Au bout de la route

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Je passe la première, dans mon cœur, tout se serre... Je respire, surtout ne pas paniquer... Deuxième, puis troisième, ça y est, je roule ! Paul m’encourage, il me dit « Tu vois, ce n’est pas compliqué, je suis fier de toi ».
Trois ans que je n’ai pas tenu un volant. Trois ans que j’essaie d’oublier.
Paul a tellement insisté, il disait de ne pas rester sur un traumatisme, il parlait de résilience, de statistiques, alors j’ai cédé.
Quelques semaines plus tard, nous partons en séjour dans le sud. Il fait beau, c’est l’été. J’essaie de chasser les images qui s’infiltrent dans mon cerveau, ces réminiscences du passé... La pluie battante, la route glissante, les feuilles mortes comme des savonnettes sur le bord de la chaussée... Non, surtout ne pas y penser, vivre l’instant présent, le soleil brille, c’est une si belle journée.
Paul me sourit, il devine les démons qui m’obsèdent, il pose sa main sur ma main sur le pommeau du levier de vitesse. Il me fait la conversation, cela m’évite de divaguer.
Mais lors d’un silence, les images reviennent. Je revois l'auto partir dans le fossé, le réveil à l’hôpital, la tête du médecin et de ma mère quand je leur demande où est Laurent...
Paul serre un peu plus ma main, je reviens au présent, il fait si beau, après tout, la vie continue. Profitons de ce merveilleux weekend, je le sais, c’est le début de ma nouvelle vie, d’un nouvel amour, d’un avenir plein de promesses.
C’est là que ma voiture fait une embardée, la direction ne répond plus, les roues se bloquent. Un énorme camion arrive en face de nous et c’est le choc.
Je relève la tête, après un bruit assourdissant, je n’entends plus rien, il y a comme du coton dans ma tête... J’ai dû rêver, je vais me réveiller, ça n’arrive jamais deux fois, c’est impossible...
Puis je me tourne vers Paul avec difficulté, je suis comme engourdie. Ma vue se brouille au moment où j'aperçois le trou béant dans son visage. Mon cœur cogne comme un fou, je suffoque, je vais m’évanouir. Une douleur atroce vient des profondeurs de mon ventre, une crise d’angoisse ?
Je baisse la tête, et je découvre le volant incrusté dans mon abdomen et ma robe imprégnée de sang.
Je sens mes forces m’abandonner, mes yeux se ferment, j’ai peur. J’aperçois alors Paul et Laurent qui me sourient...
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Aline Blanchard · il y a
Très sombre mais pourquoi pas !

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