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Éloge à la littérature

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Tout commence dans un chaos, la genèse, le big bang. Ce n'est pas une chanson de Manu Tchao, ni de Sheila: "Bang bang". Depuis la création, des hommes, des femmes se font une récréation du rassemblement des mots pour nous faire voyager et découvrir, l'amour, la vie et oublier les maux. C'est ainsi avec plaisir et délectation qu'on s'enivre de ces rencontres livresques toutes funambulesques. On peut ainsi faire se croiser comme bon nous semble Tristan et Iseut et D'Artagnan ou bien Julien Sorel et le curé de Cucugnan. S'inviter à la table de Marcel Pagnol pour déguster un plat savoureux de bartavelles que sa mère Augustine aura avec soin préparé avec du thym et de la soupe au vermicelle. Son ami Albert Cohen nous lira quelques passages du Livre de ma mère et Alexandre Jardin nous dira que la sienne avait raison, raison d'être libre et d'être elle même tout comme l'était son père Pascal dit "Le Zubial".
Hervé Bazin, vipère au poing nous révélera que la sienne était une "Folcoche", un vrai poison et que la Belle Angerie n'est pas la Bastide neuve. Le son des cloches à Roncevaux, nous rappellera "La chanson de Roland" et la supplication de l'ange Gabriel à Charlemagne pour secourir les Chrétiens. Cela est une chanson de geste, rien à voir avec le Reader Digest. Interviendra à nouveau Chrétien de Troyes pour nous conter Perceval ou le conte du Graal.
Madame Bovary monte dans une montgolfière avec Phileas Fogg pour faire le tour du monde en 78 jours. Elle n'a pas oublié de prendre les romans du Marquis de Sade pour faire des galipettes avec Dom Juan.
Hagiographies, lettres, romans, tragédies ou poésies, les genres se mêlent et Prévert nous donnera sa ritournelle et ses paroles que boira Katherine Pancol accrochée aux yeux jaunes des crocodiles. La condition humaine et l'espoir de Malraux nous ferons parfois dire que l'enfer c'est les autres et Dante rira sous cape avec Eugène sur son rhinocéros. Alors surgira d'une île mystérieuse, le Robinson de Michel Tournier et le vendredi de la vie sauvage se retrouvera dans d'autres pages et se livrera à un épisode de cape et d'épées avec les Trois Mousquetaires ou bien Le bossu d'Edmond Rostand. Avec perte et fracas, le Capitaine Fracasse voudra ravir le coeur d'Isabelle et être son amant comme celui de Marguerite Duras. La mare au diable, cela sera bonjour tristesse sur la côte d'Azur et non plus dans les Landes. Nous écouterons Les confessions d'Émile ou du promeneur solitaire sur le Champ de mars en juillet qui croisera l'étudiant étranger de Philippe Labro. Ils traiteront du racisme avec l'enfant noir de Camera Laye. Nous marcherons alors avec Aimé Césaire et Leopold Sédar Senghor et nous crierons: "Vive la francophonie" et aussi la symphonie pastorale d'André Gide et la maman poule de Claude Sarraute.
Nos yeux ne resteront pas vides en parcourant les mots d'Ovide qui étudie la rhétorique. On s'imagine monter dans une barque et au fil de l'eau entendre, les vies parallèles de Plutarque et Montaigne, Shakespeare et puis Rousseau dévoileront les mondes éclectiques.
Chacun peut ainsi comme le dit Pangloss dans Candide de Voltaire "cultiver son jardin". Inutile de tomber par terre jeune Gavroche, nous apercevons Paul et Virginie assis près des roseaux et pensant à Pascal ils referont le monde. Entourés de la mère nature, ils nous chanteront les valeurs éternelles. Colette leur contera les aventures de Phil et Vinca dans le blé en herbe et des épis naîtra l'amour en gerbe et Radiguet aura le diable au corps.
Dans les campagnes, les fermes, l'univers du terroir, des territoires apparaît sous la plume de Christian Signol. L'ambiance est bucolique et les solidarités dans ces contrées sont bien comme nous l'a dit Émile Durkheim mécaniques.
Michel Jeury, Jean Giono, Marie-Paul Armand et bien d'autres encore servent aussi ces histoires des régions. Ils décrivent les relations, les sentiments avec poésie. Tout comme l'a fait Peter Mayle avec la Provence. De nombreux auteurs avaient un temps d'avance.
Tant de pérégrinations au fil des époques que ce soit avec Balzac, Zola ou bien Hugo. On imagine alors le Colonel Chabert dansant avec Gervaise dans la cour des miracles avec Esmeralda et Quasimodo qui tentent de fuir Frollo. Ils peuvent compter sur Harry Potter et sa magie pour les sauver de la peste que le Docteur Rieux combat à Oran. Des Misérables au Rougon Macquart, on se souvient de l'affaire des placards jusque sur la porte de la chambre du roi François 1er et la défense de la langue française était assurée grâce à la demande de Guillaume Budé et à l'ordonnance de Villers-Cotterêts. Les contemplations ou illuminations éclabousseront les murs de leurs verbes parfois dures. Les historiens qu'ils soient des annales ou académiques se sont associés pour nous le faire savoir. De Fénelon à Braudel dans un temps court ou long, on tente de comprendre les sources tout comme Manon qui s'abreuve aux textes de Sainte Beuve.
