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Drôles d'oiseaux

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Tangiblement

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91

FINALISTE
Sélection Jury

Recommandé

Pourquoi on a aimé ?

Ils sont loufoques et originaux ces drôles d'oiseaux ! L'auteure dresse leurs portraits sans fioriture, sur une belle toile... à l'atmosphère ...

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À ces énergumènes aux noms d'oiseaux,

Litsea

Litsea, elle est pas vraiment jolie quand elle sourit, elle a cette façon étrange de tendre la commissure de ses lèvres pour la remonter vers le haut dans un grimace pas très élégante. Elle aime porter des vêtements amples pour ce fondre dedans et disparaître. Parce que Litsea est passée maitre dans l'art de devenir invisible, oh oui. Parfois elle se dit qu'elle tourne pas rond alors elle sort boire un coup au bistrot du coin avec des connaissances qu'elle ne connait même pas. Puis elle se demande ce qu'elle fait la, elle se lasse et disparait. Litsea elle arrive pas a s'intéresser aux gens, elle fait des efforts pourtant, mais a chaque fois c'est la même chose. Elle se dit qu'elle doit avec un problème, qu'elle est pas normale puis elle réfléchit et elle se dit qu'elle s'en fout. Qu'elle s'aime bien quelques fois. Que c'est pas sa faute si les gens ne l'intéressent pas. Qu'elle, elle est sûrement morose et ennuyante. Alors elle sourit en tendant les commissures de ses lèvres et en les remontant vers le haut dans une grimace pas très élégante.

Calidris

Calidris était le gourou et le seul adhérant de sa propre secte qui adulait les chewing-gum freedent white menthe fraiche sans sucres ajoutés, le lait concentré sucré et les bonbons au miel. Se nourrissant essentiellement de ça, il avait développé une masse musculaire inexistante. Sa petite taille ne l'aidait pas non plus.
Il se tenait dans sa chambre, au centre exactement, assit en tailleur et entouré des mets tant convoités. Sa vieille radio crachait "R U mine" du groupe Arctic Monkeys, qui, après courte réflexion, était un des nombreux autres facteurs de la secte. Tout aurait pu paraître presque normal si Calidris ne portait pas un costume d'abeille ainsi qu'une gigantesque écharpe bleu tricotée par lui même.
La première fois qu'il en avait parlé a Nivalis, elle l'avait regardé avec ses grands yeux globuleux puis s'était étouffée de rire, littéralement. Calidris ayant fait une formation de premiers secours quelques jours auparavant, voulu lui faire un massage cardiaque, écrasant avec ferveur ses seins. Ce qui n'a fait qu'accentuer le rire de la jeune fille. Puis reprenant ses esprits, Nivalis lui avait annoncé qu'elle n'aimait ni les chewing-gum ni les bonbons au miel.
Ses tentatives d'agrandir sa secte s'arrêtèrent là, après cet échec cuisant.
Il se retrouvait donc, seul, le dimanche matin à quatre heure du matin, pour prier le dieu qui n'existait que dans sa tête, ou plutôt, les américains, les vaches et les abeilles qui rendaient son monde plus vivant.

Artica

Les sons frémissent d'impatience quand, imperceptiblement, les doigts d'Artica glissent sur les touches.
Blanches. Noires.
Puis, quand elle ferme mes yeux, les notes se font aléatoires, plus rapides, moins harmonieuses. Sa voix s'y mêle, crisse et râpe contre son palet endolori par l'alcool. Celui-ci semble presser au creux d'elle, la rendant légère, un peu éphémère, un peu maladroite.
Maintenant Artica crie et les paroles se confondent dans sa langue qui n'existe que quand elle a cette boule étrange dans me ventre. Tandis que le vent s'engouffre entre les sons. Ils tintent faux, incroyablement faux; se fracassent contre les murs de la pièce avec violence.
Soudainement, le visage harassé, elle se laisse emporter par le houle, submergée par l'intensité.
Artica essaie de ne pas penser, mais la nostalgie l'entraine contre le macadam brouillé des rues sales. Elle presse les touches de manière brutale, animale. Elle sent ses pieds partir, puis ses jambes, puis son abdomen et sa tête.
Reste ses bras, martelant le piano avec rage.
Reste ses doigts caressant les touches et ses yeux brûlants.
Noir. Blanc.

