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Drôle de rêve

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Laura Bali

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Cela fait maintenant plus de 2 mois que je viens chaque semaine rendre une visite au Dr Belius. Je ne pense pas vraiment en avoir besoin, mais ma femme en est persuadée, donc je lui fais plaisir avec ce RDV hebdomadaire.
— Racontez-moi donc ce fameux rêve que vous faites.
— Lequel ? Parce que j’en ai plusieurs en fait.
— Eh bien commençons par celui où vous commettez un meurtre.
— Bien.
En voila un qui n’est pas très tentant à raconter, mais c’est celui qu’elle veut que je lui raconte, alors tenez-vous bien et écoutez-moi vous raconter le meurtre que je fais souvent la nuit en rêve... ou plutôt en cauchemar.

« La plupart du temps, je suis dans le canapé, je regarde la télé, comme toujours il n’y a rien d’intéressant alors je zappe avec la télécommande. Je tombe sur un programme dit de divertissement, je décide de le laisser en me disant que cela me changera les idées. Environ dix minutes plus tard, je ne ressens plus aucun amusement, alors j’éteins carrément la télé.
Je me lève pour aller me servir un verre de rhum, en passant devant la fenêtre, je ressens une impression étrange, comme si quelqu’un m’observait. En regardant par la fenêtre, je pense voir une ombre. Je pose mon verre et regarde à nouveau, mais je ne vois rien. Je dois avoir des hallucinations. Ce qui ne serait pas étonnant vu ce que j’ai déjà bu ce soir, en regardant la bouteille, je me rends compte qu’elle est vide, plus une seule goutte de rhum, va falloir que j’aille au magasin demain pour faire le plein. »

— Et vous ne trouvez pas que diminuer un peu la boisson pourrait justement éviter tout vos cauchemars ?

Non mais pourquoi elle m’interrompt elle ? Faut que je lui raconte mon super rêve et hop elle me coupe dans mon élan.

— Je ne sais pas, mais vous voulez la suite ou pas ?
— Oui allez-y je vous écoute.

« Je reprend mon verre et le vide cul sec. Je retourne sur mon canapé et prends le livre que j’ai laissé sur la table de salon. J’en ai déjà lu quelques chapitres, et c’est plutôt pas mal comme histoire. Ce qui m’a plu au départ, c’est la couverture, on peut y voir une femme assise à califourchon sur un homme, et cet homme a des menottes aux mains. Elle, elle regarde vers la personne tenant le livre, son regard est vraiment glacial, et je me suis posé la question de savoir ce que cette femme avait en tête au moment de la photo pour la couverture.
Soudain je suis surpris par un bruit venant de l’extérieur. Je repose mon livre et je me lève pour aller voir de quoi peut provenir ce bruit. On aurait dit que quelque chose était tombé, mais je ne vois pas quoi vu que le jardin est complètement vide, même les chaises ne sont pas sorties. Je vais dans la cuisine et appuie sur l’interrupteur de l’extérieur, je ne vois rien à première vue. J’ouvre la porte et là j’entends une voix.

— Arrêtes de faire une fixation sur ma femme, autrement je serai obligé de te tuer !
—...
— M’as-tu bien compris espèce de pervers à l’égo démesuré ?
— Euh oui, même si je ne sais pas de qui vous me parlez.
— Je t’ai à l’œil souviens-toi !

Plus un bruit, on dirait que la voix n’est plus là.
Je referme la porte et franchement je n’en mène pas large du tout. Je m’installe sur mon canapé et je réfléchis à toute vitesse, enfin si dans mon état on peut dire à toute vitesse.
Dix minutes plus tard, je n’ai toujours pas la moindre idée de quelle femme il s’agit. Du plus loin que je me souviens, la seule femme sur qui je faisais une fixation, c’était ma voisine, et encore c’était il y a pas loin de 4 ans. Je pourrais inclure mes aventures, mais même là il n’y a pas matière à faire une salle d’archives.
J’essaie de ne plus y penser et je vais me coucher, la nuit porte conseil, je verrai si j’ai une illumination dans mon sommeil.
Je m’endors relativement facilement vu mon état avancé d’ébriété.
Je suis éveillé en sursaut par cette fameuse voix, qui cette fois ne semble pas venir de l’extérieur, mais bien de l’intérieur même de ma chambre.

— Je t’avais prévenu espèce de pervers, tu n’as pas pu te retenir, il fallait que tu ailles encore l’emmerder !
— Hein ! Quoi ! Mais je dormais, je n’ai même pas bougé d’ici depuis la dernière fois !
— Arrêtes un peu de mentir, elle m’a tout avoué, tu lui tourne autour dès que tu en as l’occasion !

Je me lève et là je voix cette fameuse ombre que j’avais cru apercevoir dans mon jardin. Cette ombre s’approche de moi à toute vitesse. C’est là que je vois le reflet brillant d’une lame de couteau.

— Non mais ca ne vas pas non ! Je vous dis que je ne sais pas de qui vous me parlez !
— Assez parlé, maintenant j’agis en conséquence.

L’ombre lève le couteau qui est maintenant au dessus de sa tête que je ne vois même pas. Je sens que je ne vais pas aimer la suite, alors je hurle de toutes mes forces. Cela ne l’arrêtes pas, elle avance toujours vers moi, moi je recule jusqu’au moment où mon dos se colle au mur. Je vois la lame se rapprocher de moi et la sens qui se plante et transperce mes chaires.

— Ça c’est pour Nathalie ! »

— Et c’est là que je me réveille en sueur.
— Et qui est cette Nathalie ?
— Je n’en ai aucunes idées et cela me perturbe encore plus.

Elle ne dit rien et continue d’écrire comme si je lui avais parlé de la pluie et du beau temps.
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Image de Grenelle
Grenelle · il y a
Drôle d'histoire mais raconté avec délectation.
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