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Elle, le VIH et moi

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Nessia Valty

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Elle était juste là dans ma direction, j’étais comme scotché tellement elle était belle. Jamais une femme ne m’avait fait cet effet. Moi qui était de nature bavarde je n’avais plus de mots mais il fallait bien que je m’y mette, que je lui parle à un moment. Je m’avançais d’elle et cette voix dans ma tête se mit à raisonner ‘‘ Fuis tout ce qui brille comme la peste’’ mais comme d’habitude je n’y fais pas d’attention, je continue d’avancer vers elle. ‒Bonjour. Lui dis-je poliment espérant qu’elle réponde à ma salutation –Bonjour. Me dit-elle sans détourner son regard du tableau en face d’elle Je lui dis que j’étais l’artiste du tableau qu’elle n’arrêtait pas d’admirer depuis un moment. Son regard se décrocha d’un coup du tableau pour se porter sur moi en ayant un air étonné comme si ma tronche ne pouvait être l’auteur de cet exploit. Mon Dieu qu’est ce qu’elle était parfaite ! Je n’avais jamais vu une personne prendre aussi bien soin de son corps en trente-trois ans d’existence. Je mis à lui parler de peinture et de n’importe quoi et réussis même à lui voler un rire. Je lui donnais mon numéro et prenais le sien au cas où elle ne m’appellerait pas. Je lui passais un coup de fil quelques heures plus tard et elle acceptait mon invitation. Je lui disais que je n’étais pas artiste mais ça elle le savait déjà car c’était son exposition me dit-elle plus tard. Moi qui pensais que c’était mon charme qui l’avait fait rester, je m’étais rapidement rendu compte que c’était mon air con. Mais bon ce n’était pas bien grave, si je pouvais avoir un autre rendez-vous en faisant le con eh bien qu’il en soit ainsi. Je la raccompagnais chez elle, jusqu’à sa porte tel un vrai gentleman. Sa clé dans sa main gauche elle se mit à me parler, comme dans les films que j’avais vus je me dis qu’elle attendait un baiser de ma part pour clore la soirée en bonté. Juste au moment où je m’approchais d’elle, elle mit sa clé dans la serrure, ouvrait la porte et me remerciait pour la soirée que nous venions de passer en m’embrassant sur la joue. Sachez-le les gars le coup de la clé et du baiser ne marche que dans les films. Dans la vraie vie, on se prend des vents. Malgré ses multiples expositions on réussissait à se voir, tout se passait bien entre nous, on était heureux et amoureux. Ce matin je me réveille dans les bras de ma tendre amante, je sens sa peau toute chaude contre la mienne, je la couvre de baisers et la serre très fort contre moi comme jamais je n’avais encore serré une femme avant elle. Je l’entends me chuchoter : J’ai le VIH. Je la lâche instinctivement et me retrouve sur le sol. Ne croyant pas en mes oreilles. –Tu, tu as dit quoi ? –Je suis atteinte du VIH, reprit elle. Et là, tout est clair, je suis dans la merde. Elle avait essayé de me retenir la veille mais j’avais trop envie d’elle, tel un con je n’avais pas mis de préservatif. –Ce n’est pas bien grave car ce qui est à moi est à toi. Continua-t-elle. Elle n’avait rien compris celle-là, on pouvait tout partager sauf un arrêt de mort. Elle venait de me condamner à un ménage à trois. Elle, le VIH et moi. Dans ma tête c’était le brouillard, l’impuissance. Je venais de passer d’une des plus belles nuits de ma vie à un réveil cauchemardesque.
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