« Epicentre »

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Il était une fois une petite fille rêveuse qui voulait faire partager ses rêves  [+]

Depuis le début de l’après-midi, il drachait sans discontinuer sur Barpak. Quand Siam se rendit chez le dépanneur, le petit village situé à deux-cent kilomètres de Katmandou s’endormait doucement. En traversant la chaussée ravinée par la pluie, il râlait contre son père qui l’envoyait encore récupérer les courses à la place de son frère. Occupé par ses pensées revêches, il évita de justesse un petit tap-tap qui dévalait la pente à vive allure. Ce fada de chauffeur avait bien faillit le renverser ! Le cœur battant, il se réfugia à l’abri de la modeste épicerie. Le propriétaire, assis au fond de sa boutique, sirotait paisiblement sa ristrette à la lueur d’une antique lumerote. Siam le salua d’un signe de tête. Le vieux sherpa lui rendit son salut à l’identique. C’est à ce moment précis que tout bascula.

Il y eu d’abord une onde légère, à peine perceptible, puis les étagères de l’échoppe commencèrent à trembler. Siam, déconcerté, lança un regard interrogatif au commerçant. Ce dernier s’était redressé. Il avait perdu son air chafouin et l’angoisse se lisait sur son visage buriné. La secousse s’accentua bousculant les babioles exotiques accrochées au plafond. Le vieux réagit en un éclair. Il était vigousse malgré son âge avancé. Il projeta le jeune adolescent sous la table épaisse qui lui servait de caisse juste à temps. Le tremblement de terre emportait déjà dans sa colère la rangée d’étagères. Les boites métalliques et les bocaux qu’elles contenaient se fracassèrent sur le sol. Siam se recroquevilla pour protéger un peu plus sa tête imitant le vieux sherpa. Une fraction de secondes plus tard, la vitrine de l’échoppe fut soufflée et s’abattit sur le bureau en une poudrerie de verre.

C’est alors qu’ils entendirent ce grondement abominable dans la ruelle. Depuis leur abri précaire, ils découvrirent avec effroi ce qui restait de l’immeuble d’en face. La bâtisse où Siam avait grandi, n’était plus qu’un amas de ruines détrempées. Il pensa à son père, le champagné que tout le village respectait et avec qui il s’était disputé ce soir. Il pensa à sa famille, à la joie et à l’insouciance qu’il avait connu. Avaient-ils eu le temps de se protéger ? Il en doutait. Des larmes plein les yeux, il regarda impuissant la pluie emporter dans ses eaux boueuses ce qui avait été sa vie.
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