Eden

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En compétition

Auteur et lecteur acharné cherche à rencontrer textes touchants, intrigants ou décalés pour commentaires sympas ou plus (si affinités) Pas sérieux surtout ne pas s'absteni  [+]

Image de Hiver 2022
Le jour où j'ai rencontré Eden, il était immobile, assis près d'une pompe à essence. Je devais m'arrêter pour transformer la dizaine d'euros qu'il me restait en gasoil avant de tomber en panne, j'en avais besoin pour rouler jusqu'au point de rendez-vous de mon éventuel futur job. J'ai toujours détesté les transports en commun. Une fantaisie onéreuse et insensée qui me poussait à perte à entretenir ma R5 délabrée. J'ai jeté un regard désabusé à Eden avant de ressusciter mon réservoir moribond, et je suis reparti. Quelques minutes plus tard, j'ai fait demi-tour. J'ai ouvert la portière côté passager, et ce petit caniche maigre et gris est monté naturellement, s'est assis sur le siège et ne m'a plus quitté jusqu'à sa mort. Il portait un médaillon argenté avec son nom gravé dessus.
J'ai raté le job, mais j'ai hérité de mon meilleur ami. Ça valait le coup.
En fait, Eden était blanc à l'origine, mais il était dans un état de saleté pitoyable lorsque je l'ai recueilli. Moi non plus, je n'étais pas dans une forme optimale. Je squattais vaguement chez un pseudo-pote qui venait d'entamer une relation sérieuse avec sa copine, et je gênais. Eden constituait un problème supplémentaire.
— Ouah, ben un clébard, maintenant ! avait râlé mon colocataire obligé.
Il est vrai que ce petit caniche frétillant avait le don d'occuper l'espace. Jouer était son obsession. Je lui avais acheté une peluche made in China qu'il martyrisait en la lançant en l'air d'un coup de dents enthousiaste – moi ça me fascinait – juste pour faire comme si elle était vivante. C'était une sorte de pingouin rondouillard avec une écharpe, et il aimait dormir en le tenant entre ses pattes, comme un doudou. Moi, j'avais rien à tenir entre mes bras, Eden ronflait avec son palmipède à mes pieds, sur le canapé que mon pote m'avait délégué. Mon sommeil était agité, je songeais à mon avenir proche, c'est-à-dire au lendemain, puis au surlendemain. C'était angoissant, de toujours courir après un hypothétique salaire, et de ressentir que je représentais une honte pour mes parents depuis que j'avais abandonné l'université. J'imaginais leur sourire pincé, du genre : « Oh, vous savez, les jeunes... » lorsqu'un voisin ou une de leurs connaissances demandait de mes nouvelles.

Mais dans les yeux toujours pétillants d'Eden, j'incarnais un dieu, une idole. Surtout quand je remplissais sa gamelle.

J'ai dû tailler la route, je ne supportais plus les soupirs ostensibles, les silences lourds, je n'osais même plus ouvrir le frigo. J'étais de trop dans cette idylle naissante entre ce copain et sa petite amie en fac de droit.
Les chiens ne sont pas admis dans les refuges pour SDF, et c'est normal. Les bénévoles ont déjà suffisamment d'énergie à dépenser pour éviter que les clodos se volent entre eux et s'agressent sexuellement.
C'était pas si grave, j'ai dormi devant les vitrines de magasins de luxe, car elles sont toujours vachement éclairées, au point que ça en est presque indécent. J'ai fait attention d'être en pleine lumière pour éviter ceux qui me seraient tombés dessus pour voler mon duvet ou mes boîtes de conserve. Il faut faire preuve de ténacité quand on échoue dans la rue. J'ai vu un type assis devant une galerie marchande, à peine majeur, qui avait écrit sur une pancarte : « Être invisible, c'est nul en fait. »

Et puis il y a eu ce moment terrible. Eden avait perdu son Pingouin, je l'avais remplacé par une espèce de hérisson en plastique qu'il faisait de temps en temps couiner, sans grande conviction. Je descendais une rue déserte, à la recherche d'un abri, quand je les ai vus s'avancer dans ma direction. Ils étaient quatre marginaux, nonchalants, ricanants, défoncés. Deux chiens colosses filaient silencieusement dans leur sillage. On s'est tous retrouvés face à face, Eden a retroussé ses babines en grondant, l'échine hérissée. Et il m'a lancé brièvement ce regard, empreint de confiance : « Toi et moi, on est une équipe. » Il avait l'intention ferme et folle de me défendre. Situation de merde. Le rottweiler et le pit-bull se sont rués. Je n'avais jamais entendu Eden aboyer de cette façon, des cris aigus et furieux, tout son corps raidi, ses pattes tremblantes de rage. Surpris, les molosses l'ont toisé. J'ai alors compris l'agressivité hystérique d'Eden : je lui avais redonné une place après son abandon, il me défendait, certes, mais il assurait aussi son nouveau statut, cet ancien vagabond qui ne voulait plus s'en laisser conter ! Les deux molosses se sont écartés et ont passé leur chemin en le matant en coin, des fois que... Leurs maîtres étaient trop déjantés pour nous avoir vraiment remarqués. L'un d'eux, un gros black rasta s'est retourné et en levant son pouce m'a lancé d'une voix rauque et chavirée : « Eh, un vrai chef que t'as là, mon pote ! »

