1
min

Elle m'emportera

Image de Léna Perrussot

Léna Perrussot

22 lectures

3

Je suis allongé sur mon lit, nous sommes en plein mois d'août et il fait une chaleur étouffante, presque écrasante.
Il doit être trois heures du matin et elle est toujours là.
Elle vient tout les soirs ou presque et j'avoue que quand elle n'est pas là je suis un peu triste...
C'est une ombre.
Une ombre noir et opaque.
Elle n'a pas de sexe définit et doit être plus grande que moi de quelque centimètres.
Je respire à peine, j'ai peur que si je bouge trop elle s'en aille.
Elle, elle ne bouge pas, je crois qu' elle m'observe.
Je sais qu'elle n'est pas immatériel car je l'ai déjà effleuré.
Cette ombre, je peux la toucher, mais pas l'attraper.
Je peux la voir, mais pas la regarder.
Je peux la sentir, mais pas la respirer.
Je peux l'aimer, mais je ne peux rien avoir en retour, rien, à part sa présence.
Alors je prend ce qu' elle me donne.

Cette ombre, rien que part sa présence, a quelque chose d'apaisant et de rassurant, comme la couverture qui me cachait des monstres quand j'était petit.
je lutte de toute mes forces pour rester éveillé, je veux profiter d'elle au maximum, je veux qu'elle reste avec moi jusqu'au matin. Mais je vais m'endormir, à cause de la morphine... Et quand je me réveillerai, demain matin, elle sera partit. La seule chose qu'il me restera, la seul trace de son passage serons les plis qu'elle aura laisser sur mes draps.
Alors je m'imagine l'ombre, je la vois infiniment belle qui m'observe et guette le moindre de mes mouvements. Et chaque soir, je la redécouvre plus belle encore.

Je me réveil en sueur.
Je regarde autour de moi, je ne vois que le décor habituel de ma chambre: la perfusion, les médicament sur la table de nuit, le papier peint bleu et vert qui doit être le même depuis que j'ai quatre ans.
Mais l'ombre est partis, elle ne m'a laissé que les plis habituel sur les draps. Je les caresse du bout des doigts, souris et dis sans même m'en rendre compte:
"C'est se soir..."
Aujourd'hui est une journée banal,IRM, les médecins qui vendent du rêve, mes parents qui parlent de dépenser une fortune en médocs et en cure en ce basant sur des faux espoirs, rentrer, lire,manger, me mettre sous perfusions de morphine, me coucher, l'attendre.
Elle est là.
Pour la toute première fois, j'ose m' allonger sur le côté et l'observe comme je ne l'ai jamais fait.
Le même sourire qu'à mon réveil me prend:
"C'est ce soir que tu m'emmènes n'est ce pas ?"
L'ombre semble me rendre mon sourire. Je lui tend les bras.
Je savais que ma tumeur finirait par m'emporter.
3

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,
Image de Nelly Perrussot
Nelly Perrussot · il y a
J adore ta façon d'écrire , on veux connaître la suite quand on commence
Continue

·
Image de Ellyne
Ellyne · il y a
J'aime beaucoup beaucoup! Tu gardes le suspens, l'identité de l'ombre jusqu'au bout ça rend super bien! Et l'idée de représenté la maladie par une ombre, de la rendre presque matérielle... C'est légèrement flippant x)
·
Image de Léna Perrussot
Léna Perrussot · il y a
Merci beaucoup ! Ce compliment de la part de la reine du glauque et du suspens ça me va droit au coeur
·