsque les patrouilles volantes ramenaient les individus, ils avaient déjà transmis la maladie.

Lorsque les autorités comprirent cela, les patrouilles volantes furent renforcées et eurent pour consigne d’inspecter les habitations. On découvrit un nombre conséquent de nouveaux cas et il fut effectivement ouvert plusieurs succursales en ville comme le réclamait le corps médical. Des gymnases et des salles de concert furent réquisitionnés pour y installer des espaces d’accueil des nouveaux patients et des espace sécurisés pour héberger ceux déjà transformés.

Le Dr Garland reçut la responsabilité de la gestion d’un gymnase à quelques centaines de mètres de l’hôpital. Dès qu’elle avait un instant, elle poursuivait les recherches sur le pathogène afin de décrire plus précisément la maladie. Elle découvrit à cette occasion que les personnes transformées, bien que très agressives vis à vis des êtres humains en particulier et des êtres vivants en général, ne s’attaquaient jamais entre elles. Cela permit de mutualiser l’hébergement, car on manquait de matériel pour attacher tous les infectés.

Épisode 9 – Tout ce qui peut arriver

Quelques jours après l’opération, Léo Dorval s’était enfin convaincu qu’il n’avait pas attrapé le champignon à l’hôpital. En revanche, la ville autour de lui l’inquiétait de plus en plus. Des pillages et des scènes de violence avaient lieu toutes les nuits et s’intensifiaient à mesure que des pénuries se profilaient. Les patrouilles circulaient péniblement, à la recherche de personnes infectées qui refusaient de se rendre à l’hôpital. La plus grande méfiance régnait à l’égard de ce qui semblait se passer dans les centres de quarantaine, d’autant qu’aucun traitement n’existait.

Dans le gymnase qu’elle tenait, le Dr Garland faisait de son mieux. Les infectés étaient enfermés dans le gymnase lui-même, les vestiaires et le hall d’entrée étant occupés par les malades encore conscients. Une fois les patients transformés, leurs nécroses empiraient sans que rien ne puisse y remédier mais ils continuaient d’errer. Bien qu’ils se jettent sur tous les êtres vivants pour en dévorer la viande, ils ne semblaient pas affectés par l’absence de nourriture et d’ailleurs leur système digestif paraissait inopérant.

De tous les centres de quarantaine de la ville, celui du Dr Garland était le plus dépourvu. Elle s’était trouvée contrainte de laisser les patients transformés errer en liberté dans le gymnase, celui-ci ayant été barricadé. L’une des portes d’accès à la salle de sport devait pourtant avoir un défaut, car après avoir entendu un grand fracas, l’équipe sur place constata qu’un attroupement d’infectés l’avait fait céder depuis l’intérieur. Des dizaines de créatures s’étaient déversées dans les rues de la ville.
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