Joachim du Bellay et sa pléiade côtoie Montaigne et La Boétie. On dévore sans modération les oeuvres de Gargantua et Pantagruel que Rabelais nous donne avec générosité. Ils pourraient être tout droit sorti de la tête d'Andersen ou bien de Charles Dickens. On cueille la rose sans attendre avec Pierre de Ronsard. Ce n'est pas un roman à l'eau de rose, ni de la collection Arlequin, c'est du grand art Messieurs Dames, c'est un bonheur dirait Émile sans j'accuse. On se demande avec William si il faut être ou ne pas être.
Des taches d'encre sur un buvard révèlent des traces d'alcools d'Apollinaire et François Mauriac nous raconte les déboires du pauvre Guillou qui n'est qu'un sagouin. Il s'en remet à Thérèse Desqueyroux tandis que Jules Renard décrit aussi les humiliations de Francis Lepic dans Poil de Carotte. Qui s'y frotte s'y pique à la dame de coeur dans Alice au pays des merveilles qui a entendu l'appel de la foret de Jack London et qui s'enfuit à toutes jambes avec le lapin sur la route de Jack Kerouac.
Tout se mélange, tout s'enrichit des différences. Le petit prince n'est plus seul sur la terre de homme. Aliocha est là grâce à Henri Troyat et les trois soeurs de Tcheckov donnent rendez vous aux trois petits cochons. C'est le monde de Sophie, l'arche de Noé, la vraie vie, la philosophie, celle où tout est permis. Les dictons, les citations, les datations, les chroniques sortent des ouvrages et la connaissance n'a plus de limite, elle est infinie. Le temps s'arrête, le temps suspend son vol comme sur le lac de Lamartine ou le temps s'est perdu et Marcel Proust le recherche sous un chêne avec Saint-Louis qui rend la justice. La Fontaine a copié Ésope. Il ne lui en veut pas. Il n'est pas comme la fourmi, il sait prêté ses mots. C'est un éternel recommencement et heureusement que cela est permis, comme il a été permis de finir Bouvard et Pécuchet sans Gustave Flaubert qui a refait l'éducation sentimentale avec Tatiana de Rosnay et son voisin, sa partition amoureuse.
Perdu également le petit poucet qui comme Arthur Rimbaud, les poches crevées sème des rimes dans ma bohème et entrevoit la fée carabine de Daniel Pennac dans le champ de personne de Daniel Picouly.
À travers les vers et puis la prose ce sont les âmes qui s'expriment et on assiste alors à l'éveil de Mademoiselle Prim et tel l'Alchimiste de Paulo Coelho, on découvre l'or de Blaise Cendrars qui se mêlent aux raisins de la colère des souris et des hommes de Steinbeck.
Les contes aussi nous émerveillent, ceux de Grimm, de Perrault, d'Offman, d'Alphonse Daudet ou bien Marcel Aimé. Et quant aux nouvelles de Prosper Mérimée, elles nous entraînent dans un monde enchanté et aussi désenchanté. C'est sans compter sur les contes des mille et une nuits dont on se délecte tard dans la nuit pour voir s'ériger au dessus des draps, une drôle d'obélisque. C'est une vraie mine d'or que cette bibliothèque. Des témoignages, des récits dans une cave, un train ou une tranchée, des montagnes s'accumulent autour de mon lit. Je les gravis et l'air grave, je découvre les vies d'Anne Franck, Joseph Joffo ou Simone Veil. On peut compter sur Sherlock Homes pour mener l'enquête et savoir pourquoi il y a eu toutes ces tueries, touts ces massacres que ce soit lors de la Guerre de Troie qui a eu lieu contrairement à ce qu'à écrit Jean Giraudoux. Je les explore comme un aventurier qui ne peut se passer de péripéties, de soubresauts, de rebondissements. De la Grèce antique à l'époque contemporaine, on se régale de ces odyssées et les récits de Virgile, de Catulle et Juvénal nous emmènent comme sur un canal pour aboutir au Moyen âge avec Pétrarque, François Villon et les lettres de mon moulin rencontrent les moulins de Don Quichotte et Cervantés. Les servantes ne sont plus les bonnes de Jean Genet et Le feu de Barbusse prend dans tous les coins.
De satires en fourberies, le fils du tapissier nous transporte avec son illustre théâtre. Il ne prend pas racine et a beau marcher, il n'est pas à la noce de Figaro, ni celle d'Edgar Allan Poe. Ne baillons plus oh Corneille. Heureusement avec Hemingway et sa Miss Stein, Paris est une fête. L'absurde a aussi sa place avec Ionesco le même que celui du Rhinocéros, Feydeau et Georges Courteline. Et la petite fadette de George Sand s'en va avant que les liaisons deviennent dangereuses mon bel ami.
Nous n'avons pas bougé et pourtant tant voyagé comme Nils Anderson sur le dos d'une oie ou bien comme Chris MacAndless dans "Voyage au bout de la solitude" de Jon Krakauer.
Qu'ils aient reçu un prix Nobel, Goncourt, Fémina ou Interallié, ils ont le prix de nos coeurs et toutes ces histoires dont j'en ai oublié un bon nombre, je m'en excuse, me fait dire qu'on a pas fini d'écrire encore et encore et "je dirai malgré tout que cette vie fut belle."
Je laisse le mot de la fin à Charles Bukowski: “Comprends-moi : je ne suis pas un homme ordinaire. J’ai ma folie, je vis dans une autre dimension, et je n’ai pas de temps à perdre avec des choses sans âme.”
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