J'ai pardonné le manque d'amour de mes parents, j'ai dormi dans ma chambre d'adolescent jusqu'à ce que mon salaire d'employé de supermarché me permette de louer un studio. On a fait de longues balades avec Eden quand je rentrais le soir, il trottait fièrement à mes côtés, le museau levé, attentif à tous ces congénères potentiellement dangereux qu'on aurait pu croiser.
Quand je rendais visite à mes parents, Eden ne savait plus où donner de la tête entre les baballes, les os à ronger, les peluches et les friandises.

Hier, il est mort paisiblement de vieillesse, dans le carré lumineux projeté par les flammes de la cheminée de la demeure familiale.

Jamais on ne m'avait tant aimé.
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Joël Riou · il y a
J'ai lu les commentaires argumentés ci-dessous pas toujours positifs, et je suis heureux de constater que vous ne vous en formalisez pas plus que cela, contrairement à certain.e.s de nos collègues en écriture au narcissisme bien fragile. Je suis pour les critiques constructives sous les textes et sur ce point, en désaccord avec la charte de Short, car c'est de cette façon que l'on progresse. J'ai beaucoup aimé votre nouvelle qui illustre bien la vie de certains SDF ayant leur chien pour seule compagnie et réconfort. Mis à part une petite erreur sur le fait de "ressusciter un réservoir moribond" alors qu'il n'est pas encore mort, je n'ai pas remarqué d'autres incohérences. Vous décrivez très bien la relation - fusionnelle dans l'adversité entre le chien et son compagnon , "être d'attachement " en vocabulaire éthologique, sur fond de misère sociale, à la façon d'un Olivier Adam. Vous aimez les animaux, semblez les connaître et cela se sent, aussi , si ce n'est déjà fait, je vous invite à lire sur le thème du chien ma nouvelle " Une longue attente" et mon poème " Une chienne adorable" et sur le chat mon poème " Une romance féline", quand vous aurez le temps bien entendu. Ils ne sont plus ou pas en concours.
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Carl Pax · il y a
Merci beaucoup Joël pour votre commentaire détaillé qui me touche, par votre façon que vous avez de l'adresser à mes intentions d'écriture. J'aime beaucoup ce terme "être d'attachement" qui fait écho à une relation fusionnelle, ici notamment dans l'adversité et à une forme de sociabilisation, d'intégration.
J'irai avec plaisir faire ces visites sur votre page pour découvrir ces textes :)
Pour les commentaires négatifs, j'apprécie seulement qu'on y mette certaines formes, même si, et c'est humain, je conçois que certains textes qui n'aient pas été appréciés puissent générer des réactions offensives. Par exemple, si j'admets volontiers et trouve constructive une critique qui soulève certains points qui n'ont pas convaincu le lecteur, j'ai plus de mal avec les spéculations sur mon état d'esprit ou ce qu'on percevrait de ma personnalité -voire de ma vie personnelle- à travers mes textes.
Concernant le fait que l'on m'invite à aller lire une oeuvre, j'en suis toujours heureux, qu'elle soit en concours ou pas.
Et au sujet de la petite erreur, vous avez parfaitement raison, un moribond ne peut pas être ressuscité, peut-être ranimé à la rigueur ! :)) (je ne sais pas si je peux demander la correction de ce mot)
Bonne soirée et encore merci pour votre passage ici !

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Armelle Fakirian · il y a
Bonjour Carl et bonne année. Merci pour ce texte touchant et très très émouvant. 💜
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Carl Pax · il y a
Meilleurs voeux à vous aussi Armelle !!! 😊 Je vous remercie pour votre gentil commentaire et pour votre lecture.
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Bob Pollen · il y a
Bonjour Carl
c'est embêtant parce que vous démarrez votre texte par la rencontre des deux personnages principaux dans une station service.
Alors comment se fait-il que la R5 ne devienne pas leur refuge?
Du coup j'arrive plus à croire à l'histoire ni à la scène d'action de la recherche d'abri.
Et par effet de domino au fait que le héros retourne chez ses parents en leur pardonnant leur manque d'amour.
J'espère que cette critique est constructive?!?

