Elle

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Les pleurs m'incendient la peau, les larmes me laissent des bleus sur le visage à cause de toute la haine et la peine qu'elles contiennent. J'écris pour éviter certains cris qui n'ont pas lieu de  [+]

Image de Automne 2015
De la plus belle nuit que je me souvienne, elle était là, assise sur ce banc à rêvasser en regardant le ciel étoilé. C’était une des plus belles soirées de mon existence, où le ciel avait plissé ses yeux pour nous montrer toute la beauté de la vie. C’en était presque beau ce qu’on voyait, ça aurait même pu donner de l’espoir à quiconque en aurait voulu, et pourtant, ça n’aurait pas été suffisant pour réveiller un mort.

Parce que la mort, ça fait peur, ça désole, mais au fond, ce qui m’avait ému si fort dans cette vie cette soirée-là, c’était cette fille. Elle avait beau être brisée, décontenancée, elle était tellement belle à regarder. Et j’attendais en faisant des bulles de silence, j’attendais que son cœur batte encore pour le cueillir en guise de parfaits baisers.

J’entendais malgré moi son rire souffrir comme on entendrait le monde mourir, et ça, ça me rendait fou. Mon cœur se taisait sous sa souffrance, il aurait pourtant voulu lui parler et la réparer, mais, le problème, c’est que ce qui s’était cassé chez elle ne se reconstruirait jamais. C’était ça, la nostalgie : habiter dans l’amour et les vagues de la mélancolie. Et je l’étais à sa place, nostalgique.

J’étais terrorisé par la mort, par sa mort, et le plus dur dans tout ça, c’est qu’elle ne se doutait nullement que ce jour arriverait. Elle ne savait rien de la vie. Elle ne savait pas qu’un jour où l’autre son cœur s’arrêterait. Elle pensait qu’elle aimerait toujours à en perdre la raison, sans malheur apparent. Seulement, son âme était partie, elle avait mal, mais elle ne l’avait pas encore compris.

Les multiples cris de son corps nous heurtaient, nous trompaient, parce qu’au fond, ce n’était pas elle qui pleurait. C’était son monde qui hurlait parce qu’il s’était effacé, et que rien ne le reconstruirait. J’aurais pu croire au rose, au noir, au blanc, à la vie, à l’utopie et à l’amour aussi, qu’il serait toujours et encore dans l’oubli.

Elle s’en était alors allée. Sans un au revoir, sans un dernier baiser. Parce qu’au fond, ce qui s’était cassé en elle ce soir-là, c’était son amour pour la vie.

Et elle avait un nom d’angoisse, cette fille qui me donnait des frissons au cœur, une voix qui me faisait vibrer l’ombre. Mais le pire dans tout ça, c’est que lorsqu’elle est sortie de ma vie, le ciel s’est éteint et les étoiles se sont meurtries.

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