Amyris

Amyris un oiseau rare, un oiseau d'art.
Elle peignait avec ses doigts fins les contours voluptueux d'un corps nu pendant que la musique l'alanguissait. Ses épaules frêles se balançaient sur le rythme de la mélodie. Dehors, les arbres venaient de se réveiller et étendaient imperceptiblement leurs rameaux. Un sourire fugace s'étendit sur ses lèvres. Elle se hissa dehors.
Amyris avait un gout pour les cigarettes. Les cigarettes en bois, celles qui se glissent entre les lèvres entrouvertes mais qui jamais ne s'allument. Elle ramassait une branche qu'elle arrangeait pour que celle ci ait la taille adéquate et elle s'amusait à imiter les grandes femmes qu'elle admirait. Elle arborait un sourire immense qui partageait son visage cristallin en deux. Souvent, son rire jaillissait et se déversait tout autour d'elle. Alors les oiseaux s'enfuyaient en poussant de petits cris stridents.
À vrai dire, Amyris ressemblait beaucoup à un personnage de livre avec son âme sensible et son teint pâle. Sa façon constante de s'habiller dans les gammes de noir, gris et blanc ainsi que son air sans cesse perdu. La jeune femme sortait d'étude littéraire où elle avait pu faire éditer son premier livre et où elle avait étudié Van Gogh, Victor Hugo, Michel Ange et Boris Vian. Elle aimait les matins doux et cotonneux, danser seule dans sa chambre et regarder les gens.
Amyris, c'était un peu ce mythe blanchâtre et joyeux.

PRIX

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Chantal Noel · il y a
Il y a une telle poésie dans ces tableaux ! Bonne chance pour la finale.
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Bleazy · il y a
J’aime beaucoup ton TTC (: Tu dépeins cette bande d’originaux avec beaucoup de sensibilité et humour. Tous tes personnages sont très touchants. Ton texte me fait penser aux œuvres d’écrivains américains comme Jim Dodge, ou plus récemment, Éric Puchner, dans cette façon de montrer avec beaucoup de tendresse des personnages différents, je ne sais pas si tu connais (: bon courage pour la suite!
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Pascal Depresle · il y a
Du talent à l'état pur. Surtout n'arrêtez jamais d'écrire, ce serait le pire. Vous avez tout. Mes voix. Peut-être aimerez vous "Il dit toujours oui", "l'héroïne" ou "Tata Marcelle".
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Keith Simmonds · il y a
Félicitations pour cette finale du jury ! Bravo pour l'originalité de cette œuvre ! Mes votes !
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Fred Panassac · il y a
La qualité de l’ecriture er l’originalité de ton sujet te valent à nouveau mon soutien. Bonne chance Tangiblement !
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Jean-Baptiste van Dyck · il y a
+ 5 votes ici aussi ! Chouette histoire :)
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Regard.haineux · il y a
ça me plait, énormément
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Brocéliande · il y a
Me revoilà avec plaisir ...bravo
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Tangiblement · il y a
merci beaucoup !
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Star seeker · il y a
J'ai trouvé ton texte tout simplement magnifique ! Tes personnages hors du commun et aux noms délicieux m'ont fait voyager...
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Tangiblement · il y a
je te remercie, ce sont des noms scientifiques doiseaux d'où le titre :)
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Star seeker · il y a
Ah d'accord ! Magnifique en tout cas :)
J'ai aussi un TTC en finale, Courir, n'hésite pas à passer le découvrir !

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Tangiblement · il y a
je passe le lire de suite
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Fred Panassac · il y a
Une plume très originale et inattendue qui fait vivre des personnages hors du commun. Dommage que tu aies laissé passer pas mal de coquilles, mots oubliés, etc. Nonobstant, mes 5 voix pour la qualité de ton texte.
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Tangiblement · il y a
merci beaucoup! je suis désolée pour les fautes, malheureusement je ne peux pas les modifier:(
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