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Carl Pax · il y a
Bonjour Bob
c'est amusant parce que vous êtes la seconde personne (d'affilée) à émettre une réserve rédhibitoire à mon texte... Je dis amusant aussi parce que dans mon entourage réel, une personne qui m'est très proche a détesté ce texte, mais pas pour la raison que vous invoquez dans votre commentaire. Je vais essayer de faire bref, vous êtes vous-même un auteur, donc à l'aise dans le domaine de la construction, et je pense que vous comprendrez aisément. C'est un TTC, d'habitude j'écris des histoires plus longues, et la longueur dissuade les lecteurs potentiels (après tout nous sommes sur un site de littérature courte) Donc : je comprends parfaitement votre réaction, et si vous n'êtes pas emporté par mon texte, ne vous en faites surtout pas, je le prends très bien 🤗 Et je vous remercie de l'avoir lu avec attention. Maintenant, concernant le sort de la pauvre R5 qui semble vous tenir à coeur, elle est "délabrée", son réservoir est "moribond", alors elle a fini par tomber en panne. C'est la ville, il est interdit de dormir dans sa voiture plus de 24h, et de stationner sans payer, le véhicule part à la fourrière, et on ne peut plus le récupérer parce qu'il faut -c'est la loi- qu'il soit assuré. Alors peut-être que le héros aurait pu payer son stationnement et son assurance en faisant la manche, mais il a choisi de "tailler la route" comme je l'ai écrit, et comme vous avez eu une lecture attentive, vous avez pu remarquer que ça ne s'est pas fait du jour au lendemain. Je n'ai pas souhaité écrire une histoire sur quelqu'un qui vit dans sa voiture, même si c'est un sujet vraiment préoccupant. Quant au retour chez les parents, ça n'a rien d'étonnant, cela arrive même aux personnes qui malheureusement perdent leur travail... Je vous remercie de votre passage et j'irai faire un tour sur votre page également, j'y étais déjà passé d'ailleurs et je m'étais promis d'y retouner :) Maintenant, comme je suis très attentif à la ponctuation notamment, je m'interroge sur votre phrase "J'espère que cette critique est constructive" avec ces "?!?" à la fin. Si vous souhaitez m'éclairer à ce sujet ... 😊

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Bob Pollen · il y a
Le point d'interrogation parce que je n'aime pas émettre des critiques, et encore moins entrer en polémique derrière mon ordinateur.
Je me suis juste dit que de vous communiquer ce qui m'a semblé illogique ou porter à questionnement vous aiderait peut-être.
Après un manuel d'utilisation ou un mode d'emploi sont des lectures sans intérêts. Donc mon point de vue ne vaut que ce qu'il vaut.
Bob

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Carl Pax · il y a
Bonjour Bob
pas de souci. Mon écriture est loin d'être parfaite, mes histoires également. Mais j'aime à penser que je continuerai à m'améliorer au fil du temps. Donc constructif, votre avis, oui bien sûr merci, et vous avez droit en retour à mes pavés de réponse :)) (double sourire) A bientôt.

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Blackmamba Delabas · il y a
Monsieur Pax, après avoir lu votre ouvrage du nord au sud et de l'est à l'ouest, je me permets quelques réflexions.
Le récit est bien mené : introduction, développement, conclusion. Passé la première lecture, on décortique, on suce l'os jusqu'à la moelle afin d'éradiquer le vers qui pourrait valoir au restaurateur un mauvais procès !
Pas grand chose à dire sur votre introduction ; c'est brillant, limpide comme l'Arve se jetant dans le Rhône... Il y a plus à dire sur le développement : L'épisode sur les chiens de SDF ne me semble pas cohérent : les rot. et les pit., contrairement à ce que l'on croit, ont rarement pour maîtres des SDF et marginaux... Ces chiens ont souvent pour maîtres de jeunes bobos vivant en appartement, (une ineptie avoir un cleps en appart.) On trouve aussi des artisans paranoïaques et quelques bourgeois craignant pour leurs biens...
De plus, j'y trouve une connotation négative... Un petit côté France propette ! Une seconde incohérence s'invite dans votre récit : Votre héros choisit de s'endormir devant une baie vitrée illuminée ! C'est impossible ; à la rue, vous recherchez une bouche d'aération de métro, de RER... Vous vous faites tout petit afin de ne pas vous faire remarquer... En effet, je ne donne pas cher du futur de votre personnage...
Pour ce qui est de la conclusion, vous donnez dans la SF. Tout est bien qui finit bien finalement...
Alors bon, j'aime bien, mais pas tout...

