Du bon, du moins bon et du meilleur

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Blah blah: dance! dance! and Temesta  [+]

En France, le soldat est subordonné au général, le curé à l’évêque et le fonctionnaire au haut-fonctionnaire : la France est « enrégimentée », disait mon chef-instructeur Lajos Kalman, Sr. Les Musulmans parlent directement à Dieu, à Allah et respectent leurs imams. J’ai rencontré ce jour – jour de la première pierre posée à la construction de la mosquée d’Annecy – Achour avec qui je travaillais il y a dix ans au centre de tri. Nous avons bu le thé et fumé des Marlboro et des Chesterfield. Nous avons parlé des bons moments présents et de mes mauvais moments passés, lointains ou proches. Il m’a dit qu’un frère aide son frère dans la détresse quelle que soit sa maladie, sa condition, sa religion, sa "race".
Je suis étonné ; je recherchais une compagnie ce matin pour échanger et j’ai revu Achour après toutes ses années... Il y a deux jours, mon ancien et premier professeur de latin et lettres classiques en Haute-Savoie m’a reçu et nous avons échangé. Nous avons deviné et dégusté un Muscadet sur lie, nous avons évoqué Lisboa et l’ambassadeur du Japon, aussi son élève latiniste, nous avons parlé fidélité, fraternité et un peu latin :
Ô tempora... lançais-je ;
Ô mores... continua-t-il.
Autres temps, autres époques, autres mœurs, autre morale, autres us et coutumes. Il y a trente ans, la mode était aux seins nus et mini-maillots de bain sur les plages ; depuis dix ou vingt ans, ce sont les tenues musulmanes en ville et au village...

Je vais quitter ma colocation, ma curatrice s’occupe de résilier le bail avec l’accord du Juge des Tutelles. Je n’ai pas d’emploi et je m’efforce de marcher au moins vingt minutes chaque jour que fait le Bon Dieu, c’est-à-dire sans compter les jours de pluie ! Mes parents sont présents et vont bien : maman et papa préparent leurs réunions et répétitions et occupations caritatives, et aussi le Grand Cinquantenaire : leur anniversaire de mariage de juillet 1966...
Merci Seigneur Jésus, ta bénédiction est sur nous malgré mes apitoiements et mes échecs et mes regrets. Mais bon, « avec des ‘si’, on met Paris en bouteille ! » me souffle un ami régulier. Alors, mon quotidien est souvent neutre, morne et terne : plus de grandes excitations, plus de projets si minimes soient-ils. Essayer de rester neutre, apaisé entre papa et maman. Un peu de lecture, lectures vagabondes. Beaucoup de café et de cigarettes (trente par jour). J’aimerais un jour rendre public, c’est-à-dire publier, mes écrits. Mais, il faudra les éditer, les mettre au point pour ne blesser personne. Changer les noms, les lieux... oublier les visages passés, les mains tendues ou blessantes... « Changer et oublier » : ce pourrait être une devise. J’attends des nouvelles des copains, ceux qui veulent bien de moi, a-professionnel, a-marié, a-argenté, a-valide, donc psychotique et schizophrène avec des dépressions sévères. A ce sujet, ai-je vraiment fait un « vol astral » comme le souffle une amie de maman ? Cela s’appelait « psychose sévère » en juillet-août 2000, à la clinique Alta Bates... pas « vol astral » ! Mais bon, il y aurait quelque chose de chamane en moi... Qui croire ? La science, Dieu, les rêves empreints de réalité, le réel qui emprunte parfois – souvent – aux cauchemars ? Vivre avec papa et maman, c’est croire papa et maman : ce n’est plus le conte de fées ; c’est parfois le décompte des faits quotidiens (compter l’argent, faire les courses, demander de l’argent pour un énième paquet de cigarettes, mettre la table, débarrasser la table, faire la vaisselle quand maman est fatiguée, couper les tomates pour préparer une salade mozzarella, etc.).

Vivre avec papa et maman, c’est avoir un toit et un endroit propre et ordonné pour se sentir en sécurité avec moins d’angoisses. Vivre avec papa et maman, c’est se reposer et réfléchir aux bonnes actions posées, et – dans mon cas de repentant – essayer d’oublier les péchés, les échecs. « Ma » morale éducative fait que je me trouve toujours beaucoup de péchés... C’est à n’y rien comprendre : je n’arrive pas à me pardonner, à m’oublier, à oublier « mon » moi ! Alors, j’écris, j’écris pour me comprendre, pour comprendre ce qu’est devenue ma vie : totalement imprévue. Est-ce suffisant pour en rendre compte, pour témoigner au grand jour, devant le public, d’une vie somme toute unique et semblable à toute vie humaine du troisième tiers du XX e siècle ? Peut-être serait-ce une mise en garde pour les rêveurs, les « bisounours » devenus grands, les « tout le monde il est beau, il est joli »... ? Les poètes prétendus tels ne sont pas de ce monde : « Monsieur Besch n’appartient pas à notre monde tel que nous le concevons » a dit mon avocat à la Juge des Affaires Bancaires. Or, je ne suis pas poète – plus. La figure de Rimbaud, « Rain Bow », celle de Ronsard ou encore celles de du Bellay et de Baudelaire, ne m’accompagne plus. J’ai perdu la Muse des Affaires et de l’Argent ! Existe-t-il une telle muse pour les poètes ? Pas Clio malgré sa sonorité toute « Renault » !!
Entrez dans le vieux monde des poètes, pas de ceux qui veulent se poser sur Mars ; le monde du chatoiement de la poésie et de la douleur, du succès éclatant et de la perte dramatique. Sortez vite de « ce » monde insupportable sans calmants ou neuroleptiques. Restez aux affaires : la famille, le travail, la Patrie, la foi, les voyages, les amis, les vacances. Vivez au foyer avec femme et enfants. Fêtez les naissances, les jours fériés très saints, les anniversaires, les « ponts » et réjouissez-vous ! Vous n’appartenez pas au monde des poètes, insupportable comme une danse tournoyante sur la tombe de Hafez. « Bois ton vin Hafiz, et ne fais pas comme l’hypocrite qui cite bien haut le Coran ». Les derviches-tourneurs devaient être très saints ou eux-aussi des poètes.
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