Drôle de loup

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Accepter de lire, c'est accepter de vivre. Écrire, c'est ouvrir son âme à des inconnus, mettre à nu son être. Écrire c'est rêver, partager, aimer ou ne pas aimer, j'espère voyager avec  [+]

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Le soir arrivait sur le désert. Lucky Luke et son fidèle ami Jolly Jumper avançaient doucement jusqu'à la prochaine ville. « Enfin ! Si cela ressemble à une ville », songeait la monture du cow-boy. En effet, en arrivant à Devilcity, les abords n'était pas des plus agréables.
Des boules de virevoltants couraient dans les rues, si cela ressemblait à des rues. Une poussière fine et désagréable empêchait de respirer correctement si bien que notre héros couvrit son visage avec son foulard et fît de même pour le brave cheval. La pancarte du saloon tanguait avec un bruit de chaîne lugubre. Un vieux chien, amaigri, aux côtes apparentes, fuyait en couinant.
— Eh bien ! Mon ami... Drôle d'endroit.
— Quel idée de venir ici... maugréait le cheval qui avait une soif de chameau.
— Je sais Jolly Jumper. Tu as soif et moi aussi. Allons au saloon. Il doit bien y avoir du monde. Tout au moins, le shérif qui m'attend.
Ils se dirigèrent vers l'arrière du bâtiment en bois, pour pouvoir trouver un abri pour le cheval. Dans l'embrasure, ils virent détaler un jeune garçon.
— Il a vu un fantôme ou quoi ? hennit le cheval.
— Décidément, je dois tout faire par moi-même, dit alors le cow-boy en descellant sa monture.
Jolly Jumper protesta. Il n'y avait pas âme qui vive ici. Hormis un stupide chat boiteux. C'était poussiéreux et plein de toiles d'araignée.
Luky Luke sort et va dans le saloon. Le tenancier, seul dans la salle, le regarde en essuyant des verres.
— Bonsoir ! Je cherche le shérif, il devrait être là...
— Il doit être à la poursuite du loup, annonce le barman.
— Un loup ! Il n'y a pas de loup dans ce désert. Des coyotes peut-être ! Mais des....
A ce moment, des sabots de chevaux et des bruits de voix apparaissent.
Dix hommes et le shérif entre dans le saloon, armés jusqu'aux dents.
— Ah ! Vous voilà enfin ! crie le shérif en saluant Lucky Luke d'une poignée de main forte et chaleureuse.

Pendant ce temps là, dans l'écurie :
— Tu ne devrais pas rester ici cette nuit, souffle le chat entre deux moustaches.
— Ah bon ? demande Jolly Jumper entre deux bouchées de foin.
Le félin lui expliqua que la nuit, un drôle d'animal venait faire le tour de la ville. Un loup sûrement d'après les traces laissées le matin. Les villageois prenaient peur, si bien que la ville devenait désertique. Seul un propriétaire et quelques villageois ou vieux restaient. Au même instant, un vieil homme, bien habillé, rentra dans l'écurie. Il conversait avec deux crapules. Jolly Jumper tendit l'oreille.
— Bon ce soir, c'est le dernier soir, dit l'un.
— Faudra bien qu'ils comprennent, répondit l'autre en enfilant un pantalon en peau de bison.
— Voilà, cinquante dollars pour vous, le reste quand tout sera fini, coupa l'homme en costume.

Dans le saloon, Lucky Luke prenait état de la situation. Avec l'accord du shérif, il se cacha dans la prison pour pouvoir surveiller toute la rue la nuit. A côté de lui, les quatre frères Dalton gloussaient de voir leur pire ennemi entre les barreaux. Le shérif les avait surpris dans la rivière, après avoir fait un trou dans la diligence qui les transférait.
— Faut qu'on prenne les clés, dit Joe.
— Et comment ? demanda Averell d'une voix rauque.
— On attend qu'il dorme et on lui prend...
— Rêve pas Joe, chanta Lucky Luke qui mâchonnait un brin de blé, couché sur le dos.
— Et en plus il prend toute la place, se plaignit le grand frère.

Vers minuit, un bruit de pas se fit entendre dans la rue. Avec un grognement lugubre, une ombre avançait le long des baraques en bois. Le cow-boy visa l'animal quand il aperçut Jolly Jumper arriver au galop. Les frères Dalton se faisaient des signes de croix contre les barreaux et priaient leur mère. Le fier cheval arriva sur l'animal sauvage. Lucky Luke hurla.
— Non ! Arrête...
Mais le cheval fonça sur le monstre. Il envoya une ruade et mordit dans le derrière. Une déchirure se fit entendre... un craquement de culotte. Deux vilains scélérats apparurent, tout penauds, en sous-vêtements.
— Voilà votre loup ! dit Lucky Luke....
Les deux bandits se plaignirent et avouèrent le commandement du plus grand propriétaire de la région. Ils se déguisaient en loup pour effrayer la ville. L'un sur les épaules de l'autre, ils avaient confectionné une tenue de loup avec des peaux de bisons achetées aux Indiens.
— Encore une fois grâce à moi, souffla Jolly Jumper au chat qui lui avait ouvert l'écurie... Si je n'avais pas tout entendu...
— Donc vous vouliez faire peur à nos braves gens pour récupérer du terrain, constata le shérif.
— Non seulement, confirma Lucky Luke. Mais aussi pour les rubis dans les mines. J'ai rencontré un vieil homme au salon qui semble pas si fou que cela. Le rubis oriental, ou sang de pigeon, est presque plus cher que le diamant. D'où le nom de votre ville... Deviltown... Une pierre soi-disant maléfique si elle change de couleur. J'ai rencontré aussi le chef indien Oiseau Noir. Il m'a dit avoir trouvé de drôles d'acheteurs de peaux de bisons....
— Eh bien votre maléfice, ça sera la prison en compagnie des Dalton ! chanta le shérif.

Pendant ce temps, les Dalton avaient fui en creusant dans le sol poussiéreux de la prison. Il couraient le long du saloon.
Mais ils ne couraient pas assez vite pour échapper au pistolet de l'homme qui tire plus vite que son ombre. Quatre chapeaux volèrent dans le vent.
Après une bonne nuit de récupération, Jolly Jumper salua le chat, son ami improbable d'un soir, et repartit avec son cavalier.
— Faut vraiment qu'il arrête de chanter, dit le cheval en écoutant Lucky Luke.

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