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Carl Pax · il y a
Salut, je cueille votre commentaire en plein vol :) Je vous remercie de l'avoir fait aussi développé et complet, et encore plus d'avoir lu mon texte qui visiblement vous a demandé quelques efforts. Donc pour vous répondre, sans intention de vous contredire, mais parce que j'ai trouvées intéressantes vos remarques : il y a aussi rarement des caniches "dans la rue", et pourtant j'en ai connu, même un qui à son époque avait des dreads comme son maître :) S'il est vrai que les rottweiler ne sont pas en majorité des chiens appartenant à des personnes SDF, il y en a tout de même parfois, souvent croisés avec d'autres races (j'en ai connu aussi) Je n'ai pas dit que c'était la race la plus fréquente dans ce milieu, mais concernant les marginaux pas forcément SDF, je peux vous dire que j'en ai rencontré aussi propriétaires de "Rot".

Sinon, vous pouvez taper "Rottweiler + SDF" sur Google et vous verrez qu'il y a plusieurs articles et même de faits divers à ce sujet. Même chose concernant les Pittbulls (et énormément à une certaine époque, révolue depuis que la règlementation dans ce domaine s'est durcie).

Et je vous remercie de me lancer sur ce sujet, parce que justement, la rue je connais bien, ou j'ai bien connu (vous aussi peut-être?). Certaines personnes pensent à tort que les SDF maltraitent leurs chiens, ce qui est totalement faux dans la plupart des cas. Les chiens vivent au grand air, sont constamment avec leur maître et se sentent appartenir à une meute. Ils sont aussi les garants d'une sécurité et ils tiennent chaud l'hiver. Une interaction permanente et des liens solides. Je vous invite à lire ce texte très instructif sur cette relation : "Vivre a la rue : quand le chien devient le ciment d'une culture ..." (à copier coller dans Google)

Pour (presque) terminer, je contredis franchement ce que vous considérez comme une "seconde incohérence". D'abord, on recherche les bouches d'aération lorsqu'il fait froid, ce qui n'est pas le cas toute l'année dans ma région du moins. Et ensuite, mon texte se base sur des évènements réels, dont je vous laisse deviner s'ils me concernent directement ou pas. Et vous avez raison de dire que vous ne donnez pas cher du futur de mon personnage, ils sont des centaines à être agressés chaque année par leurs "pairs". Et moi je vous assure que quand vous êtes seul, fatigué, avec votre chien comme seul compagnon, vous n'allez pas vous terrer dans les recoins obscurs de la ville où on vous débusquera comme un lapin au fond de son terrier. Mais peut-être le savez-vous déjà car vous connaissez le monde de la nuit aussi bien que moi ? Je disais donc, quand vous êtes fatigué et seul, et que vous êtes affamé, vous vous réfugiez vers la civilisation, là où il y a du monde qui passe, là où c'est éclairé, même si vous ne faites pas partie de ce monde, il vous voit.

Je suis content que vous ayez bien aimé, mais pas tout. Et je vous autorise à m'appeler Carl, et non Monsieur Pax, comme certaines autres personnes qui me veulent du bien 😊

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M. Iraje · il y a
Il y a derrière ce transfert métaphorique une force qui soulève des montagnes.
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Carl Pax · il y a
Merci beaucoup Miraje :)
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Violetta-C Parolaï · il y a
Nous rêvons tous d'amour inconditionnel !!! Belle écriture !
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Carl Pax · il y a
On est d'accord, c'est le plus beau des amours ! Je vous remercie infiniment Violetta :)
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Laorencia GAY PINELLI · il y a
Le réalisme des scènes permet de contextualiser la lecture, Eden compris alors... Quel bonheur de le voir se dresser immense d'amour et de dignité face au danger ! Merci Carl
Image de Carl Pax
Carl Pax · il y a
Un grand merci à vous Laorencia :) Quelle jolie coïncidence que ces deux histoires de vie, celles de votre Makhno et celle d'Eden, qui se rejoignent symboliquement !
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Christophe Mogentale · il y a
J'ai tremblé pour Eden à sa rencontre avec les deux molosses ! J'aime beaucoup le ton du texte, très fluide, et la justesse avec un cynisme clinique sur certaines descriptions (la lumière indécente des vitrines des magasins de luxe dans laquelle se "cache" le héros)
Image de Carl Pax
Carl Pax · il y a
Merci beaucoup pour votre commentaire sympathique, Christophe ! :) Et aussi d'avoir relevé ces détails en lien avec l'effet que je recherchais !
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Viktor September · il y a
Un merveilleux compagnon de vie. J'ai apprécié votre écriture.
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Carl Pax · il y a
Je vous remercie Viktor ! Je suis très content qu'Eden vous ait plu :)
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Brune Hilde · il y a
Je suis venue lire par curiosité. Ben oui ! Il est superbe ce texte. Je dois l'admettre.
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Carl Pax · il y a
Merci Brune, ça me fait plaisir que vous l'ayez apprécié :)

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